Roman Delore. Ni face, ni contre la nuit. Mais dans la nuit. Dans ses pérégrinations qui ne mènent jamais au même endroit. Roman Delore, se laisse porter, par là où le feeling passe, vient, atterri. Comme si Roman Delore, jamais ne dormait. On se laissait happer par sa techno expérimentale en 2016 avec son premier EP Pareidolia, on l’expérimentait, autrement, sous son autre projet, Morfine, puis on la re-découvrait au détour d’un set à la Subtyl d’avril dernier entre ambient, wave et techno.

Ses sets, à contrario de pas mal de djs qui pensent qu’envoyer lourd et frapper très fort et très vite, est gage de qualité, habitent l’espace, le corps, et l’oreille. Parce qu’habitée Roman Delore, l’est, dans la force et la subtilité. Ça balance sans abîmer, ça tape fort dans l’oeil sans égratigner, c’est délicieusement pesant, osé, et hantant. Elle sera ce soir à l’affiche de la soirée JJ & Conspiration, de 23 h à 5 h à La java. L’occasion pour nous de nous intéresser de plus près à l’artiste, via une mixtape spéciale. Pour rentrer dans son monde, dans sa nébuleuse, ces ténèbres à la fois plaisants et inquiétants, dont on se délecte avec plaisir. L’occasion également d’échanger quelques mots. Play !

Pourquoi la musique, comment la musique ?

Tout naturellement, comme on respire. C’est par la suite devenu une nécessité absolue. Plus tard, à l’adolescence, je suis tombée dans la musique électronique, mais désormais tout est un peu « musique électronique », alors…

A côté de ça ? C’est quoi ton plus grand rêve, tu aspires à quoi le matin quand tu te lèves ?

Je me disperse pas mal en ce moment, je voudrais me canaliser un peu plus, ce serait mon but du moment. Sinon en général je cherche un sens à ma vie, comme beaucoup de gens. Mais ça évolue si vite que ça rend la tâche difficile.

Le nom Roman Delore, il t’est venu comment ? 

Semi hasard… et je voulais un nom à consonance masculine !

L’univers Roman Delore, en trois mots ?

Obscur trip changeant

Faire la fête, ça représente quoi pour toi ?

Tiens, d’ailleurs je viens de voir Climax de Gaspard Noé au cinéma, je dirais que c’est parfois à peu près ça la fête en 2018 ! La notion de bon ou de mauvais trip dépend beaucoup du sens que l’on donne à la Réalité à un instant T. Mais plus globalement, la fête c’est surtout une soupape, ça permet de lâcher du leste.

Ton rôle dans la vie ?

Interrupteur

Ton envie, là, tout de suite ?

Du soleil, vite.

Cette mixtape, c’est l’allégorie de quoi ?

Ce podcast, c’est moi dans mon petit appartement parisien en train d’accoupler des morceaux avec soin. Certains me font penser à mes vacances et à mes proches. Sinon dans le présent, la voisine n’est pas couchée, j’aperçois sa lumière à travers la fenêtre. Sur la table à côté de moi il y a une tasse à moitié bue et du chocolat noir. Le frigo fait un peu de bruit dans la cuisine, il est 2 h du matin et je suis en pyjama.

crédit photo de cover : Romain Guédé