Les Nuits Sauvages

VTSS : « Nous, la scène techno, défendons certaines valeurs, et c’est là toute l’essence de notre engagement politique » – Heeboo

VTSS : « Nous, la scène techno, défendons certaines valeurs, et c’est là toute l’essence de notre engagement politique »

Interview Nuit - Mars 21, 2019

Marta Michalak

Des hauts et des bas. Du silence à la lourdeur d’un système son. VTSS, ou l’Humain dans toute sa splendeur, torturé et torturant, derrière sa part d’ombre, un sourire se dessinant. VTSS, aka Martyna Maja, de Varsovie à Berlin, est l’une des propulsions techno ebm les plus fascinantes de cette dernière année, . Pas étonnant, donc, de la retrouver sur le line-up de la Possession du mois de mars. Wink wink.

[english below]

« Elle joue dur pour une fille » – Oh, elle a dû s’en prendre pleins la tête, déjà, des comme ça, et pourtant cela fait seulement deux ans qu’elle joue Martyna. En vérité, VTSS, du haut de ses cernes noires comme son âme, elle en a rien à foutre de ce qu’on dit, parce que la confiance, saine et efficace, anti-techno autoroute, elle a su l’acquérir derrière les platines, au nez et à la barbe des vieux fossils de la scène techno polonaise.

Résidente des célèbres soirées polonaises Brutaz, VTSS met son énergie brute au service de sa techno et construction de vie. Depuis qu’elle compose et joue VTSS s’est construite. Épanouie et en plein essor, la jeune productrice polonaise, à J-2 de la Possession de samedi 23 mars, a accepté de se livrer un peu à nous. C’est intelligent, le regard est fort, soutenu, le réalisme est rare et fait du bien à entendre. Ou-ai, le rythme de vie d’un dj, ça pourrit la santé, tout le monde le sait, mais peu l’admettent. Mais, qu’est ce que c’est bon, non ?! VTSS, en haut et en bas, donne une seule envie : de « péter les plombs » sur son set. Avec plaisir. Et on vous prévient, il va falloir crier fort. Très fort. Rencontre.

Marta Michalak

Martyna, t’as l’impression de faire partie d’une vague de meufs qui viennent de l’est et qui jouent très dur ou pas du tout ?

Je ne pense pas, je viens de Pologne mais je considère presque comme venant du centre de l’Europe plutôt et je ne crois pas faire partie d’une vague particulière. La dj que je considère comme étant la plus proche de ce que je fais, c’est SPFDJ, et elle vient de Suède, donc tu vois, je ne pense pas que le pays d’origine ait quoi que ce soit à voir dans tout ça !

Mais le monde dans lequel tu évolues, est très masculin non, t’as pas l’impression de devoir te battre ?

À ce stade là, je n’ai pas l’impression de devoir faire mes preuves face aux mecs de la techno, ou ni même du monde de l’EBM encore plus  tendu, je joue la musique comme elle me vient, j’ai tendance à être plus dans un mode IDGAF (I Don’t Give A Fuck : rien à foutre, ndlr) qu’autre chose par rapport à tout ça. Je ne vois aucun combat à mener, je pense que ce combat appartient au passé. Cette nouvelle génération dont je fais partie, est plus avancée sur le sujet, en tous cas c’est mon expérience qui me le dit. Ou alors c’est peut-être qu’on ne fait plus trop attention à tous ces vieux mecs qui se plaignent, haha.

Quand tu joues, tu veux que les gens ressentent quoi exactement ?

Ce que j’attends des gens qui m’écoutent, c’est qu’ils pètent littéralement les plombs, haha. Pendant longtemps, la techno m’a profondément emmerdée, en particulier là d’où je viens, c’est pourquoi je voulais que « ma techno » soit plus explorative, plus ouverte, et pas prise de tête. C’est devenu mon objectif – de pousser ce son un peu plus loin. Après ça n’empêche pas que je veux que les gens s’éclatent sur ma musique, mais il est important pour moi de repousser un peu les limites de la techno traditionnelle, de surprendre les gens, et de leur proposer quelque chose de nouveau, quelque chose à laquelle ils ne s’essaieraient pas d’eux même.

Il vient d’où ce nom, VTSS ?

De Circulus Vitiosus (vicious circle).

Tu te souviens de tes toutes premières fêtes en Pologne ?

Pour être honnête, je sors depuis que j’ai 14 ans, du coup je ne me souviens pas de grand chose. Ça n’avait rien de particulier d’ailleurs, puis quand j’ai été plus âgée, une nouvelle vague de soirées est arrivée, avec cette musique qu’on appelait ELECTRO (lol) que maintenant j’attribuerais à de la techno fidget (dérivé de la fidget house, sorte de « house remuante » née dans les années 2000, ndlr). Une musique assez ridicule !

