Mystique, perturbé, lunaire. L’univers Hemka inquiète tant qu’il excite les sens. On la découvrait en 2015 sous la résidence Fée Croquer. On la savoure demain, vendredi 23 novembre, à l’occasion de l’édition hivernale de Sous Tes Reins au mini-club de la Rotonde Stalingrad. Quelques heures avant le grand soir, Hemka a répondu à quelques unes de nos curieuses questions et nous a concocté une mixtape spéciale. Rencontre.

HEMKA… comment, pourquoi, pour qui… la musique ?

J’ai toujours aimé la musique depuis mon enfance, mon père m’a transmis son amour pour celle-ci à travers les percussions. J’ai toujours écouté différents styles mais j’ai rapidement eu une forte appétence pour la New Wave et la Funk, ce qui m’a conduit à faire mes premiers pas dans la musique en tant que bassiste. J’écoutais (et écoute toujours) beaucoup de hip-hop mais lorsque j’ai commencé à sortir dans les clubs techno de ma région, j’ai tout de suite compris que ce style de musique me correspondait complètement. Je retrouvais la basse, les percussions et un univers parfois dark, hypnotique que je recherchais. 

Le nom HEMKA, il t’est venu comment ?

Quand j’étais au lycée, on s’était donné un surnom avec meilleur ami de l’époque : Koko. C’est un surnom qui m’a poursuivi longtemps et qui, d’ailleurs, continue de me poursuivre aujourd’hui. Mon prénom étant Margaux, j’ai voulu trouver un nom qui me rappelle mon prénom et mon surnom. J’ai donc récupéré le M de Margaux et le K de Koko ce qui donnait MK. Il y a déjà un artiste qui s’appelle comme ça alors j’ai décidé de l’écrire autrement. Tout simplement !

Et si tu devais en changer ?

Ce n’était déjà pas facile de trouver un nom finalement alors là tout de suite… C’est un sacré défit ! Je ne sais vraiment pas …  

HEMKA, en trois mots ?

Hypnotique, rythmique, mystérieux.

Tu viens d’où ? T’as grandi où ?  

Je suis née à Marseille et j’ai grandi là-bas jusqu’à mes 21ans.

Ça a joué sur ta musique et sur qui tu es aujourd’hui ? 

Marseille est une ville magnifique qui m’a permis de découvrir plein de choses mais qui m’a surtout donné envie d’en découvrir davantage sur la vie et la musique. A l’époque où j’y habitais, c’était relativement pauvre en terme de sortie et de club alors que les soirées explosaient dans la capitale.

Du coup, t’es partie pour Paris…

Oui. Je suis partie de Marseille pour Paris dans le but de m’enrichir et de grandir car je végétais complètement dans ma ville natale, je m’ennuyais. C’est réellement à Paris que j’ai commencé mon parcours dans la musique électronique. Je sortais partout et j’ai pu me faire une culture musicale assez pointue très rapidement grâce aux rencontres, aux clubs, aux artistes. En fin de compte, ma musique est très révélatrice de mes épreuves, de mes aventures, des joies et des peines que j’ai pu avoir !

Ton rôle dans la nuit, c’est quoi ? 

Je ne sais pas si j’ai un rôle particulier dans la nuit car je fais avant tout mon travail mais j’essaye de donner du plaisir au public et d’en prendre. La vie peut parfois être difficile pour pas mal de gens, alors ils sortent le week-end ou même parfois en semaine pour se détendre et/ou penser à autre chose ; c’est là que nous intervenons en tant qu’artiste. On les aide à oublier, à lâcher prise, à s’amuser, à s’évader quelques heures. C’est en cela que ce métier est enrichissant. Alors si je devais me donner un rôle dans la nuit ça serait d’aider les gens à passer un bon moment. 

Quand tu ne joues pas en soirée, tu fais quoi ? 

Malgré ma vie à 100 à l’heure, je suis quelqu’un de plutôt casanier, j’aime bien ma tranquillité et faire des choses simples. Quand je ne joue pas je vois mes amis, je me balade, parfois je dessine, je regarde des films en VO pour parfaire mon anglais, je fais du son… 

Le truc le plus wtf qui te soit arrivé un soir de set ?

Lorsque j’étais au platine, on m’a déjà demandé de passer un autre style de musique. La personne en question disait ne pas s’amuser et qu’elle avait besoin de chanter ! Je pense qu’elle s’était tout simplement trompé de soirée…
Ou sinon une fois aussi je jouais vinyle dans une petite salle et une fille s’est approché des platines pour voir et elle a coincé ses cheveux dans le bras de la platine… autant dire que c’était assez mythique et très emmerdant sur le coup… ! haha 

Tu t’es déjà demandé pourquoi tu faisais la fête ?  

Je pense que la réponse est assez simple.. Pour ma part, lorsque je fais la fête c’est pour me détendre et m’amuser avec mes amis.  

Une envie particulière ? 

Un mars glacé !

Cette mixtape, tu l’as conçue comment ? 

J’ai choisi des tracks très psychés, j’ai voulu intégrer du rythme, du mystère, de la mélodie. J’ai intégré plusieurs tracks unreleased à moi qui vont d’ailleurs sortir pour la plupart.

Si c’était la bande son d’un film, tu prendrais qui en réal ? 

J’ai essayé de raconter une histoire qui collerait tout à fait pour un film de Scorsese. Par exemple, je verrais bien un Shutter Island sur cette mixtape. Le personnage principal est tellement fou, perturbé. Il y a des passages vraiment variés dans ce film ; à la fois calmes, dérangeants, bizarres, mystérieux, énergiques avec beaucoup de surprises… finalement un peu à l’image de cette mixtape je l’espère !

Si tu devais la faire écouter à un artiste que tu admires, ce serait qui ? 

A Scorsese justement ! Pourquoi pas ?

Et tu lui dirais quoi ? 

Que je suis aussi barrée que lui !