Des histoires. Des contes. D’aventures en épopées mythologiques, de virées oniriques breakées en balades r’n’b électrisantes et mélancoliques, SÔNGE interpelle et questionne. Originaire de Quimper, la jeune productrice et chanteuse sortait son premier EP éponyme en 2017. Nouvelle soeur des Tommy Genesis, Abra, Princess Nokia ou FKA twigs, Sônge s’inscrit dans l’envolée d’un r’n’b électronique hybride, français, léché, maitrisé et multi-facettes.

Quand on songe à Sônge, on se dit « femme forte ». Non. Sônge est force d’artiste. Et c’est là toute la différence. Roses, son nouveau track, sortait début septembre et confirmait l’idée. Sônge est plus qu’une simple productrice, elle est aussi et surtout artiste des possibles. De tous les possibles.

Arnaud Giacomini

Elle sera à l’affiche d’une des soirées les plus excitantes et féministes de cette rentrée club : L’Archipel, vendredi 21 septembre à La Station-Gare des Mines. Organisée par les collectifs Manifesto XXI et Garage Mu, L’Archipel se présente une clôture à l’été indien de choix, un « voyage en terre inconnue », une « exploration du corps » et une « ode au féminin aux multiples visages ». En attendant le grand soir et la sortir de son tout premier album prévu pour début 2019, rencontre avec Sônge aka l’une des artistes les plus exaltante du moment.

Tu en es venu.e comment à la musique ?

J’ai commencé la musique par les percussions au collège. Avec une amie on participait à un cours collectif où on apprenait des rythmiques de différents coins d’Afrique. Bien plus tard, j’ai déménagé en Allemagne à Cologne. J’étais un peu timide je crois et je parlais pas bien allemand, j’étais pas à l’aise pour chercher des musiciens. C’est là que j’ai commencé à produire des tracks toute seule.

Pourquoi la musique ?

C’est pas la musique qui m’intéresse, c’est l’émotion. J’aime être émue, voir de belles choses. Les belles choses c’est comme des bonbons pour les yeux. Ça peut passer par des photos, des instants, des musiques. La musique s’écoute mais elle se regarde aussi, toutes ces couleurs qui se promènent c’est fou non ? Là il se trouve que je suis dans la musique mais j’aurais pu être dans la photo, tout ça c’est pareil, ce sont des émotions qui voyagent.

Pourquoi cette musique ?

J’adore la guitare vénézuélienne, c’est ce que je préfère écouter depuis quelques mois, mais j’ai que des synthés et puis je suis pas vénézuélienne !

Et en dehors de la musique ?

Quand je ne compose pas des chansons, je me demande si vraiment dans un triangle rectangle, le carré de la longueur de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés.

Je dessine des visages les soirs de pleine lune.

Je suis DJ, on a monté un collectif de DJ avec des amis, on va organiser pleins de soirées sur Paris.

Je vais au hamam

T’as quel âge ?

L’âge de ma cousine divisé par le nombre d’or.

Le nom SÔNGE, il vient d’où ?

Ma plus grande source d’inspiration c’est les contes. Dans mon premier album qui sort début 2019 c’est quelque chose qui revient très souvent. Ça parle de contes caribéens, germaniques. Je crois que j’aime beaucoup cet univers un peu fantasque et magique. C’est pour ça que j’ai choisi SÔNGE.

SÔNGE, en trois mots ?

A vous de me dire !

Tu viens d’où ? Ça a influencé ta musique, ton évolution artistique, l’endroit d’où tu viens ?

Je viens de Bretagne. Oui bien sûr ça peut jouer. Chaque endroit où tu passes du temps peut influencer ta personnalité et donc ta musique. Il y a un morceau que j’ai composé à Cuba, ça s’entend tout de suite ! C’était cool de grandir dans un centre équestre en Bretagne parce que tu respires bien, il y a des animaux, en Bretagne les gens partent à l’aventure autour du monde, puis ils reviennent, c’est un flux, ça explore, ça se mélange, comme la musique.

Faire la fête, ça veut dire quoi selon toi ?

Pour moi c’est s’ouvrir au monde extérieur, sortir de sa bulle. Avec la fête il n’y a plus d’introspection, c’est comme si tu regardais par la fenêtre. Ça c’est important pour moi.

D’après toi, pourquoi les gens font (autant) la fête en 2018 ?

Parce que c’est génial ! Moi je fais la fête parce que j’aime l’intensité. Mais heureusement l’intensité ne se trouve pas que dans la fête.

Ta marque de fabrique R’n’b électronique, elle s’adapte à quel type de soirée ?

Toutes les soirées. La prochaine c’est vendredi 21 septembre à La Station. Manifesto XXI et le collectif Mu organisent une grande fête, je mixe à minuit ! Au programme Grime, Trap, UK house et Beat music

Ton rôle, dans la nuit ?

Merlin l’enchanteur

Ton envie, là, tout de suite ?

Faire un triple salto arrière, fougueux mais maitrisé


On retrouve également Sônge à l’affiche de l’aftershow Hyphen Hyphen organisée par le collectif Barbi(e)turix, vendredi 12 octobre prochain, sur la scène de l’Olympia