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Fernanda Arrau donne à la musique new beat fièvre, chaleur et folie passagère – Heeboo

Fernanda Arrau donne à la musique new beat fièvre, chaleur et folie passagère

Interview Nuit - Octobre 16, 2018

Fernanda Arrau fait partie de cette mouvance qui nous vient de loin, très loin. Au-delà de l’Océan Atlantique. Bien au-delà des cultures nord-américaines qui nous possèdent sans toujours nous bouleverser. Au-delà de ce que l’on connaît et sait apprivoiser, une scène à la fois désobéissante et électrique bouillonne. Elle s’appelle Argentine. Elle s’appelle Mexique. Elle s’appelle Chili. Elle est chaude et tendue, elle est rythme et percussions, elle est eau brûlante et folie passagère. Fernanda Arrau en est un fier condensé, depuis Santiago où elle est née, à Madrid où elle habite depuis peu, elle anime la scène underground de set ardents et fiévreux.

Plus que dj Fernanda Arrau est aussi et surtout productrice. Un premier EP remarqué par les critiques et la scène indé européenne en 2015, Cambio/Fuera. Puis un LP plus acide en 2016, A Larga Distancia, pour confirmer le talent. Actuellement en studio pour préparer sa prochaine sortie, Fernanda nous fait l’honneur d’une mixtape 100% excitation, avant de venir endiabler le mini club de La Station-gare des Mines pour notre anniversaire des deux ans au côté de The Horrorist ou encore Philipp Gorbachev. Heeboo : Noces De Cuir, c’est vendredi 26 octobre, à partir de 22h, et pour en avoir un aperçu spécial « Bodas De Cuero », c’est tout de suite dans tes oreilles !

Fernanda tu es chilienne c’est bien ça, tu viens de Santiago ? Tu te souviens de tes toutes premières fêtes là-bas ?

Oui, j’ai commencé à sortir dans les années 1990 et à l’époque, la musique tendance qu’on entendait en club était la cumbia. Aujourd’hui c’est le reggaeton. Du coup, à l’époque, j’ai cherché à sortir dans d’autres types d’endroits, plus alternatifs, où je pourrais écouter d’autres types de musiques, il n’en en avait vraiment pas beaucoup mais ils étaient incroyables, ces endroit m’ont beaucoup inspirée. Ce sont de très bons souvenirs, de la musique géniale, des maisons abandonnées, des hangars, tout était une nouvelle expérience et plus les années ont passé plus j’ai vouloir faire partie intégrante de tout ça.

Du coup tu as déménagé en Europe, à Madrid…
Je suis venue à Madrid oui, pour quelqu’un. C’était un rêve que j’avais toujours eu en tête, mais je n’avais jamais eu le courage de le faire, et c’est ça qui m’a poussée à le faire finalement.

Pourquoi Madrid ?

Madrid, en plus d’être la capitale, est encore en plein bouillonnement concernant la musique électronique underground, alors que Barcelone par exemple, n’a pas vraiment de scène dédiée. À Santiago, la scène était déjà très animés, des fêtes incroyables, des artistes impressionnants… je crois que c’est ça qui me manque le plus de Santiago : la scène, la musique, ses artistes. La scène musicale au Chili et plus généralement en Amérique Latine a un discours très puissant et innovant.

Fernanda Arrau, c’est ton vrai nom ?

Mon véritable nom est plus long… et très typique d’Amérique du Sud (il faut toujours rajouter quelques prénoms devant haha), je m’appelle Maria Fernanda Arrau, ça vient de ma mère. Toute ma vie, je l’ai raccourci à seulement Fernanda Arrau, parce qu’en fait, tout le monde s’appelle Maria quelque chose haha.

Et pourquoi l’avoir gardé comme nom de scène ?

J’ai souvent pensé à me trouver un pseudo mais à chaque fois que j’ai essayé la soirée était déjà annoncée avec mon nom+prénom et c’était trop tard pour changer ou devenir créatif d’un coup… du coup je me suis dit que si les gens avaient fini par me connaître avec ce nom, il aurait été dommage d’en changer. Du coup j’ai tout gardé !

On a essayé de définir ta musique, qui s’apparente à une mouvance actuelle de la scène électronique latino-américain, certains l’appellent house, d’autres new disco, d’autres évitent de lui donner de nom. Nous on a penché pour new beat tropical, tu en penses quoi ?

J’adore cette définition ! Je n’y avais jamais pensé, je suis super nulle pour définir les styles de musique, même quand il s’agit de musiques électroniques.

Bon et si tu devais la définir quand même, ta musique, en trois mots ?

Alors je dirais « folle », « drôle » et « techno tropicale ».

Tu te considères comme une grosse fêtarde ?

Haha, je sors parfois, mais pour des occasions très spéciales. La plupart du temps je préfère rester à la maison. Par contre s’il y a une soirée de vraiment bien, avec quelqu’un que j’adore qui joue, j’essaie de ne pas la rater. Mais oui, je choisis les soirées où je vais avec beaucoup d’attention, surtout en ce moment, je passe beaucoup de temps en studio, je dois rester concentrée, travailler toute la journée, me lever tôt…

Rien à voir, mais tu penses qu’on peut faire de la politique avec sa musique, et au contraire ne pas faire de politique du tout avec sa musique ?

On peut clairement faire de la politique avec sa musique, certains artistes sont très connus pour ça. Au Chile on a pleins d’exemples, on a eu de longues années de dictature, beaucoup de musiciens tentaient de protester à travers leurs créations (comme Violetta Parra, ou Victor Jara par exemple…). Aujourd’hui, je trouve que la musique est toujours un moyen récurrent d’exprimer des opinions politiques. Et pour réponds à ton autre question, oui, il y a de la musique sans politique, et c’est là où les histoires d’amour prennent le pas…

Tu vois un inconvénient au fait de faire partie du monde de la nuit ?

Oui, le nombre réduit d’heures de sommeil.

Et sinon, tu fais quoi en dehors de la musique ?

Hmm, l’une de mes plus grandes passions est le cinéma. J’ai toujours voulu étudier le cinéma. Puis la photographie aussi, le graphisme, l’animation, l’illustration.

Ton plus grand rêve dans la vie ?

De pouvoir continuer à vivre de ce que j’aime faire. La passion est le moteur de la vie.

Et cette mixtape, elle raconte quoi ?

Elle est toute pleine de formes et de couleurs. Pas mal de tracks d’Amérique Latine, certains morceaux viennent du label United Colors of Rhythm. Ce sont des propositions uniques et qui se suffisent à elles-mêmes… (sourire).

Adeline Journet

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