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Pourquoi faut-il venir être totalement libre au premier after Shadow Odissey ? – Heeboo

Pourquoi faut-il venir être totalement libre au premier after Shadow Odissey ?

Octobre 1, 2019

À tout héros sa part d’ombres et d’obscurité. Et ça, la team de Shadow Odissey l’a bien compris, le jour où leur première teuf a été lancée. C’était un 13 janvier 2018 et l’ambiance « no rules » était clairement annoncée ! Depuis, les teufs s’enchaînent, et ne se ressemblent pas. Shadow Odissey a petit à petit conquis la planète techno parisienne, le coeur franc et l’idéologie scandée comme un délicieux refrain qui reste en tête : « ne soyez pas des moutons ».

Pour la première fois, Shadow Odissey a décidé de se réserver un créneau de choix, celui de l’after du dimanche 6 octobre. Lassés de ces « collectifs » qui « se tirent dans les pattes pour des dates », optimiste quant au fait qu’il y ait de la place pour tout le monde, et clairement saoulée des guéguerres du milieu, Shadow Odissey a décidé de marcher seul et de prendre possession du Gibus dimanche, de 12 h à 21 h à l’occasion de NACHDEM. Entre deux souvenirs, Mehdi, créateur de Shadow et Alizée, responsable com du crew, nous expliquent l’importance d’un véritable mouvement techno humain à Paris, l’importance de continuer à « casser les codes » et de repenser l’Homme libre » tel qu’on en rêve dans nos fantasmes les plus fous.

Shadow Odissey pour toi c’est arrivé comment, quand, pourquoi ?

Mehdi : C’est une histoire assez personnelle et compliquée mais on peut dire qu’à un moment où ça n’allait pas dans ma vie, j’ai décidé de me vouer à certaine causes et une certaine idéologie que je ne pouvais véhiculer qu’à travers un projet comme Shadow. Ça a été quelque chose de très bénéfique personnellement, je ne conçois plus ma vie sans Shadow et son développement à l’heure actuelle. Et c’est pour ça que malgré les hauts et les bas on est toujours là, ça fait aussi partie de l’idéologie Shadowiste ? Ne soyez pas des mouton , soyez vous mêmes et croyez en vous ! 

Alizée : Alors, pour moi Shadow Odissey c’est une histoire faite de hasards qui m’ont conduite à devenir une des responsables communication du collectif. Mehdi est l’ami d’une de mes meilleures potes. On s’est rencontrés en after, et on a discuté vite fait. Quelques semaines après ce sombre after et quelques discussions par ci par là via Facebook, Mehdi m’a proposé de venir travailler pour Shadow. J’ai essayé quelques temps mais étant dans un autre collectif à l’époque je n’ai clairement pas eu le temps de poursuivre l’aventure. C’est après mon départ de ce même collectif que j’ai décidé de réintégrer l’équipe Shadow Odissey et j’en suis aujourd’hui ravie. 

Vous organisez cette Shadow Odissey en after uniquement, donc à partir de 12 h. C’est la première fois que vous faites ça ? Pourquoi on organise une teuf en after ?

Mehdi : Alors pourquoi on se lance sur les after ? C’est simple : on voit que la plupart des collectifs se tirent dans les pattes pour des dates, comme s’il n’y avait que deux jours dans la semaine (vendredi, samedi) où les gens ont besoin de danser ou autre. C’est une manière d’envoyer un message à tout le monde et de dire : restez dans vos embrouilles, regardez y’a de la place. Je suis sûr que le dimanche peut facilement devenir un jour de fête au même titre que le samedi, vu le nombre de dimanches qu’on passe en after appart, et vu l’énergie qu’on a encore à revendre ? Nous on fait la fête tout les jours ! 

Luckypunchline

Alizée : L’idée vient de Mehdi et je l’ai suivi car il manque clairement d’after. Je pense que cela nous permettra également de convertir un autre public à nos soirées. Le Gibus est le lieu idéal pour cette plage horaire encore peu exploitée. 

Vous vous souvenez du MEILLEUR AFTER DE TOUTE VOTRE VIE ? 

