Les Nuits Sauvages

MIXTAPE 116 | MAKORNIK, industriel et rebel – Heeboo

MIXTAPE 116 | MAKORNIK, industriel et rebel

Mixtapes - Octobre 30, 2019

Makornik, un certain respect s’impose, quand le nom sonne et rebondit sur un line-up. Issu des écuries Raw et du label Wrongnotes, c’est pourtant d’une blague, quasiment, que tout est parti. Aux manettes musicales de notre concept élaboré en collaboration avec Holy Bottom, Holy Room, Makornik produit une techno industrielle et pêchue, qui flirte sans concession avec influences acid et EBM.

Pour Makornik, la musique électronique donne un sentiment de profondeur et d’infinité. Chez Makornik, beaucoup de force, de puissance, comme un cheval qui s’emballe, mais tout autant de finesse et de bonnes vibes, malgré la noirceur. Puis ce côté rebel et frondeur qui donne envie de soulever des montagnes à l’écoute de ses prods. Un truc qu’on retrouvait chez Size Pier à ses débuts (encore aujourd’hui d’ailleurs) et nous avait séduit à l’époque, et chez Heeboo, finalement, c’est pas tous les quatre matins qu’on se laisse réellement séduire. Deux semaines après la sortie de notre concept Holy Room dont Makornik gérait la musique, on réécoute cette mixtape coup de poing d’une heure et on fait connaissance avec une des pépite discrètes mais rebelles de l’indus parisienne.

Hello, comment ça va, tu fais quoi en ce moment ?


Salut ! Ravi d’être ici aujourd’hui, c’était un vrai plaisir de faire ce projet avec vous. En ce moment, je vais plus tôt bien, un peu malade et encastré dans mon lit mais sinon ça passe. C’est le début parfait pour l’automne, je vais passer ma journée à faire de la musique et à lire, dessiner, manger, boire et fumer. J’ai beaucoup de projets qui vont sortir assez rapidement, EPs, Vinyl, et podcasts (dont le votre) mais surtout avec mon label Wrongnotes qui me permet toujours d’avoir une meilleure vision de la scène d’aujourd’hui. Vous allez voir, cette année on va envoyer du lourd.  Sinon, je viens de commencer ma dernière année d’études en alternance en tant qu’ingénieur en Génie Mécanique. Combo assez difficile je l’avoue : mélanger la vie d’ingénieur et la vie de producteur est parfois compliqué mais j’ai réussi à concilier les deux jusqu’ici et il ne me reste qu’un an, c’est pas maintenant que je vais lâcher. Et puis heureusement que j’ai ma musique qui me permet d’échapper à la réalité. 


Ton nom d’artiste, MAKORNIK, il vient d’où ? 


C’était il y a un petit bout de temps pendent l’été à Belgrade, en Serbie. J’avais, je crois, 15 ou 16 ans, et une coupe semblable à celle de Macklemore, rasé sur les côtes, touffe au milieu, l’enfer! Et puis un soir, on était trois potes, chez un ami, complètement arrachés, on jouait à FIFA, et d’un coup, une équipe de mecs encore plus arrachés rentre dans la maison. Un parmi eux m’a fixé, s’est tapé une barre, et a dit : “euh, c’est pas toi mekernik?” (en voulant faire référence à Macklemore) avec un bel accent serbe. Ca nous a bien fait rire, et à partir de ce jour la, Marko a disparu et je suis devenu “Mekernik”. On m’appelait tellement comme ça que le jour où je cherchais un nom de scène, j’ai décidé de prendre le nom de MAKORNIK (version un peu plus abordable). Et voila, l’anecdote de mon alias. 


Quand est-ce que tu as commencé la musique ?


J’ai commencé la musique en 2005, avec la guitare. Je jouais presque tous les jours et je faisais une école de musique. J’ai arrête après dix ans de pratique car j’ai découvert entre temps la puissance de la musique électronique. Je trouvais ce style tellement plus profond, plus infini.


C’est quoi tes premières influences musicales ? Ce que tu écoutais quand t’étais plus jeune ? 

J’ai eu la grande chance d’avoir un père qui possède des goûts musicaux assez incroyables. Des mon plus jeune age, j’ai découvert le jazz, la bossa nova, la funk, la soul, le disco, ou encore le hiphop. En grandissant j’ai bien sûr eu une phase plus “commerciale” (comme tous le monde presque), mais heureusement elle n’a pas duré très longtemps. 


D’ailleurs, tu viens d’où ? T’as grandi où ? Ça a eu un impact sur ta création musicale ?


Je suis né au Canada mais d’origine Serbe. A l’âge de 14 ans j’ai déménagé en Tunisie où j’ai appris le français pour ensuite pouvoir partir en France (Paris) après le bac pour commencer mes études d’ingénieur. Je suis persuadé que si j’étais resté au Canada, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. Vers les dernières années de mon séjour en Tunisie en 2014/2015, je commençais fortement à écouter de la musique électronique, plus particulièrement de la dark minimale. J’écoutais aussi pas mal de house, tech-house mais c’était toujours l’aspect dark qui m’attirait le plus. C’est en arrivant sur Paris que j’ai commencé à sortir en soirée “underground” et c’est devenu très vite mon occupation number one. 


Avoir participé à ce nouveau format vidéo Holy Bottom vs Heeboo ça représente quoi pour toi ?


Une nouvelle définition de l’audiovisuel. 


D’ailleurs,  comment t’as connu Holy Bottom, et découvert Heeboo ? 

Holy bottom m’avaient contacté en 2017 pour jouer à une de leurs soirées au Batofar! C’est à travers eux mais surtout grâce aux publications facebook que je suis tombé sur Heeboo! 


Choisis trois mots pour caractériser Heeboo !

Sexy, Sauvage, Actuel. 


Ce podcast tu l’as conçu comment ? Dans quel endroit ? T’avais quoi dans la tête quand tu l’as fait ?


J’étais dans la montagne en Serbie, coupé de cette société toxique. J’ai mis les enceintes sur mon balcon et je me suis lancé. Je voulais surprendre les gens, essayer de faire ressortir d’eux un côté mystérieux et sauvage, tout en gardant une même ligne directrice.


Un mot sur un des tracks qui y figure, que tu aimes tout particulièrement ?

Cela doit être l’avant dernière track de Swarm Intelligence qui s’appelle Bury. Pour moi c’est le mélange parfait entre la musique et le théâtre. Quand je l’écoute j’ai envie de jouer, de danser, mais bizarrement, de faire de vilaines choses. 


Une anecdote de teuf, pour finir ?


“Les anecdotes dont on ne se souviens pas, c’est les plus drôles.”

Adeline Journet

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