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Pourquoi faut-il aller faire la fête à Marseille fin mai ? – Heeboo

Pourquoi faut-il aller faire la fête à Marseille fin mai ?

Avril 17, 2019

photo jetable

Après un hiver capricieux, c’est enfin le retour tant attendu de l’été. De cette chaleur envoutante qui nous fait gentiment tourner la tête, du doux plaisir procuré par un pastis bien frais, des tournois sans fin de pétanque, de l’odeur du soleil sur la peau, des jours qui n’en finissent plus… L’occasion d’aller faire une petite escapade à Marseille, histoire de se bourrer de vitamine C, et puis surtout surtout de pas louper le Festival Le Bon Air du 24 au 26 mai !

Le festival Le Bon Air c’est un projet lancé en 2016 par l’agence d’événementiel et de booking d’artistes Bi:Pole. Après une première édition à la programmation plutôt éclectique, Le Bon Air est devenu un événement centré principalement sur la musique électronique. Le mot d’ordre de l’équipe c’est la nouveauté. L’objectif c’est de proposer un festival alliant artistes émergeants et de légende pour deux fois plus de plaisir. Cette année c’est plus de 45 artistes à venir découvrir le temps d’un weekend sur six scènes toutes surprenantes. En effet, le lieu de prédilection du festival c’est la mythique Friche la Belle de Mai qui regorge de spots totalement stupéfiants tels que le toit terrasse panoramique, la brillante Boule à facettes, le drôle de Module qui la surplombe et la déjà mythique Ballroom. On sourit rien qu’à l’idée de s’y perdre, un bon coup de soleil sur le nez…

À l’approche de ce bel événement Olivier Kerdudo, directeur artistique du festival, à répondu à quelques questions. Il nous parle de la naissance du projet et des valeurs qu’il défend, il nous dévoile ses coups de coeur de la nouvelle édition et ses rêves pour le futur du festival. Si ce n’est pas déjà fait, on réserve son weekend direction Marseille du 24 au 26 mai pour venir festoyer au Festival Le Bon Air.

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Le projet du Festival Le Bon Air est né quand et comment ?

À la Friche Belle de mai, dans les bureaux de Bi:Pole, une agence de booking d’artistes et un producteur d’événements. En 2016 on a créé Le Bon Air qui lançait la saison d’été de la Friche. Après une première édition plus éclectique, on s’est depuis concentré sur les musiques électroniques avec une grosse envie de nouveautés. On avait par exemple programmé The Black Madonna en tête d’affiche, un pari réussi.

Niveau organisation il prend quelle forme le festival ?

Le Bon Air c’est 45 artistes répartis sur deux nuits et un dimanche après-midi. On attend 11 000 personnes tout le week-end. Le tout est réparti sur six scènes : le toit terrasse panoramique, la brillante Boule à facettes, le drôle de Module qui la surplombe, la déjà mythique Ballroom ou la nouvelle Warehouse. La Boîte et sa scène à 360° où l’on finira le festival avec Boiler Room.

© PHOTOSPECTRAL

Sur votre site web on peut lire « attentif à la question du genre ». Ça veut dire quoi pour vous être « attentif à la question du genre » ?

Comme certains de mes collègues j’ai eu un déclic en tant que programmateur, il y a quatre ans quand le débat sur la parité commençait à se faire entendre. Sur la première édition je dois avouer, en rougissant, qu’on avait seulement une ou deux artistes féminines. Depuis on atteint minimum 30% de parité.

« Il faut montrer à notre public autre chose que des djs superstars et hétéros qui passent leur vie dans des jets. »

On a aussi tenu à mettre l’accent sur la communauté LGBTQ car ici, à Marseille, je pense que c’est une question encore sensible. Il faut montrer à notre public autre chose que des djs superstars et hétéros qui passent leur vie dans des jets… Ce fric, cette attitude hétéro normée et marketée ce n’est pas l’essence de la musique électronique, créée dans des petits clubs par des membres des communautés alternatives, souvent noires et/ ou gays… La communauté gay mais aussi les filles se sont réapproprié la scène électronique. En tant que programmateur ça me plait. Ça répond à une envie militante. C’est aussi plus stimulant d’aller chercher ces nouveaux artistes qui émergent de l’underground, notamment des scènes queer souvent plus spectaculaires et créatives que les djs classiques dans leur approche du show.