Mehdi : Ohh que oui ! Ahaha c’est étonnant mais moi c’était sur les Champs Elysée il y’a bien cinq ans, un after 100% gay, c’était la première fois de ma vie que j’allais dans un événement comme celui-ci, géré par des gays, pour des gays et j’y suis allé car mon meilleur amis de l’époque qui était lui même gay m’y avait invité après une soirée de boulot dans un club de la capitale. J’y suis allé sans trop d’aprioris car je n’ai jamais considéré les gays comme différents de nous (il est important de le préciser car n’étant pas gay beaucoup y auraient été avec beaucoup aprioris je pense et c’est dommage surtout quand on vient pour faire la fête) et finalement j’y suis resté de 7 h du matin jusqu’à 21 h le soir… Ça s’appelait L’ “Under T party“ c’était au Club 79 , l’artiste était John Dixon un artiste qui jouait de la trans, et c’est là que j’ai passé le meilleur after de ma vie ! L’ambiance était folle, l’énergie inoubliable des gens, et c’est exactement cette énergie qu’on cherche à retrouver sur nos évent. Voilà pour l’anecdote héhé (coeur)

Alizée : Haha, mon meilleur after c’est mon premier after, le jour où j’ai rencontré LA personne qui tous les jours me soutient et me supporte !  

Il faut quoi comme ingrédients pour une teuf d’after réussie ?

Mehdi : Selon moi, encore une fois, car les avis divergent (jeu de lumière, VJ, food truck et une tripotée d’autres choses pour les plus relou ahah), il faut du bon son (bon artiste, bon système qualitatif et pas une marque), un lieu qui te fait voyager, qui sort un peu des sentiers battus et un public de gens cool qui ne se prennent pas la tete, qui viennent juste faire la fête. Pour moi voici ce qu’il me fallait pour apprécier une fête. Après sur Shadow j’aime beaucoup ajouter du show humain, car j’aime beaucoup le théâtre et je trouve que mettre une scéno avec des lumières mais aucun spectacle, aucun show… c’est vide. 

Alizée : Alors pour moi un after réussi, c’est avant tout l’énergie qui se dégage des personnes présentes. C’est quand je suis avec mes potes et qu’on navigue sur le même flow ! Ensuite c’est bien entendu le son, l’artiste qui va mettre un bon coup de boost dans nos oreilles pour nous maintenir éveillés. Et pour terminer : le lieu, je pense aussi que c’est hyper important de se sentir à l’aise et en confiance. 

C’est quoi cette histoire d’application mobile Shadow Odissey à télécharger ? Vous pourriez nous en dire un peu plus ? 

Mehdi : Yes, comme la cause principale de Shadow, à la base c’est de promouvoir de la musique, des artistes, des marques, tout ce qui est lié à la culture émergente qu’est la techno en France, j’ai décidé pendant cet été de bosser sur une application mobile qui regrouperait les articles qui sont sur le site internet postés par notre équipe de rédaction. Mais comme pour moi, juste sortir une application ne suffisait pas, j’ai voulu innover en proposant d’y incorporer une web-radio que j’ai montée dans la foulée, qui diffuse du son 24h/24 – 7j7 avec une programmation qui est faite pour vous accompagner tout le long de la journée. 

Alizée : Mehdi a tout dit ! Mais il est vrai qu’il y a eu un gros travail de fond pour la mise en place de cette application. La programmation est parfaite et elle s’adapte aux horaires et moods de la journée. Par exemple le dimanche de minuit à 21 h on retrouve des sets adaptés aux after. Pour moi c’est un souffle de vent frais, on démocratise un peu la techno et on fait plaisir aux auditeurs. 

Vous avez choisi comment vos artistes du 6 octobre ? Est-ce qu’on choisit différemment des artistes d’after que des artistes de nuit ?

 

Mehdi : Alors le line-up du créneau « after » est un peu différent, oui, de nos events de nuit, en sachant que ceux la on les contacte car c’est la famille, des artiste qu’on aime vraiment bien ou qu’on aimerait vraiment voir jouer. Vu que ce créneau est nouveau et qu’on aimerait en faire un (after) par mois, on va avoir beaucoup plus de place pour faire jouer des artistes émergents ou totalement inconnus mais plein de talent, aux cotés d’artistes confirmés qu’on kiff et avec qui on s’entend bien. Au niveau de la programmation sur l’after je me suis amusé à programmer des artistes qui jouent différents styles de techno pour faire découvrir à tous les différentes ambiances qu’on peut marier et par ce biais casser les codes des programmations. Car plus on avance, plus on codifie la techno et ça c’est mal ! Il ne faut pas oublier qu’on en a 0 dans ce mouvement ! Et fuck les codes ! 

