Bottom, ou la partie sombre d’un paradoxe. Pas mal pour expliquer le pourquoi du comment d’une des nouvelles soirées techno de la rentrée. Red Border c’est le nom de leur nouvelle édition le mercredi 30 août prochain, et autant te dire que le spectacle a l’air d’en valoir le détour.

Pour clôturer l’été et fêter par la même occasion la rentrée et tous ces petites joies (sip), Guerand, Robin et Nicolas, trois mecs qui en veulent, te proposent de passer une nuit de rêve, dark à souhait, cinétique comme jamais, pour pas cher, dans la cale du plus chaotique des bateaux parisiens, le Batofar. Comme au bon vieux temps, de la grosse techno sur les quais. Il va faire chaud pour la Red Border, du coup on a eu envie de rencontrer le crew. Entre David Guetta, after dont on ne part pas, apprentissage et dépucelage, on s’ennuie pas avec les Bottom. Rencontre.

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Lea Chantre

Présentez-vous ou taisez-vous à jamais…

Guerand : Réalisateur, entrée dans le collectif à ma naissance

Robin : Etudiant Ingé son, entrée dans le collectif trois ans après la naissance de Guerand 

Nicolas : Consultant Media, j’ai intégré Bottom quelques mois après Guerand 

Quand on vous demande pourquoi vous avez appelé votre collectif Bottom et qu’il est 4 h du mat’, vous répondez quoi ?

Guérand : Soit je ne réponds pas soit je rentre dans des explications beaucoup trop longues.

Robin : Je me ressers un verre

Nicolas : On peut voir ça à un autre moment ? C’est le bordel en backstage

 

Bon mais en vrai ?

Guérand : Alors en fait, à l’origine ça vient de mon autre projet plus personnel qui est consacré à la vidéo : Holy Bottom. Le nom est un oxymore qui veut dire gouffre sacré”. Bottom est la partie sombre de ce paradoxe. 

Robin : A vrai dire ça vient de Guerand et de son premier projet personnel, jai directement accroché  

Nicolas : Bottom a commencé au fond de la cale du Batofar, difficile de faire plus bas …
Nicolas : “Le but c’est clairement de créer quelque chose de plus que de passer des disques”

Organiser des fêtes, pour vous ça représente quoi ?

Guérand : Pour moi c’est un peu comme organiser le tournage d’un film, tu choisis tes acteurs, le décor, l’équipe technique etc. Sauf que la création se fait en même temps que la diffusion, tu vois en direct les réactions du public et à un moment donné tu lâches le contrôle et fais confiance aux artistes. C’est une sensation incroyable. 

Robin : Pour ma part c’est l’ambiance générée par le public autour de l’événement qui me motive ainsi que les performances uniques et personnelles des artistes a chaque fois combinées à l’état d’esprit de cet univers underground qui me fascine 

Nicolas : Une véritable organisation, c’est une activité pour laquelle il faut être préparé et un minimum rigoureux. Et le but c’est clairement de créer quelque chose de plus que de passer des disques.
Robin : “nous allons finir en couple si tout cela va plus loin”

La toute première soirée Bottom vous vous en souvenez ?

 

Guerand : La première c’était en tout début d’année au Batofar. On s’était quasiment jamais vus avec Robin et Nico, c’était vraiment un dépucelage pour moi niveau orga de soirée mais c’était dingue, on a eu vraiment beaucoup de monde, apparemment très rare pour un jeudi. Je suis monté sur scène pendant le set de Beaumanoir habillé en dictateur avec un masque à longues cornes. Je ne me souviens de rien avec l’adrénaline, apparemment j’ai insulté les gens et fait des doigts d’honneur.

Robin : Génial ! Il y avait de la transpiration qui coulait du plafond et des hommes cagoulés en première ligne. Le tout couronné d’une belle rencontre avec Guerand qui aujourd’hui se prolonge en un projet plutôt sérieux, c’était comme un test de compatibilité pour nous et un bon moment (nous allons finir en couple si tout cela va plus loin)

Nicolas : C’était assez fun ! Mouvementé, mais on était plus ou moins préparés. Avec Robin, nous n’en étions pas à notre première et disons qu’on a pas mal appris de nos erreurs. Une vraie réussite, et pour moi le meilleur moment reste celui où l’on a réalisé qu’on avait réussi quelque chose malgré pas mal de pression.
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Lea Chantre

Le truc dont vous êtes le plus fier avec Bottom ?

Guérand : L’esthétique visuelle de nos soirées et nos line-up pour seulement 5 euros. Pas sûr qu’on puisse voir Arnaud Le Texier, Noneoftheabove ou d’autres pour ce prix ailleurs.  

Robin : Ouai la ligne artistique, mais le meilleur reste à venir !

Nicolas : Une équipe qui se fait confiance et qui prévoit quasiment le moindre détail.

Le dj que vous rêvez d’inviter ?

Guérand : Voir Squarepusher jouer Stor Eiglass à une Bottom. Je pense que je pleurerai.

Robin : Aphex Twin  pour un de ses live déjanté.

Nicolas : Virgil Abloh, mais je pense que ça n’aurait pas tellement de sens.

Comment vous travaillez en amont ? Qui décide de quoi ? Quelles sont les guidelines à respecter ?

