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Le Tresor pour les nazes – Heeboo

Le Tresor pour les nazes

Le club pour les nazes - Septembre 3, 2018

Vue de Kraftwerk, par Camille Blake

Pas toujours facile de mettre les pieds dans un club de légende. A Berlin on nous a parlé d’un petit club sympa nommé Berghain, puis d’un Kit Kat libertin à découvrir la peau tendue ; on nous parlait aussi d’une Jaded d’after qui éclate les têtes à Londres de bon matin ; mais c’est au Tresor, le fameux TRESOR, que l’on a décidé de fouiner, en bon clubbeur amateur ou amateur de club (au choix), cet été. Pourquoi ? Pour répondre à cette question : « Le Tresor est-il toujours mythique ou juste un vieux mythe dont il ne reste que le souvenir à chérir ? » De l’avis de notre reporter de choc Nine, la réponse est mitigée mais une chose est sûre : le voyage en vaut le spotlight.

« Tresor », pour salle des coffres. Mais aussi appellation pratique pour l’un des labels les plus significatifs du mouvement techno, à travers le monde. Mythique pièce du puzzle techno allemand dans les années 1990, depuis son bunker du 126-128 Leipziger Straße, dans le centre de la ville, il ferme en 2005 pour rouvrir quasiment deux ans plus tard dans l’Est, plus « in », des sous-sols de Kraftwerk à Mitte, suite à certaines « descentes » et divers « désaccords » avec la police et la mairie. Difficile de prendre de la dr**** en club si près du Mur à moitié détruit mais toujours bien là. Ou-é, entendu. Du béton bancaire mais mystérieux, de là où tout commençait en Allemagne, des années de légende, on passait en 2007 à l’air sombre d’une ancienne centrale thermique pour un renouveau qui se voulait plus qu’audacieux. Depuis, plus vraiment de raids policiers, on a la paix, diront certains. Des programmations toujours aussi grandioses. Oui. Mais le Tresor ne s’est-il pas converti en un musée des vestiges du passé ? N’irait-on pas au Tresor comme on va aujourd’hui au Rex, plus pour cocher une case que pour passer une vraie bonne soirée ? Oui. Non. Le débat reste ouvert. Nine y a fait un tour le 17 août dernier, et te donne son avis, son ressenti, ses ébats de coeur et ses palpitations signées TN.

Pourquoi Nine ? Parce que Nine est ce genre de personne que tu croises, le regard aiguisé, l’oreille tendue et la basket toujours ready. Derrière un appareil photo, à l’affut de lumières improbables et d’expressions faciales sans précédent, de ces quelques centièmes de secondes inattendues, qui fomentent les moments particuliers, en soirée, la nuit, quand la musique empêche les coeurs de battre trop bruyamment. Nine capture, Nine re-dessine, Nine fait la fête et l’analyse, à sa guise. Allez, c’est Open Nine !

Club : Le Tresor

Ville : Berlin

Nom de la soirée : Tresor.Klubnacht 

: 14

€ drinks3,5 euros la bière je crois (les bouteilles sont consignées avec un système de jetons donc y’a moyen de se faire de l’oseille pendant la soirée si on a un oeil de lynx)

Signe particulier : D’après Google, c’est un des clubs “les plus connus au monde”, du coup je me suis sentie vraiment fraîche de fouler son sol avec mes TN.

Pourquoi cet endroit / cette soirée là ?

J’avais fait mon petit marché des events chouettes sur facebook avant d’arriver à Berlin et les DJ de cette soirée avaient retenu mon attention.

Ce que tu en savais, en avais entendu ?

La veille j’en parle avec un ami (aficionado de techno, habitué du Berghain) qui me dit “meuf tu vas kiffer”. J’avais pas besoin d’en entendre plus.

Première impression ?

Oh mon dieu, je crois qu’on s’est trompés d’endroit : pourquoi cette queue est-elle remplie d’hétéros mal habillés.” I mean, les hétéros, qu’avez-vous à part votre mauvais goût ?

Le truc cool ?

La salle au sous sol. Absolument incroyable, je n’ai jamais été dans un endroit aussi fou. Le club est un labyrinthe, mais si tu cherches bien, tu finis par atteindre une espèce de couloir de 25m style WW2 blockhaus que tu traverses flashé-e par les stroboscopes : hyper impressionnant. Et quand tu parviens au bout de ce passage souterrain tu débarques dans une salle où tu ne vois RIEN (<3), où il y a un flash de lumière toutes les 30sec et où une fumée épaisse, opaque vient -de temps en temps- recouvrir ta peau, ton corps pour t’offrir un moment d’évasion magique.

Le gros bad de la nuit ?

Le fait de devoir partir tôt pour ne pas se réveiller en retard le lendemain et rater l’avion.

Note musicale de la nuit ?

Une sorte de fréquence à 9999999GHz que le dictaphone de mon Blackberry n’a même pas été foutu de capter. Sans rire : un drop vers 4h du matin, le son le plus fort que j’aie jamais entendu (I’m not even kidding).

Le truc à y éviter ?

Dire à son/sa pote “attends moi là, je reviens” car vous ne vous retrouverez JAMAIS.

Le truc à améliorer ?

Mmh à l’entrée on t’explique bien que les photos sont formellement interdites et on te demande de mettre une pastille sur l’objectif de ton téléphone. J’ai vu beaucoup de personnes filmer/prendre des photos de la foule, et donc, des gens. Je ne trouve pas ça chouette. Les clubs berlinois ont l’air d’avoir une conception assez précise de “l’intimité” dans le milieu du clubbing : ce qui s’y passe y reste. Et je pense que tout le monde devrait respecter ça (même si je comprends parfaitement qu’on veuille prendre des photos parce que l’endroit est chanmé)

On a bu quoi ?

Bière et cidre, mes amours éternelles 

Spotted ?

Ce que j’ai remarqué c’est le nombre de français-es présent-es ce soir là, j’aurais du tenir un genre de fichier excel pour les compter hahaha

Degrés de sauvagerie / déviance ?

30% pas plus. Même si le son était très violent (>—<3→) les gens ne dansaient pas..? Je m’attendais à des danses spectaculaires, des gens dénudés mais rien, juste des petits déhanchés légers en rythme… Déception.

Pourcentage de bonheur ?

99.9% Mon deuxième club de la capitale européenne de la techno, j’ai eu le sentiment de cocher une petite case de la “liste des trucs à faire avant de mourir”

Dernière impression en partant ?

Les clubbers et clubbeuses à Berlin sont franchement plus respectueu-ses-x qu’à Paris.

On y retournera ? 

We better.

Pour les retrouver c’est sur Facebook : Tresor.Berlin

Team Heeboo

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