© PHOTOSPECTRAL

Vous défendez d’autres « valeurs » dans votre festival ? On pense notamment à l’impact écologique d’un festival si important.

On invite des assos comme Plus Belle la Nuit qui bosse pour la réduction des risques en milieu festif. Pour le volet écologique, en dehors des évidences comme le recyclage des mégots et des gobelets, les toilettes sèches ou les transports en commun (sujet sensible à Marseille) on travaille avec plus de cinq associations pour limiter notre impact et sensibiliser notre public… Aussi en tant que programmateur on ne booke pas de dj US qui ne feraient qu’une date européenne pour venir chez nous. Donc on essaie de mutualiser avec d’autres festivals proches de nous. On évite aussi l’inflation aux cachets, on ne cherche pas à aligner les gros noms. On reste un festival indépendant. Il n’y a pas de gros groupe US capitaliste derrière nous pour signer les chèques. On préfère chiner les artistes émergents !

« On équilibre entre les nouveaux venus et les grands retours, entre les filles et les garçons, les locaux et les légendes. »

Le Festival Le Bon Air c’est une programmation de plus de 45 artistes. Vous les sélectionnez comment ?

On fait des listes après avoir poncé les dancefloors des festivals et des clubs en Europe les mois précédents. On écoute des podcasts, des Boiler Room, on écoute les avis des artistes et des collègues de bureau. Au final, comme on mise beaucoup sur l’exclusivité, il faut être bien en veille ! Puis on équilibre entre les nouveaux venus et les grands retours, entre les filles et les garçons, les locaux et les légendes. Enfin le budget à son mot à dire aussi !

Vos coups de coeur pour l’édition 2019.

J’ai hâte de voir les shows de DJ Marcelle ou David Vunk, deux personnages hauts en couleur mais aussi deux excellents djs. Un autre dj prodigieux, l’étonnant Djrum qui explore la jungle avec une technique de dingo. Pour citer un live je dirais Model 500, le groupe mythique de Juan Atkins.

© PHOTOSPECTRAL

Le festival se déroule au sein de la Friche la Belle de Mai. Pourquoi ce lieu ?

Pragmatiquement c’est notre lieu de travail et donc une certaine évidence ! C’est aussi un lieu incontournable à Marseille pour la culture. Il offre à la fois de belles salles et des lieux en extérieur incroyables comme son très panoramique toit terrasse. Cela offre une diversité où l’on peut étonner notre public chaque année en l’aménageant grâce à la créativité de notre équipe technique.

Il ressemble à quoi le public du Festival Le Bon Air ?

Je le trouve curieux et bienveillant avec nos programmations volontairement pointues. Je crois que les marseillais sont fiers d’avoir un festival audacieux. Il est souvent souriant, ici c’est le début de l’été et des premiers soleils couchants qu’on déguste à l’apéro. C’est aussi un public de plus en plus lointain qui vient de Paris ou de Lyon, voire de plus loin pour découvrir le festival et Marseille.

Un track qui représente l’état d’esprit du Festival Le Bon Air.

Can You Feel It de Mr Fingers aka Larry Heard qu’on avait programmé l’an dernier. Pour le souvenir d’avoir eu cette légende chez nous mais aussi pour rappeler que Le Bon Air sollicite tous les sens, entre les scénographies délirantes, les sound systems et les couchers de soleil sur Marseille.

C’est quoi le grand rêve du Festival Le Bon Air ?

Réussir à placer Marseille sur la carte des grande villes festives. Alors ça relève du fantasme quand on connait l’histoire et la réalité de la scène électronique d’ici. Mais l’enthousiasme du public, la créativité des collectifs et les richesses de l’environnement local peuvent nourrir cet optimisme. On amène notre pierre à l’édifice avec Le Bon Air, en travaillant aussi avec Metaphore ou Paillettes ou en ayant invité Boiler Room pour la première fois ici.

Emmanuelle Rouault

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