SlugoS, ou l’euphémisme de l’énervement. “De rage et de sang”, c’est le titre qu’on pourra un jour donner à la biographie de ce jeune dj et producteur madrilène qui officie déjà depuis quasiment 15 ans dans les meilleures soirées et festivals indus d’Europe et d’Amérique latine. SlugoS, ou des frissons, de la chair, jusqu’aux os. Comme une course effrénée qui jamais ne s’arrête, et à l’occasion de son passage sur Paris pour une Razance en hangar des plus violentes, Slugos nous a offert une mixtape inédite, juste pour nous.

Samedi, à l’occasion de RZ003, samedi 16 juin prochain, SlugoS a promis de claquer les visages de plus d’un d’entre nous/vous, d’un set endiablé, déchiré, décharné, à l’image de ces 40 minutes de hard techno sans précédent sur Heeboo. Tiens-toi bien, t’es pas forcément prêt.e pour cette déferlante de pulsions des plus… agitées. Lâche tout, tes peurs et ta colère. Tes peurs et ta colère. Tes peurs et ta colère.

Tu viens d’où ? Tu te souviens de tes toutes premières fêtes là-bas ?

Oui ! Je suis né à Madrid et je n’oublierai jamais mes premières fêtes. C’est là que j’ai découvert la musique électronique, c’est là que j’ai eu envie de commencer à mixer et à faire de la musique. Les espagnols, quand ils font  la fête, ce sont des gens très chaleureux, ils une vraie passion pour le dancefloor.

Tu viens d’un background plus urbain, même plutôt rap non ?

Oui, je viens de la scène graff en fait, j’avais 17 ans à l’époque, j’avais rencontré des gens qui organisaient des fêtes illégales, des rave parties. C’est là que j’ai découvert la techno, et tout particulièrement la scène “hardtechno”.

C’est quoi la “hard techno” pour toi ?

Pour moi, c’est une humeur, un mouvement techno. Des beats énervés, beaucoup de distorsions, de pulsions qui te font déconnecter de la réalité et lâcher toutes tes peurs, toute ta colère.

SLUGOS, ça vient d’où ?

C’était mon surnom quand je graffais.

slugos (1)

Tu te considères comme un gros teuffeur ?

Pas vraiment, plutôt comme quelqu’un qui adore sortir, écouter de la musique et vivre de nouvelles expériences.

Tu penses qu’on peut réellement faire de la politique avec sa musique, et vice-versa ?

Bien évidemment. Tout est politique. En particulier dans l’Art. Rien que le fait de s’exprimer, de donner son point de vue en produisant de la musique peut être considéré comme un acte politique. Je crois que seules les productions vides et sans âmes sont des produits non-politiques.

Tu vois des inconvénients dans le fait de faire partie de l’industrie de la musique ?

Honnêtement, faire partie de quelque chose, de base, comporte des inconvénients, dans la société actuelle. Quand tu prends le cas de l’industrie musicale nocturne, j’en compte beaucoup : précarité, stress, troubles du rythme du sommeil,… Néanmoins, le fait d’être conscients de tout ça devrait pouvoir nous aider à y travailler. Je pense qu’il est de notre responsabilité, également, de travailler à faire en sorte d’améliorer les conditions de travail, afin de créer une scène électronique plus “saine” dans un futur proche.

Et sinon ?

Sinon je suis un gros geek. J’adore les ordinateurs, les nouvelles technologies, la science, et bien sûr, les jeux vidéo, c’est une de mes plus grandes passions !

Et pour finir, ton plus grand rêve dans la vie ?

Franchement, juste pouvoir vivre en continuant de faire ce que j’aime.