Un bon set, ça se prend dans le sens du vent. Et pas forcément le vent du dancefloor. Mais le vent qui agite cheveux et perruques de ce qui compose une salle, un club, une teuf. C’est lécher son doigt, le lever fièrement et prendre la température pour savoir. Savoir comment lancer, savoir comment aborder les choses, savoir comment tout casser, faire flamber, savoir aussi comment couper le son. La recette numéro #2 avec Combe, du collectif Androgyne, Input Selector et Goûtez Electronique, qui jouait pour la soirée Gloria du dimanche 17 mars dernier.

Les soirées Gloria, t’en as sans doute déjà entendu parler. Enfin, soirée. Ici, on parle plutôt d’un after. Ou d’un événement festif et costumé de jour. Au choix. Pour ceux qui veulent prolonger le kiff de la nuit, pour ceux qui ne veulent jamais aller se coucher, pour ceux qui restent en after toute leur vie. Mais aussi pour celles et ceux qui se lèvent, font leur marché, brunchent avec les potes, et terminent au Macadam, un dimanche par mois. Pour se détendre les muscles, s’échauffer doucement à la semaine qui s’annonce, et partager un moment de grâce, juste un dernier avant la vraie vie du lendemain, ou l’ennui, au choix. Et t’en as entendu parler, même si les Gloria sévissent depuis la belle et tendre Nantes, depuis le cool et vif Macadam, dont les line-up résonnent à l’International depuis quasiment deux ans, et sur une initiative du collectif Androgyne à la direction artistique. Et ou-ai, l’une des soirées les plus cooles de France se trouve à Nantes. Surpris ? Tu devrais pas.

Pas pour rien qu’on s’est intéressé de plus près à l’un de ses résident, Combe, également membre d’Androgyne. Ses sets de pure techno énergique, donnent à voyager, à l’intérieur de soi, oscillant entre coups de poings bien fermes et lumière bienfaisante, pour danseurs du dimanche infatigables. Juste pour vous, Combe a bien accepté de refaire vivre l’émotion de l’après-midi. Un set flamboyant de quatre heures, de 11 h à 15 h, à écouter sans modération. Play, et rencontre.

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Comment tu as préparé ton set ?

J’ai préparé le set chez moi, en ayant en tête le contexte et l’esprit de la soirée, l’horaire auquel je jouais, et le style des artistes avant et après moi. Gloria est une fête résolument club, rave, où l’on peut jouer aussi bien techno, que trance, new beat, new wave, italo-disco, house, etc. Le mort d’ordre est la danse, la musique est de qualité, et l’on s’autorise parfois des clins d’oeil kitchs, sans bien sûr tomber dans le ringard.
Je joue beaucoup de genres différents selon les soirées où je suis booké, auxquelles j’aime m’adapter. Je garde toujours en tête l’esprit de la soirée, et le style des artistes qui jouent avant ou après moi, tout en préservant ma pate et me mettant parfois en danger (en prenant des risques sur la sélection).
L’avantage sur Gloria c’est que j’en suis résident, c’est donc aussi à moi d’imposer la vision qu’on a avec Androgyne sur cette fête, ce qui me permet de faire quelque chose de différent de ce que je fais avec Input Selector par exemple.

Comment s’est passé ton set, comme tu l’avais prévu ?

Le set s’est bien passé. Au bout d’une heure j’ai trouvé que les morceaux défilaient vite et je me suis demandé si j’arriverais à garder une cohérence pendant quatre heures, mais ça l’a globalement fait. Bien sûr ce n’est jamais parfait, mais j’ai réussi je pense à garder le bon équilibre entre tension, respirations, ce qu’il fallait pour garder les gens sur le dancefloor et l’esprit que je voulais insuffler.

Tu as une tracklist ?

Je n’ai pas fait de tracklist mais si on me demande des morceaux je trouverais les références facilement.
Le set oscille entre acid-trance, goa, techno, tech-house à l’ancienne, progressive, house parfois, quelques breakbeats, entre old et new-school.

Tu jouais à quelle heure d’ailleurs ?

Il faut savoir que Gloria est un format de fête relativement particulier (pour nous autres français), qui a lieu de 7 h à 22 h et plus le dimanche une fois par mois. Ce n’est pas un simple after, c’est une fête complète. Bien sûr certains arrivent en after, mais d’autres se lèvent le matin pour venir frais et dispo, d’autres encore préfèrent venir à partir de l’après-midi ; le public se renouvelle tout on long de la journée.
Je jouais de 11 h à 15 h, après Hyperaktivist, une artiste d’origine vénézuélienne qui allait jouer je le savais assez rapide (aux alentours de 140 BPM), et avant Thérapie de Club, un artiste parisien qui lui joue nettement plus lent, un son plus groove, parfait pour l’après-midi.
Je souhaitais donc à la fois garder l’énergie du début, surtout sur ce créneau assez particulier où il faut garder ceux qui commencent à fatiguer de leur nuit blanche, tout en rajoutant un peu de fun et de côté club sur la fin pour accueillir ceux qui arrivent d’un brunch, en début d’aprem. On est donc dans l’inverse d’un warm-up, je commence fort, pour au bout de deux bonnes heures et demi je crois mettre un peu de lumière dans tout ça, et accueillir les danseurs qui s’échauffent avec un peu moins de dureté.

Bon allez, et si tu devais te donner une petite note ?

Difficile de se noter, chacun aura son appréciation. Disons 7/10, loin d’être parfait le set était je pense quand même adapté et un bon mélange entre cohérence et voyage dans les genres.

Et le public ?

Le public était top ; globalement plus âgé que ce qu’on voit souvent en France, pas mal de gens déguisés, et une vraie énergie dans la danse. Ceux qui viennent à Gloria ne sont pas là par hasard et ont une vraie envie de faire la fête ; et quand je dis faire la fête j’entends « en être acteur ». Bien sûr la musique, le lieu, le sound system, la sécu sont des paramètres importants d’une bonne soirée, mais le public l’est tout autant voire plus. C’est le public qui fait la fête, pas l’inverse.