Les Nuits Sauvages

Mixtape.102 | APOLLO NOIR, du chaos naît l’harmonie – Heeboo

Mixtape.102 | APOLLO NOIR, du chaos naît l’harmonie

Mixtapes - Juin 4, 2019

De Thiers à Paris, quasiment cinq heures de train, et des forêts à traverser. Du bordel à l’harmonie, juste un pas, et tout un voyage à la fois, à assumer, en dedans comme en dehors, de soi, du monde, et des codes du genre. Du punk à la musique électronique, Apollo Noir est passé à l’âge adulte, à une façon bien à lui de considérer la musique, riche, brumeuse, frénétique et éternelle. À l’occasion de sa date samedi 7 juin à Villette Sonique au côté de David August et Deena Abdelwahed, le producteur nous a livré une mixtape exclusive, où les océans s’emballent, les feuilles frémissent et les coeurs se délitent. Du chaos naît l’harmonie pour une The Mirroshades Mixtape à écouter du début à la fin…

L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan

Hello ! Tu vas bien ? T’es occupé à quoi en ce moment ?

Ça va super bien merci ! Et vous ? En ce moment je bosse sur pleins de projets en tant que réalisateur, mixeur ou compositeur. Je suis super occupé donc, mais c’est génial ! 

Apollo Noir, ça vient d’où, pourquoi t’as choisi ce nom ?

C’est un hommage d’une part aux Bois Noirs. Un lieu en Auvergne d’où ma famille vient. Et c’est aussi un hommage à la mission spatiale « Apollo » qui est pour moi un symbole de la curiosité et de la découverte de l’univers. 

Comment t’en es venu à mixer et.ou produire de la musique ?

Je l’ai autant voulu que c’est venu à moi, une véritable évidence. Mes parents et mon grand frère écoutaient beaucoup de musique. J’ai découvert énormément par ce biais là et ça m’a donné envie de faire de la musique. J’ai commencé à 16 ans en tant que batteur dans des groupes de punk rock et hardcore dans mon village.

Je jouais dans plusieurs groupes, c’était une période incroyable. Puis à 19 ans je suis arrivé à Paris. C’est là que j’ai commencé à produire de la musique seul et que j’ai eu envie de me pencher vers les musiques électroniques. J’ai donc acheté mes premières boîtes à rythmes, séquenceurs et synthétiseurs. Ça a été la révélation de ma vie. 

Tes premières influences, c’était quoi ?

Je dirais que c’était plutôt du rock pour le coup : Black sabbath et Fugazi! Ces deux groupes ont eu une influence majeure dans mon approche de la composition et la production. Kraftwerk, Aphex twin et Autechre  m’ont ensuite ouvert des perspectives dingues pour la production électronique. 

Tu viens d’Auvergne c’est ça ? Ça a joué sur la musique que tu fais tu penses ?

Oui du côté de Thiers. Un tout petit village de 1000 habitants. C’était génial de grandir à la campagne. Ça a joué un rôle décisif dans ma vie je pense. Il y avait tellement peu de choses à faire qu’il fallait être créatif pour s’amuser ! Mais aussi, ça m’a appris à faire des choix et m’y tenir. Par exemple, quand il y avait un concert dans les environs, c’était un événement qu’on attendait des semaines à l’avance. On regardait tous les groupes sans bouger du devant de la scène. 

Tu te souviens de ta première scène ? 

Avec mon projet Apollo Noir c’était au Garage Mu à Paris. Il y a deux ans. C’était pour fêter la sortie de mon premier album. C’était mon premier live seul sur scène. J’avais le traque, c’était impressionnant et pas évident de jouer mes morceaux en véritable live (je n’ai pas de bandes derrière qui tournent, pas d’ordinateur, tout est joué en direct). Le concert s’est vraiment super bien passé à ma grande surprise haha. Ça a d’ailleurs été totalement décisif pour la suite du projet Apollo Noir. Ça m’a donné confiance pour jouer au maximum ma musique de façon très live afin d’être libre. 
L’image contient peut-être : une personne ou plus

Cette mixtape tu l’as conçue comment ? Elle signifie quoi pour toi là tout de suite maintenant ?

J’y ai longtemps réfléchi avant de la faire. J’avais vraiment envie qu’elle corresponde bien dans le temps à ce que je veux proposer lors de mes dj sets. C’est une bonne synthèse des inspirations de mon future album et de mon goût pour une certaine musique électronique. 

Si tu devais lui donner un titre ?

The Mirroshades Mixtape en hommage au mouvement littéraire Cyberpunk qui m’a énormément inspiré pour mon album à venir autant que pour son côté avant gardiste, libre qu’anti conformiste. 

Si tu devais la faire écouter à quelqu’un ? 

J’aimerais la faire écouter à mon grand frère. Il m’a tellement appris et fait découvrir de musique quand j’étais enfant. J’aimerais à mon tour lui présenter certains artistes et courants musicaux. 

 Un mot sur un des tracks qui y figure, que tu aimes tout particulièrement ?

Le titre de Lucy Railton, Pinnevik. J’ai découvert cette artiste grâce au site Le Gospel. J’ai écouté l’album en boucle pendant des mois. Ce titre en particulier est incroyable, je n’ai jamais écouté ça avant. Une sorte d’ambient industriel totalement chaotique duquel naît une harmonie incroyablement apaisante. Ça peut paraître rédhibitoire comme ça, mais ça vaut vraiment le coup ! 

Alexandra Parrish

Articles similaires

Plus d'articles

Before

Voiski : « Les murs tremblaient, l’air devenait solide, le vide devenait compact, toute cette puissance au bout d’un seul doigt »


Before

Thomas Delecroix : « Faire la fête, c’est une psychothérapie, et du plaisir simple et pur. »


Before

Sina :  » Il est inconcevable d’être DJ et de pas avoir une connaissance sérieuse du dancefloor »


Before

Pourquoi c’est si cool de découvrir des artistes avec la nouvelle chaine New’s Cool ?