Si tu devais te souvenir d’une seule chose de cette époque ?

Les looks qu’on avait. Et tu sais, cette frange insupportable et stupide qui te couvrait tout le visage, lol.

Qu’est ce qui à l’époque, aurait pu tout gâcher ?

À cette époque, à Varsovie, les gens prenaient beaucoup de crystal meth, de drogues de synthèse, et ça les transformaient en de véritables animaux. C’était légal (de toute façon, dés que le gouvernement en rendait une illégale, le marché noir en créait une nouvelle quasi instantanément), par conséquent, des tones de jeunes, mineurs de surcroît, en prenaient, sans en connaître la constitution ni même les conséquences qu’elles pouvaient avoir. L’impression que j’ai aujourd’hui, c’est que pas mal de ces gens sont restés bloqués dans l’état mental de l’âge qu’ils avaient et n’ont pas été capables de développer certaines fonctions émotionnelles ou cognitives. Conséquence du fait de prendre des drogues trop tôt, à des âges où tu n’es pas encore bien construit émotionnellement…

Tu écoutais quoi comme musique à l’époque où t’as commencé à sortir ?

Mes premières sorties en concert, c’était pour voir des trucs assez mainstreams. Mais ma première obsession, plutôt émo, a été Placebo, haha. Je me souviens de ce moment assez embarrassant pendant un stupide festival ; j’avais bu seulement deux bières, et je pleurais assise par terre, la tête entre mes jambes, pendant un concert de Placebo…

Tu as changé ta manière d’écouter et percevoir la musique depuis que tu en fais ?

La techno et ce qui en découle, oui, bien sûr. Par contre pour le reste, non, ça ne m’intéresse même de moins en moins. J’ai fait des études d’ingénieur du son, pendant trois ans, du coup j’ai passé des heures et des heures à mixer et analyser d’horribles morceaux de rocks, de pop, de blues, etc. J’ai l’impression que plus je vieillis, plus je suis en rejet de certaines choses, mais ça m’aide à garder l’esprit sain et clair.

Tu te souviens de la toute première fois où tu as joué devant des gens ?

Ce qui m’a marquée a été mon tout premier set en vinyle, c’était il y a deux ans. On m’a filé des platines (louées une misère par un pote à moi) et je crois que je tremblais. La scène était en extérieur, près d’une rivière, et merci mon dieu, il s’est mis à pleuvoir genre trente minutes avant mon set, donc je n’ai joué que devant une trentaine de personnes. Mon meilleur ami, Kamil, travaillais au bar ce soir là, il m’a recommandée à un ami, et c’est comme ça que ça a commencé pour moi.

Artur Nowicki

Tu penses avoir changé depuis tes débuts ?

Oui, sincèrement, je me sens vraiment changée. Le fait de faire de la musique avec des gens, de la jouer, m’a aidé à aller mieux, sur pleins de plans différents. Mais c’est assez intime, donc je préfère ne pas trop m’étaler là-dessus (sourire). On peut juste dire que oui, j’ai changé, je me sens plus apaisée aujourd’hui.

Tu as déménagé à Berlin et pour autant, tu as gardé ta résidence au club Jasna1 à Varsovie, pourquoi ?

Tu sais, je n’ai pas l’impression de devoir quoi que ce soit à la scène local dont je suis issue, elle m’a beaucoup épuisée, mais j’imagine que j’ai la peau dure. Maintenant, il y a tellement d’initiatives et d’amis que j’admire et que j’ai envie de mettre en avant !
« À Berlin, on a tous en tête que le succès de l’un n’atteindra pas celui de l’autre »
Je veux que le monde entier les connaisse. Je ne joue pas qu’à Jasna1 mais aussi à Brutaz, tous les trois-quatre mois, et je suis très fière de pouvoir les représenter partout où je joue. Ces clubs là et leurs valeurs.

C’est quoi qui te rend heureuse quand tu joues ?

Je suis plutôt exigeante je dirais haha, si je n’entends pas clairement que les gens aiment mon set, je me sens assez vite déçue de ce que je fais. Après j’essaie de garder en tête que certaines personnes intériorisent la musique ; mais ce qui me rend heureuse, c’est vraiment quand je vois les gens s’éclater sur ma musique.

Tu as des rituels avant de jouer ?