Guérand : Je partage avec Robin la direction artistique musicale et sinon je mets le nez un peu partout, à part la communication. On a aussi Lucas Levon Tape B qui fait un boulot magnifique sur les artworks et visuels.  Ça se monte assez simplement en fait. On a un respect mutuel et une entente artistique qui fait que ça fonctionne très bien. On est pas une bande de potes” qui fait des soirées. Bien sûr on s’entend très bien, mais c’est Bottom qui nous as réuni et pas l’inverse. 

Robin : Comme le dit Guerand on s’occupe des line up ; il s’occupe également de la partie “intendance” et  Nico de la com. Sans oublier Lucas qui gère nos visu mais nous avons tous notre mot a dire et chacun écoute l’autre, c’est top ! Il m’arrive parfois de leur demander de faire ma vaisselle ; sans ça une Bottom serait complètement raté.

Nicolas : Guerand a vraiment un goût artistique poussé et avec Robin, ils ont le chic pour trouver des artistes qui mettent tout le monde d’accord. Pour ma part je vais plutôt travailler l’aspect communication et partenariat, mais c’est un véritable travail d’équipe. On met tous notre pierre à l’édifice.

Un ou des collectifs en particulier dont vous êtes ou vous sentez proches ?

Guérand : Evidemment Les Castagnes organisés par mon génial Bulu. La Quarantaine aussi dont Nico fait partie et qui fait du très bon boulot. 

Robin : Proches je sais pas mais il y’a des soirées que j’apprécie tout particulièrement : BP, Blocaus…

Nicolas : La Quarantaine bien évidemment ; sinon Material et Fée Croquer

La fête ça représente quoi dans votre vie ?

Guérand : La fête. 

Robin : Danser, m’amuser, danser et de la bonne musique mais surtout danser !

Nicolas : Danser. C’est l’idée principale, c’est aussi le moment où tu vas faire des rencontres.

Votre track préféré pour  rentrer d’after ?

Guérand : Les afters sont souvent chez mes amis ou chez moi, et dans les deux cas je ne rentre pas. Du coup je dirais : Voiron After chez oim 

Robin : Il y en a tellement allez ! Si j’arrive à parvenir chez moi : Hot Chocolate  You Sexy Thing 

Nicolas : hum … Music For U Stacy Kidd.

C’est parfaitement en accord avec un lever de soleil !

D’ailleurs, pourquoi on va en after ?

Guérand : Il y a clairement un lien alcool/drogue/after. Et je ne pense pas qu’il faille être un détective de génie pour cette enquête.

Robin : J’ai toujours trouvé les meilleurs ambiance en after. Je dirais : parce qu’on aime ça ?

Nicolas : Parce qu’on a pas envie de se quitter voyons ! Mais souvent je ne fais pas de vieux os…
Guerand : “Un jour on m’a pris pour David Guetta”

Un vendredi soir habituel, on vous trouve où ?

Guerand : Je peux compter difficilement sur une main le nombre de vendredi sans soirées depuis quelques années donc j’ai du mal à me projeter. Mais je dirais cocooning avec ma copine. 

Robin : Sur Ableton dans mon salon ou celui de mes potes 

Nicolas : 50/50 : soit je sors avec des amis soit la semaine a été dure et dans ce cas farniente sur le canapé et un bon film.

Le truc le plus what the fuck qui vous soit arrivé en soirée ?

Guérand : Un jour on m’a pris pour David Guetta. Très sérieusement. J’ai joué le jeu et j’ai pris une photo avec les types, des français, ils m’ont sucé la bite en me disant que ça devrait être moi en train de jouer etc. Le plus drôle est que je parlais anglais avec ma zouze quand ils sont venus me voir et j’ai continué à leur parler en anglais. A aucun moment ils se sont dit que David Guetta était français. C’était très drôle et très triste à la fois. 

Robin : Je finis souvent par une pétanque sur les quais accompagné d’un café et d’un calva ; le reste je ne m’en souviens plus !

Nicolas : Justement un after en Normandie avec Robin, une voisine du bout de la rue qui entre dans l’appartement et qui menace d’appeler la police si … on ne ferme pas la fenêtre. La fête a continué jusque dans l’après midi !

Bon et pour finir, quand on organise des teufs c’est quoi le rêve ULTIME ?

Guérand : Mettre en place le concept de théâtre techno.  Mais on prend le temps de faire les choses bien. Etape par étape. En commençant par une nouvelle résidence qui doit arriver bientôt. 

Robin : Une ligne artistique irréprochable sur une techno pointue” autour d’un visuel époustouflant effectivement théâtrale et pourquoi pas par la suite être booké sur des lieux ou events qui nous font déjà rêver.

Nicolas : On est tous les trois très inspirés par la musique et le cinema. Mettre en scène des artistes qu’on apprécie pour leur technique ça serait un sacré rêve en effet !

Et au fait, c’est qui l’idole qu’on aimerait voir mercredi 30 août à la Bottom ?

Guérand : Mes amis proches. C’est con mais c’est plus important pour moi que n’importe quel type connu. Bien sûr c’est pas désagréable pour l’ego. 

Robin : Nicolas Deniel (Nico, ndlr) sans hésitation. 

Nicolas : Je vote pour moi aussi haha ! En vérité, on essaye de se différencier donc je dirais plutôt des artistes à potentiels.