Après 7 ans d’absence -de réflexion ? –la productrice et dj française Chloé est revenue sur le devant de la scène pour présenter son nouvel opus Endless Revisions. Le titre évoque par avance, les interminables retouches que font les producteurs sur leurs morceaux avant d’arriver à les mener à terme. Le 26 janvier dernier, nous étions donc postés à la Gaité Lyrique pour l’écouter en live. 

Dès le début de ce live, le climat est posé : lent comme sous hypnose ;  tandis que le track Because it’s there égrène ses premières notes, le dispositif lumière commence à onduler en résonance avec le beat léger qui bat la mesure, la spatialisation du son, exceptionnelle à la Gaité – impressionne : à droite à gauche, qu’il s’agisse de basses fréquences, de sons synthétiques ou des FX utilisés par Chloé, le son est enveloppant, presque physique. Après avoir posé ce climat de nappes atmosphériques, Chloé envoie son premier gros pied pour nous envoyer direct sur un groove beaucoup plus sévère : on commence à rentrer dans le vif du sujet, les divers morceaux de l’album défilent et si certains sont un peu sceptiques au tout début du live, c’est véritablement au fur et à mesure des tracks que la patte singulière de cet opus – entre techno moite, pop assumée et musique concrète va nous attraper. Les featurings de voix ne sont pas totalement étrangers à la réussite de l’ensemble, apportant une sensualité supplémentaire à un live au départ versé dans une électronique dépouillée. Qu’il s’agisse du featuring d’Alain Chamfort ou de celui de Ben Shemie, le chanteur des Suuns, la texture de leurs voix apporte une présence charnelle à une musique versant plutôt dans l’épure.

Après le sensuel Party Monster arrivent les titres plus pêchus de l’album, l’univers de Chloé prend de l’épaisseur, depuis la texture plus techno de The Dawn en passant par les beats très ralentis de Pendulum, on voyage dans un spectre aux nuances toujours surprenantes. Enfin pour finir, le travail visuel de  la plasticienne Noémie Goudal à l’esthétique spectrale détonante vient nourrir de paysages visuels les sonorités qu’on entend.

Chloé rejoue également les titres de son maxi The Forgotten EP et termine par un final apologétique avec une débauche de lumière et de synthés que n’aurait pas renié les grands shows des groupes électros 80’s. A l’image du nom de son label Lumière noire, cette expérience musicale aux couleurs surprenantes qui font surgir la fluorescence de recoins sombres assoit Chloé en tant que musicienne. Pari réussi

On retrouve Chloé le 23 février à la folie pour un all night long spécial à prix mini ! Prends vite ta place !

chloe all night long