Non, pas vraiment, la seule chose qui m’importe est de vider ma vessie et de la préparer à une bonne dose de Gin To hehe

Comment tu te sens à ce moment là, juste avant ?

En fait, c’est vraiment l’un de mes moments préférés, parfois je suis stressée, mais c’est ça qui rend la chose excitante tu sais, dans ce métier, et ça me remet toujours à ma place, à chaque fois, que je me sente trop en confiance ou pas assez.

Et après ton set ?

Plusieurs sentiments différents, tout dépend de comment ça s’est passé, mais pour être complètement honnête, la première chose que je fais après un set, c’est aller faire pipi !

Artur Nowicki

Y’a des inconvénients dans le fait de faire partie du monde de la nuit ?

Oh, je sais à quel point il est agaçant de lire les djs se plaindre de leur train de vie si « difficile », mais Bon Dieu, si tu voyais tous les cheveux blancs qui me sont apparus depuis que je joue beaucoup (et j’avais déjà les cheveux un peu gris avant ça) ! Et j’ai des cernes noires comme mon âme hehe. On va dire que ce train de vie, et toutes ces tentations, cette bulle un peu étrange qu’est le monde de la nuit, ce n’est pas très bon pour la santé quoi ! Maintenant, je m’y amuse aussi beaucoup, mais ça me donne parfois l’impression d’être en dehors de la vraie vie. On en reparle dans quelques années !

C’est quoi la différence de Berlin par rapport à Varsovie, pour toi ?

Hmm je dirais, plus d’amis sur lesquels réellement compter, avec les hauts et les bas que ce métier implique, ils sont d’un soutien précieux. Quand tu joues dans 12 clubs différents, à traverser ton propre pays pour des cachets misérables, tu te sens forcément en compétition avec les autres, et je trouve que ça rend les choses un peu sales parfois. Ici, j’ai des ami(e)s qui jouent dans tous les clubs du monde, et tout le monde (dans mon cercle d’amis tout du moins) se soutient, même ceux qui jouent le même genre de musique, même ceux qui ont des profils similaires, on a tous en tête que le succès de l’un n’atteindra pas celui de l’autre.

Tu sors beaucoup, quand tu ne joues pas ?

Seulement quand les copains jouent, parce que je veux les voir et les soutenir. Ou alors s’il y a une occasion particulière. Même avant que les choses s’emballent un peu pour moi, j’ai toujours été cette personne « toujours fatiguée », mais c’était une question de santé. Tu sais, profiter du silence, parfois, ça fait vraiment du bien.

Pourquoi les gens sortent autant, d’après toi ?

Ce que je sais, c’est que personnellement, sortir m’a beaucoup aidée. Avant, je n’avais pas cette attitude je m’en foutiste, j’étais plus silencieuse, j’avais moins confiance en moi, et je n’étais pas tellement à l’aise avec les gens. Ce que le clubbing m’a apporté, le clubbing underground je veux dire, c’est ce sentiment d’être entourée par pleins de gens et de faire partie d’une sorte de communauté, sans pour autant avoir à me sociabiliser.
« Mon militantisme dans la fête ? Le consentement »
J’ai toujours détesté les before, sortir dans des bars, ou des pubs, ce que j’aimais c’était aller dans un club, seule, écouter de la musique, danser, sans pour autant m’y sentir seule, tu vois ? C’est l’effet que le sound system faisait à mon corps, cette lourdeur, c’est comme si je me sentais complète, au moins le temps d’une seconde et ça comblait tous mes désirs d’appartenance…

Pendant un temps, surtout dans les années 1990, les fêtes et teufs pouvaient être très politiques, tu penses que c’est encore possible en 2019 ?

Oui, regarde ce qu’il s’est passé au club Bassiani, en Géorgie, l’année dernière. Ma principale résidence est au Brutaz, mon alma mater (mère nourricière), qui est une soirée, mais aussi un label. C’est une soirée très politique – récolte de fonds pour les réfugiés, concours de danse (pour soutenir la communauté club de Tbilissi ou pour défendre les droits de l’Homme en Hongrie), organisation d’ateliers avant les soirées et faire en sorte que les soirées soient aussi inclusive que possible. Et le tout, leadé par l’une de mes personnes préférées au monde, RRRKRTA. Les dinosaures polonais de la techno n’avaient qu’un but, se concentrer uniquement sur la musique, et ne pas faire de politique, et ça a généré beaucoup de haine sur Internet. La même chose est arrivée au collectif féministe polonais Oramics, elles s’en sont pris pleins la tête sur Internet. Maintenant je n’ai jamais été très patriote dans ma musique, tout ce que je voulais, c’était faire et jouer de la musique. Donc j’ai décidé de le faire. Voilà pourquoi j’ai beaucoup de respect pour les gens qui restent là, dans ce milieu qui est parfois très toxique, et se battent tous les jours dans cette économie pauvre, ce gouvernement ultra conservateur et ces générations passées super vénéneuses qui ne nous laissent pas faire bouger les choses.
En ce moment, je ne ressens pas le besoin de m’exprimer sur ces choses là, mais quoiqu’il en soit, de mon opinion, la musique a toujours été et restera politique. Ce n’est pas toujours à prendre au pied de la lettre, mais nous, en tant que scène techno, défendons certaines valeurs, et selon moi, c’est là toute l’essence de notre engagement politique. 

