Les Nuits Sauvages

Mixtape 112. | CATHERIN – Heeboo

Mixtape 112. | CATHERIN

Mixtapes - Juillet 22, 2019

Lucie Ternisien

En cette fin de mois de juillet, on va pas se mentir, le jeudi c’est le début du weekend. Et ça tombe bien, parce que Jeudi OK, l’incontournable rendez-vous queer de l’été à Paris, revient en trombe au Wanderlust. Pour cette nouvelle édition, c’est carte blanche aux meufs du crew Barbi(e)turix, dont CATHERIN, qui nous a concocté, à J-3 de Jeudi OK x Barbi(e)turix, une mixtape pour faire bouger ton body sous le soleil !

Jeudi OK x Barbi(e)turix, c’est le genre d’association qui roule, qui coule de sens, qu’on en perdrait presque notre culotte. À la fois site web, fanzine et instigatrice des fameuses teufs Wet For Me, Barbi(e)turix, célèbre la culture féminine et lesbienne depuis 15 belles années. D’ors et déjà habitué des Jeudi OK, c’est sans grande surprise mais avec un plaisir non voilé, qu’on retrouve la team derrière les platines, jeudi 25 juillet, dont CATHERIN, oiseau de nuit, qui fait danser les foules en club et se transforme en auteur – compositeur – productrice dès le lever du soleil, sous le nom de GONTHIER. Deux univers musicaux différents et complémentaires.

Dans cette mixtape, sorte de « remake d’Alice au pays des merveilles en été » CATHERIN nous emmène en voyage, avec cette envie toujours plus grandissante d’enflammer le dancefloor. Alors on monte le son pleine balle avant de prendre une grande claque à Jeudi OK x Barbi(e)turix, pour une soirée chaude chaude chaude !

CATHERIN, qui es-tu ? Tu fais quoi dans la vie ?

CATHERIN : Alors, pour faire court, je suis musicienne. J’ai deux alias CATHERIN, la nuit / en clubs / dj producteur. J’adore faire danser les gens sur des rythmes frénétiques. Sous ce pseudo, j’explore des formes, des sons et des rythmes plus underground. Et GONTHIER le jour / chansons / singer songwriter producteur. J’y explore, sur le mode de l’auto-fiction, les « nuits fauves » et les jours froids, allégresses et excès urbains, en alliant culture électronique et textes en français. Un premier single va sortir, en octobre, sur mon label Verticale Records. En substance c’est ça. Je peux également vous parler de la superbe compilation BBX#1 que je fais avec Vale Poher & Rag de Barbi(e)turix. Ça sortira au mois d’octobre et on en est très fières. Stay tuned !

Crédit : Lucie Ternisien

Pourquoi le nom CATHERIN ? C’est ton prénom ?

Ce n’est pas mon prénom, c’est une référence à Catherine Deneuve qui incarne toujours des rôles de femmes fortes, complexes et multiples – féminin / masculin – femmes modernes qui suivent leur instinct et écoutent leurs désirs (Belle de Jour, ndlr film).

Et si tu devais en changer, tu prendrais quoi ?

On ne change pas.

« Les thématiques de mes chansons : la chaleur du soleil, le métissage – les pêches mûres sur les arbres – la mer tranquille et forte. »

Quand est-ce que tu as commencé la musique ?

Début de l’adolescence via le théâtre et la peinture. C’est l’âge ou j’ai éprouvé pour la première fois, la sensation incroyable de transmettre une émotion forte. J’étais censée interpréter a capella un standard de jazz, Summertime. Une personne m’a dit, à la fin de la représentation, qu’elle avait été émue aux larmes, c’est très étrange quelqu’un qui vous dit ça, c’est très très fort.

Tes premières influences musicales sinon, elle viennent d’où ? T’écoutais quoi quand t’étais plus jeune ?

Mon père était disc jockey à la fin des 70s et fan de stax et motown, plus généralement de musique afro américaine. Ado, j’avais une sensibilité bluesy, rock un peu émo-écorchée. Mon tout premier CD c’était Nirvana. Les belles chansons, avec des textes soignés aussi. J’écoutais aussi beaucoup d’électro, c’était l’époque Peaches, etc. Le rap et R’n’B bien sûr – 2pac file des frissons. Le jazz aussi – les artistes comme Mingus et Miles Davis. La force et la sensualité de leur musique. La beauté. La colère aussi.

Tu viens d’où ? T’as grandi où ?

Marseille ! Belsunce Breakdown. Méditerranéenne.

Ça a joué sur ta musique et sur qui tu es aujourd’hui ?

Ça explique tout j’imagine. Mes chanson portent un regard paradoxal sur la ville, l’urbain, la nuit. Un regard qui restera toujours celui d’une fille d’ailleurs, fasciné, dubitatif et repoussé à la fois, comme Nick Carraway observe les immenses teufs de Great Gatsby. En sociologie on appelle ça l’observation participante. La chaleur du soleil, le métissage – les pêches mûres sur les arbres – la mer tranquille et forte. C’est ça qu’il y aura toujours en background dans ce regard.

Tu te souviens de ton premier set ? C’était comment ?

J’ai fait mes études à Berlin, j’avais besoin d’argent, j’ai commencé à faire des extras dans un club puis à mixer dans ce lieu qui s’appelait le Bastard sur la Kastanienallee. J’étais piètre barmaid mais j’ai pris goût au djing.

T’as musique en trois mots.

Shake Afro Mental Physical (j’ai triché)

Cette mixtape tu l’as conçue comment ?

J’avais envie d’explorer des rythmes. Une musique qui exulte. J’avais en tête une espèce d’histoire dans une jungle, rêverie sauvage et sensuelle à l’ombre de plantes immenses, un animal sauvage qui somnole mais garde toujours un oeil ouvert.

Si tu devais lui donner un titre ?

Un remake d’Alice au pays des merveilles peut-être ? Mais au soleil ? Quelque part de l’autre côté de la méditerranée.

Si tu devais la faire écouter à un artiste que tu admires, ce serait qui ?

Riri

Et tu lui dirais quoi ?

WaWaWa

Emmanuelle Rouault

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