Pulse One, ou l’alter-ego d’Emanuel Peralta. Une pulsation qui fait le rythme, une pulsation qui génère la vibration et donne naissance au souffle. Une pulsation, juste une, pour donner la vie. Pulse One c’est une vision unique et personnelle de la musique contemporaine. Née à Buenos Aires, entre les Jonas Kopp et les Pfirter, la techno de Pulse One est onirique, complexe et parfois malasante.

Pas pour rien qu’il est l’invité de marque de nos copains déviants de Possession. C’est vendredi 9 mars, le lieu est encore tenu secret et l’ambiance risque d’être… dégoulinante. Au côté de Pulse One, les allemands Freddy K et Adam X, le britannique Perc, et bien évidemment la résidente de choix, Parfait. Parfait, non ?

pulse one

Pourquoi PULSE ONE ?

Pulse One c’est mon alter-ego. Ce nom m’est venu après une longue réflexion. J’essayais de trouver le mot le plus adéquat pour décrire le style et l’esthétique que je souhaitais créer. Un “poult” (pulse, ndlr), c’est une palpitation rythmique qui fait que le corps vit. Il faut ici imaginer le club comme un système vivant au sien duquel un dj, un artiste,  joue le rôle du coeur. Ce sont eux qui génèrent le rythme de la palpitation, ils decident de la fréquence du battement, ils créent la vibration, et donc le bonheur et le plaisir par la même occasion.

“Dans un club je suis libre et je peux enfin être moi-même.”

Puis “ONE” parce que je crois qu’il est important, dans cette scène là, de se différencier, d’être le premier à faire les choses comme tu les vois, comme tu les ressens. C’est le défi de toute une vie, parce que tout le monde peut copier ce que font les autres, moi je choisis de m’en inspirer mais de faire vraiment les choses à ma sauce.

Tu te souviens de ta toute première fête ?

Oui, c’était l’anniversaire d’un ami, la toute première fois où je jouais d’ailleurs, il y a quelque chose comme six ans ! C’était chez moi, à Buenos Aires, dans les quartiers ouest. C’était incroyable, je me souviens encore que j’étais super nerveux, mais au moment où j’ai joué c’était super de voir tous mes potes danser sur la musique que je passais et adorais !

C’était quoi le truc à l’époque qui te poussait à faire la fête ?

Je dirais : écouter de la bonne musique, et m’amuser avec les gens que j’aime de la plus libre des manières. Dans un club, tu es vraiment toi. Tout le monde est très tolérant et accepté facilement. Ce qui contraste pas mal avec le monde réel, le jour. Dans un club je suis libre et je peux enfin être moi-même.

Comment on fait la fête à Buenos Aires, en général ?

Hmm, sortir dans des clubs de cachenge (style musical argentin) et écouter du reggaeton ou des trucs du coin !

C’est quoi qui peut tout gâcher, quand on fait dans la fête ?

Ne pas savoir gérer la drogue et tous ces trucs.

Tu écoutais quoi comme musique d’ailleurs à l’époque ?

Plutôt du rock, j’avais 19 ans quand j’ai commencé à sortir en clubs électros…

Tu as changé ta manière d’écouter de la musique depuis que tu en joues ?

Honnêtement ? Non, je ne crois pas. Quand j’écoute de la musique, j’essaie de ne pas trop réfléchir et de me détendre. Je dois admettre qu’au tout début, il y a bien eu un moment où j’essayais de comprendre comment et pourquoi un producteur travaillait un son. Mais après plusieurs années, je me suis détourné de cette réflexion là.

Depuis l’Europe, on voit la scène club argentine comme très groovy, très portée sur la nu-disco par exemple, très colorée et moins techno, tu en penses quoi ?

On a une scène techno très importante à Buenos Aires. Tu as l’Under Club et le Cocoliche, ce sont des clubs très important pour la techno. Puis il existe aussi des collectifs comme Assault qui organisent des événements, une à deux fois par mois, dans différents lieux. On a aussi pas mal de producteurs, comme Jonas Kopp ou encore Pfirter, Mental Resonance, Alderaan, Farceb ou Miragliotta.

Tu te souviens de ton tout premier vrai dj set ?

Oui, c’était à un after dis toi ! Il y avait une centaine de personnes. Pleins de producteurs, puis des amis, la combinaison parfaite !

C’est quoi la chose la plus importante qui a changé chez toi entre tes débuts et aujourd’hui ?

Il y a toujours des changements, dans la vie. Je me rappelle que les premières années, j’étais obsédé par l’idée de sortir des morceaux, je voulais que tout ailles très vite (les dates, les bookings, les sorties).

“Je crois même que le club est la meilleure façon de connecter les gens.”

Aujourd’hui je prends les choses avec plus de recul, j’ai pour idée de déménager à Berlin, c’est un challenge que je me suis posé, c’est compliqué à organiser, entrevoir, c’est un changement, je sais que ça va prendre du temps, mais j’y travaille.

Tu te sens comment juste avant de monter sur scène ?

Anxieux. Et rien au monde ne peut m’aider dans ces moments là (rires)

Et ensuite ?

Je me sens bien si je sens que j’ai tout donné, si j’ai tout donné au public…

cover-pulse-one

D’après toi, pourquoi les gens sortent en clubs ?

Pour se libérer du monde normé.

Tu as l’impression que les argentins sortent plus désormais ?

Oui, totalement. Tout a changé si vite, la scène club est maintenant très développée et de plus en plus de gens sortent.

Fut un temps, la fête, le fait de sortir et de faire partie du monde de la nuit, pouvait jouer un rôle quasiment politique et pouvait parfois aider à la protestation ; tu crois que c’est fini tout ça ?

Non, je ne pense pas. Je crois même que le club est la meilleure façon de connecter les gens. Politiquement, les choses sont très compliquées aujourd’hui en Argentine.

C’est quoi ton militantisme à toi dans le club ?

Je soutiens la liberté.

Tu les vois sortir comment les jeunes dans 20 ans ?

Exactement de la même manière qu’aujourd’hui !

Et tu seras toujours dans les parages ?

Sans hésitation, oui !

Ton rêve, pour le futur ?

Être / rester libre !