Ton militantisme dans la fête, il ne situe où ?

Dans le consentement.

Pour finir, un message à faire passer au monde de la nuit ?

S’il-vous-plaît, demandez toujours la permission avant de vous approcher physiquement de quelqu’un !

L’image contient peut-être : texte

Don’t you feel like you are kind of running an eastern war in that very masculine techno/ebm world ? Tell us what you think.

VTSS : Not sure who you mean by that. Though of course I come from an Eastern country (or actually I would consider Poland somewhere exactly between East and West) I don’t think there’s any wave of eastern female djs playing very hard, not that I know of. The dj I consider the closest to me (my one true love SPFDJ) comes from Sweden, so I don’t think the thing what we have in common is our place of birth. At this point I personally don’t feel like I need to prove myself to the serious techno dudes or even more tense ebm dudes, I play music the way I want to play and represent more of a IDGAF attitude regarding things like that. I don’t see any war, they might have been one years ago, but with this new generation I seem to be a part of, there’s less and less of that, from my experience at least. Or maybe we just care less about old dudes complaining.

What do you want people to feel when they listen to your sound ?

I want people to lose their shit basically hehe. For a long time I’ve been bored with current techno music, especially in my hometown and wanted ‘my techno’ to be more explorative, open-minded and definitely less serious. That became my goal – to push this sound a bit further. I want people to have intense fun of course, but sometimes maybe open borders of a typical techno dj set, surprise them a bit and since they trusted me with their time maybe show them something new, something they wouldn’t maybe try on their own. 

Why this name, VTSS ?

Circulus vitiosus (vicious circle)

You remember your very first parties in Warsaw ?

To be honest I’ve been going out clubbing since I was probably 14, so I really don’t remember that much. It wasn’t anything special tbh, when I was in my later teens there was this huge scene of parties with what was called ELECTRO (lol) which now I would refer to as fidget house (or electro house). Ridiculous music tbf. 

What is the most important thing you remember from it ?

The outfits. And that fuckin stupid fringes covering your whole face. Lol. 

What was the dark side of parties, according to you, at that time ? The thing that could have ruined everything ?

In Warsaw at that time people were really into mefedrone and designer drugs turning them into animals. They were legal at that time (when the government would delegalise one substance, the dark market would instantly design another), so tons of underage people would use them, not knowing what in a slightest matter it might be and what could the consequences be. I feel like many of these people stayed in this very mental place and never developed some emotional functions for example (having taking that kind of drugs in age when you’re not fully developed emotionally)

What was the type of music you were listening to at the moment you started to go out ? 

My first going out situations was probably connected with seeing some more mainstream bands. My first, slightly emo, obsession was Placebo haha. There’s this embarrassing memory of me having drunk 2 beers, crying my eyes out with my head between my knees on a Placebo concert on some silly music festival. 

Did you change your way of listening to music since you play and produce it ? 

Techno music etc. definitely. However with all the other stuff I feel like my mind just couldn’t be bothered. I studied sound engineering for 3 years so spent tons of hours mixing and analysing terrible ‘rock’ songs, pop music, BLUES (ffs) etc. I think the older I get I develop more and more turn off switches for many occasions in my head for , so I can stay sane and have a clear mind.

Do you remember the very first time you played in front of people ? 

My actual first vinyl gig was about 2 years, I was given turntables to (a friend borrowed me some shitty 30$ worth reloop decks and mixer), I was probably literally shaking. It was an outdoor riverside venue and thank god it started raining a moment before my set, so I ended up playing to only 30 people or so. My (now) best friend Kamil was working at the bar that night, he recommended me to another friend and it’s how it started for me. 

What’s the most important thing that changed about you since then ?

I feel like I’m a completely different person to be honest. Music making and sharing music with other folks helped me cure so many things in me. However it’s all deeply personal, so maybe let’s leave this for another time. The main thing though is that I’m just calm inside. 