Alizée : C’est une thématique qui ne fait pas partie de mes compétences pour le moment, et Mehdi fait de super line-up (sourire)

CORE Y919 sera là pour une perf, vous pourriez nous en dire plus sur l’artiste et ce qui nous attend ? 

Mehdi : Ahhh j’aimerais bien mais ce serait gâcher le spectacle ! La seule chose que je peux vous dire c’est qu’on aura droit à une performance d’art contemporain réservée aux adultes, comme à notre habitude… Il va falloir vraiment que la team @heeboo passe à une de nos soirée ahaha. 

Alizée : On laisse le mystère planer pour cette performance qui s’annonce prometteuse… 

C’est quoi le p’tit truc en plus de la Shadow Odissey qui devrait motiver tous les amateurs de techno à venir essayer l’after ? 

Mehdi : Bon bah déjà, le lineup devrait pousser beaucoup de gens à venir, ensuite je vous avoue que d’imaginer une Shadow, avec notre scéno, notre atmosphère et notre ambiance au Gibus ça m’excite rien que d’y penser ! Je pense que nos fidèles aussi. 

Alizée : Le petit truc en plus, c’est cette énergie et cette ambiance incroyable de la Shadow Odissey que l’on transporte dans le Gibus. Ça va être dingue. Tous les éléments sont réunis pour passer un moment dingue et incroyable. Le line-up tellement énervé, le lieu et le human show. 

Un mot prévention pour tous les teuffeurs qui seront là le 6 octobre ? 

Mehdi : Comme vous le savez, chez Shadow on aime pas les moutons. Donc si vous prenez quelque chose, le faites pas pour suivre quelqu’un qui vous dit « allez prends ça » si vous en avez pas envie, faites le bien et surtout prenez soin de votre santé de manière générale, car c’est bien la seule chose qu’on ne regagne pas avec les années ou le temps. On ne vous conseillera pas de manger cinq fruits et légumes par jour mais au moins de vous protéger des dangers liés à la drogue ; puis n’hésitez pas à réduire votre consommation de soirée en soirée. Ça n’en sera que plus bénéfique pour vous, votre cadre de vie et votre rapport à vous-même ! On vous aime , donc on aimerait vous gardez tout près de nous et que ce qui s’est passé chez Dehors Brut ne se reproduise jamais. 

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Alizée : Prenez soin de vous, soyez attentifs les uns envers les autres et aimez vous ! Nous sommes un mouvement de liberté et de tolérance, et je n’arrive pas à mettre des mots sur tout ce qui se passe encore en soirée en 2019. On peut tous s’entraider et se soutenir pour être plus forts, pourquoi se diviser ? 

Du coup, c’est quoi le rêve de la Shadow Odissey ? 

Mehdi : Le rêve de Shadow, c’est de créer une assez grosse force pour permettre à des gens passionnés de vivre de leur passion (artistes, djs, créateurs de mode, rédacteurs, etc), mais aussi de véhiculer une manière de penser l’homme libre, non influencé par un mouvement ou par ce que pensent les autres et briser les influences qui nous enferment dans une routine ou des choix que nous n’avons pas fait pour nos vies. Notre but est de faire s’ouvrir les consciences pas bêtement mais pour améliorer votre quotidien d’humain. Par exemple, commencer par briser les code qu’on a nous même implanté en techno, les normes, le dénigrement de certaines personnes différentes de vous ou de nous, toutes ces choses là qui polluent les esprits constamment et qu’on ne calcule plus tellement c’est subjectif… L’homme a besoin de changement et ça commence par le peuple, par nous même. Laissez les gens libres de penser ce qu’ils veulent, maintenant à eux de voir si ce qu’ils pensent est juste, justifié et bon . Un idéal plus qu’un rêve donc ! 

Alizée : Wahoo Mehdi j’étais pas prête ! Perso, ce que j’envisage pour Shadow Odissey, c’est de continuer sur cette belle lancée. Après les épreuves passées le collectif est toujours là et continue à faire danser des milliers de personnes chaque année. C’est une belle preuve de persévérance de la part de Mehdi et de tous ses acolytes. L’équipe qui bosse dans l’ombre y est pour beaucoup et c’est grâce à elle que Shadow est toujours là. Je suis sûre que de nouvelles surprises arriveront cette saison et la seule chose que je souhaite pour Shadow, c’est de continuer d’accompagner nos week-end festifs encore longtemps <3 

Adeline Journet

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