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Pourquoi faut-il aller faire la fête au bois de Keroual début juillet ? – Heeboo

Pourquoi faut-il aller faire la fête au bois de Keroual début juillet ?

Juin 26, 2019

Grande vague de chaleur qui annonce le retour de l’incontournable Festival Astropolis ! Cette année, ça se passe du 3 au 7 juillet, dans l’enchanteresse contrée du Pays de Brest. On accourt pour les 25 ans du festival, qui affiche une programmation à faire rougir toute la Bretagne, de quoi rester éveillé pendant cinq belles journées !

À ses débuts, Astropolis, c’est une bande de copains, qui passe son temps à organiser des raves en famille, à louer des gîtes et des châteaux, à occuper des plages et des clairières pour faire la teuf. À partir de 1996, le festival devient l’une des rares raves officielles, et se balade dans différents lieux bretons (il passera notamment par un champs du Finistère-Nord, le Parc des expositions de Lorient, le château de Kériolet pour finir près de Brest). Pour ses 25 belles années d’existence, Gildas, co-fondateur d’Astropolis, nous raconte l’histoire de ce grand festival de musiques électroniques et surtout, nous donne l’eau à la bouche ! On pourra venir se perdre, en journée ou en soirée, sur la scène Wild Palace, au Beau Rivage et au Piknic Electronik ou encore explorer le Manoir de Keroual. Allez, on vous laisse découvrir le programme et on conseille grandement d’accourir à Astropolis #25 !

Le Festival Astropolis est né quand et comment ?

Une bande de copains qui organisait déjà des concerts de Pop, tendance Inrockuptibles avec Bernard Lenoir en grand gourou avec son émission sur Inter. Première rave en 92 aux Trans Musicales de Rennes ! Une claque ! Nous nous sommes mis à organiser des petites raves après nos concerts Pop, puis à louer des gîtes, des châteaux, occuper les plages, les clairières… Pour finalement créer notre cité des Étoiles, un événement plus important en 1995 : Astropolis !

Il prend quelle forme le festival ?

Nous sommes passés du collectif d’amis à une structure associative structurée. Du clandestin, du bricolage à un festival avec un projet artistique et soutenu par plusieurs partenaires aujourd’hui. Je n’ai pas vu le temps passer. Il aura fallu se battre durant plusieurs années contre les médias et les institutionnels pour la reconnaissance de cette culture, nous aurons déménagé du magnifique Château de Kériolet à Concarneau pour Brest et sa métropole. Aujourd’hui, Astropolis a aussi bien lieu l’hiver que l’été. Nous avons un label, nous accompagnons plusieurs artistes, nous organisons différents événements durant l’année (Spring, Fortress, Cabarets Soniques, AstroClub…). Pour cette édition estivale 2019, nous proposons cinq jours de fête, plusieurs scènes en journée et en soirée, gratuites ou payantes, d’une diversité de musiques électroniques la plus large possible. Nous attendons au moins 20 000 personnes.

Cette année, c’est les 25 ans d’Astropolis, l’un des plus anciens festivals de musiques électroniques en France encore en activité. Ça représente quoi pour vous ?  


Pas grand chose. Je n’ai jamais été trop sensible au temps.  Je ne me projette jamais trop dans l’avenir non plus. À vrai dire, je n’ai pas vu les années passer ! C’est souvent le public, qui nous suit depuis de nombreuses années, qui me rappelle à l’ordre par des séquences nostalgiques. 25 ans : le quart de siècle. Et alors ? On continue non? 

Le Festival Astropolis, chaque année, c’est entre 10 000 et 30 000 personnes. Quelles sont les ressources mises en place pour maîtriser l’impact écologique d’un festival si important ? 

On milite depuis très longtemps. Néanmoins, un festival doit rester un lieu et un moment de fête où les gens ne viennent pas pour recevoir des leçons. Pourtant, c’est très important de sensibiliser le public. Il y a eu beaucoup de dérapages qui n’ont pas aidé à l’évolution de notre très chère planète bleue. Déjà, nous avons mis en place, avec d’autres festivals,  un collectif pour le développement durable et solidaire en Bretagne. Cela nous a permis de nous concerter et de se réunir autour de beaucoup de questions : prévention, sensibilisation, impact écologique…

« L’essentiel, c’est d’être toujours fier de sa programmation et de l’assumer »

Aujourd’hui, nous occupons plusieurs parcs durant le festival, des lieux très sensibles. Chaque dossier est travaillé dans ce sens. Toilettes sèches, gobelets consignés, scénographie avec éléments de récupération, produits bio en tout genre et nourriture locale et circuits courts, incitation au déplacement par les transports en commun (tarifs préférentiels avec les TER), travail au maximum avec les entreprises locales, tri sélectif… et j’en passe.

Le Festival Astropolis c’est une programmation d’une centaine d’artistes. Vous les sélectionnez comment ? 

J’ai beaucoup programmé seul et/ou avec l’avis des amis pendant de longues années. Mais aujourd’hui j’essaie de le faire de manière plus collégiale. J’écoute les propositions de chaque membre du bureau. Mais des fois, ce n’est pas évident de trancher ! Les goûts, les couleurs, les avis, les générations…  L’essentiel, c’est d’être toujours fier de sa programmation et de l’assumer. À Astropolis, nous avons toujours mélangé les genres, programmer des cous de coeur, des pionniers, des découvertes, des artistes tendance de l’année et beaucoup de collectifs et jeunes espoirs de la scène du grand ouest. Ce sont toujours de belles rencontres. 

Votre coup de coeur pour l’édition 2019 ?

Forcément X102. J’attends ce moment avec impatience. Depuis 1992 ! C’est l’un des premiers albums électro que j’ai acheté à l’époque lorsque je suis allé pour la première fois au Trésor à Berlin. Mike Banks et Jeff Mills sont mes racines. Je les respecte tellement ! Ensuite il y a plein d’autres noms : Apparat, Call Super, Skee Mask, Somniac One, Marc Romboy live, I-F… Je crois que j’aime vraiment tous les artistes que j’ai programmé en fait.

Le festival se déroule au sein du bois de Keroual. Pourquoi ce lieu ? 

Parce que c’est le plus beau lieu que nous pouvions trouver à Brest. Et on aura mis beaucoup de temps à le trouver ! Pour rien au monde, on souhaiterait déménager.

Il ressemble à quoi le public du Festival Astropolis ?

Majoritairement breton, festif, curieux, différent, assez mixte, à la recherche de ce moment où les énergies communient entre elles, à la quête d’une liberté où le temps n’existe plus… 

Un track qui représente l’état d’esprit du festival. 

Il y en a tellement ! Allez, je vais le choisir par fierté : From the Crypt to the Astrofloor qu’un certain maestro, Laurent Garnier, aurait composé pour le label de Michael Mayer que j’adore – Kompakt – Speicher. Un beau voyage rempli d’émotions.

Pour finir, c’est quoi le grand rêve du Festival Astropolis ?  

Créer son dance-floor dans l’espace, en apesanteur, au milieu des étoiles.

Emmanuelle Rouault

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