You moved to Berlin. Why did you decide to keep your residency at Jasna1 ?

I don’t necessarily thing I owe something to my local music community, I felt like it ran my over OVER AND OVER again haha, but I guess ‘thick skin’ now blablabla. However there’s many initiatives and singular friends I respect and love so much I just want the world to know about them. Same with Brutaż. I come to play either Jasna1 or Brutaż every 3-4 months now, but I’m proud to at least bring their name with me wherever I go and play. And their values. 

What’s the thing that makes you happy when you play music ? 

I’m kinda of a cheer-whore hehe would say, if I can’t HEAR people enjoying it I always feel disappointed with myself. I know some people are just not so enthusiastic and I try to remember that, but still having hear people have fun and enjoy what the party is what makes me so happy.

Any ritual to get ready for a set ?

 I I’m not really into rituals though, all I care about is emptying getting my bladder 3hrs dj set ready hehe and ready for that g&t.

How do you feel exactly before going on stage ? 

That’s actually one of my favourite moments, sometimes stressful, however this excitement is what I find really attractive in this job, always puts me in my place when I feel too confident or too loose. 

And after ?

There’s many different feelings after the set, It depends how did the night/the set go. But to be completely fair it’s again – usually a bladder check first lol.

Do you feel any disadvantages in the fact of belonging to the night and music industry world ?

Oh I know it’s an awful thing to read when djs complain about how tiring is that job, but for god’s sake I feel like since I started having this full schedule my grey hair doubled up (and I’ve already been quite grey before) and my dark circles as indeed as dark as my soul now hehe. It’s just clearly unhealthy and highly irregular lifestyle with many temptations, sometimes living in this weird party bubble. I enjoy it atm, but I’m not sure if that’s the real life, maybe will find out some time soon in the next years.

What’s the good thing about Berlin music industry that does not exist in Warsaw ?

I think what I found here is more friends that you can actually relate to, with ups and downs of this job, but also who are really supportive. When you play this 12 same clubs around your country over and over again, for shitty money, you kinda mentally are forced to compete with each other and it sometimes can get really nasty. Here I have friends who play clubs all over the world and there’s so naturally so many of them, that everyone (at least in my circles) is so supportive of each other, even when u play similar music, have a similar ‘profile’ you just know that having the other person succeed doesn’t stop your success.

Do you go out a lot, when not playing ? 

When I go out I only do when other friends are playing, which I always want to support and go see. Or there’s some special occasion. Even before this madness started for me due to health reasons I was an ‘always tired’ person so enjoying the silence is actually a lot of fun sometimes.

According to you, why do people need to go out / to party that much in 2019 ?

Maybe not even music per se, but clubbing helped me so much. I didn’t used to have that IDGAF attitude before, I used to be more quiet, less confident and way less comfortable around people. What going clubbing (as underground clubbing) has given me is this feeling of being surrounded by many people, some sense of a community of sorts, but not being made to actually socialise with them. I always hated befores or going to bars or pubs, I would always want to just go often be alone in a club, listening to music or dancing, while not feeling lonely. The way loud soundsystem would effect my body would always complete me, at least for a second, this whole situation would fulfil that human need of belongingness. 

In Europe, for a moment, parties used to be very political. Do you think this time is over ? 

As last year’s Bassiani shows it’s not. My main residency is my techno alma mater – Brutaż, mostly a party, also a label. It has always been a highly political party – collecting money to help refugees, organising dance protests (to support Tbilisi club community or to defend human rights in Hungary), organising workshops before parties (amplify – shouting workshop) and making parties as inclusive as they can be. All of course led by one of my favourite people in the world – RRRKRTA who runs Brutaż. Polish old dudes techno scene was always loud about ‘focusing on music’ instead of politics, which would lead to so much hate online, polish scene diving and basically not being a warm happy fun place. Same happen for a polish feminist collective Oramics – the amount of internet wars against them has been just mind-blowing. Truth being told, I was never a local patriot – what I wanted to do is to make and play music. So that’s what I decided to do, which is why I have so much respect to people who stay in their sometimes toxic local scenes and fight everyday battles with the poor economy, conservative government and toxic previous generation not letting people change the status quo.
At the moment I don’t feel the need to be vocal about certain stuff, but unquestionably in my opinion music was and always will be political. Sometimes in not the most obvious way, but we as a techno scene represent certain values and in my opinion that’s the first thing that will always keep it political.

Do you have a militancy in your way of being part of the nightlife ?

Consent 

Do you have a message for “the night” ?

Ask for permission before you touch anyone, ever, please. 
Adeline Journet

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