Les Nuits Sauvages

Organïk : « Nos flyers sont recyclables, nos gobelets sont réutilisables et nous avons planté 5300 arbres. » – Heeboo

Organïk : « Nos flyers sont recyclables, nos gobelets sont réutilisables et nous avons planté 5300 arbres. »

Collectifs - Avril 2, 2019

Arthur Lacour

Pour notre belle planète l’heure est grave. Les changements climatiques sont si importants ces dernières années qu’il s’agit d’agir vite, bien et dans toutes circonstances. Alors pourquoi pas celles de la fête ? C’est ce que propose le collectif Organïk, une bande de dix copains, qui associe teuf et action écologique. Oui, oui, ça peut fonctionner !

A l’occasion de leur premier anniversaire, trois des membres d’Organïk, reviennent sur les débuts du collectif. Lorena, Lori et Anne expliquent le concept d’Organïk qui propose à son public de planter un arbre au lieu de venir piétiner le gazon. Évidemment, on ne se retrouve pas tous en pleine forêt amazonienne pour tenter de lutter contre la déforestation. Le système est simple et consiste en la formule suivante : une place achetée = un arbre planté. L’intégralité des bénéfices sont reversés à différents partenaires dont PUR Projet et Reforest’Action. On vient donc participer à cette belle action lors de Organïk : 1st anniversary le 5 avril dans une warehouse de 3000 m2 en banlieue parisienne. Au programme, une scène acid techno et une scène micro roumaine pour danser jusqu’au petit matin !

L’image contient peut-être : texte

Ton MEILLEUR moment EVER, le plus BEAU, le plus MARQUANT d’Organïk, c’était quoi ?

Lorena : Tous les moments sont beaux ! Mais j’avoue que j’ai été spécialement touchée quand j’ai constaté l’intérêt énorme des teuffeurs pour nos petites paillettes écolo sans plastique, pendant que je les maquillais. C’est un détail mais tous étaient vraiment bluffés et hyper fiers d’arborer leurs paillettes qui ne polluent pas les océans, leurs sourires faisaient plaisir à voir !

Lori : Sans hésiter une seule seconde c’était à Organïk : Seed sur la scène techno, vers la fin de la soirée, quand Pawlowski a joué le track Pump panel – Reconstruction Mix. J’attendais ce track depuis si longtemps lors d’un event…

Anne : Alors c’est dur de garder un seul moment. Mais à la deuxième Organïk à Ivry, mes frères et sœurs étaient tous là pour me soutenir. Ils ont taffé dur, au bar et à l‘entrée, mais ils ont kiffé et j’étais hyper fière et surtout heureuse de partager ça avec eux.

Le moment le plus DRÔLE, le plus COCASSE, l’anecdote la plus ABSURDE ?

Lorena : Que notre meilleur pote, qui est bras-droit de Nico dans la prod de toutes les soirées Organïk, n’ait jamais pu faire une seule de nos warehouse ? Ben oui, c’est ça de louper son vol de retour en France ou d’avoir un accident de scoot juste avant la res… Honnêtement, l’orga est solide, il faut savoir gérer ce genre d’imprévus (rires).

Lori : Je crois que je m’amuse comme une folle à chaque Organïk. Il y a une ambiance de partage, les gens sont cool, le public aime le son. J’ai pas d’anecdote particulière à part notre arrivée magistrale à La Machine, tous un peu pompette, 20min après l’ouverture !

Anne : Peut-être quand on a passé une heure à nettoyer des verres à l’arrache avec Nico à la première Organïk. On a fini rincé au propre comme au figuré ! Les écocup c’est cool mais ça ne se nettoie pas tout seul et on en prévoit jamais assez…

« C’était un gros pari de se lancer dans le concept écolo et ça a pris au-delà de nos espérances. »

Le fail ? Le jour où ça a failli déraper.

Lorena : Lors de Organïk : Seed à Ivry. Des gros imprévus nous ont fait débuté quasiment une heure plus tard. Le retard s’est un peu accumulé, et à 4h ça n’était plus possible, on allait devoir cut l’artiste du closing si on ne faisait rien. Résultat, on a du raccourcir le set endiablé de Jeanne pour s’assurer que tous les artistes puissent passer. Heureusement il a quand même fait danser les foules le temps d’une heure, même si c’était hyper frustrant d’arrêter là.

Lori : Organïk : Seed a été plus compliqué que prévu à réaliser. Nous avons été obligés d’aller dans un lieu qui n’était initialement pas prévu pour le nombre de personne qu’on attendait. Finalement, la soirée a eu lieu et c’était une réussite pour la planète !

Anne : Le point d’eau à Ivry… J’avais pas vraiment suivi l’histoire. Bien sûr il s’agissait d’un vrai point d’eau mais un de mes potes, un peu en panique, vient me voir en me disant qu’il y avait des étiquettes chelou sur les bonbonnes. Je vais voir, « gros logo produits toxiques et dangereux », et là le bad. J’imagine déjà des dizaines de personnes intoxiquées à l’hosto, je goûte pour me faire mon idée, bref ça ressemble grave à … de l’eau, c’était juste de la déco !

Le truc, le message, la leçon, que Organïk vous a enseigné ?

Lorena : Que le public est réceptif à l’engagement écologique des organisateurs de soirée. C’était un gros pari de se lancer dans le concept écolo et ça a pris au-delà de nos espérances. Ça nous motive à aller encore plus loin dans la démarche et on prévoit de nouvelles initiatives pour les prochaines !

Lori : Une fête écologique c’est possible. Notre équipe a été fondée sur une seule ligne que nous suivons sans cesse : le respect de la planète ! Nos flyers sont recyclables, nos gobelets sont réutilisables et nous avons planté 5300 arbres. On met tout en oeuvre afin de suivre nos valeurs initiales.

Anne : Faire la fête et responsabiliser en même temps c’est possible. Avec une approche ludique c’est même plus facile et ça marque les esprits. Je pense surtout aux efforts qu’on fait quant à la réduction des déchets et de l’utilisation du plastique. Avoir l’impression de faire une bonne action, avec chacun son petit arbre, tout en kiffant ses soirées c’est quand même valorisant, même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Crédit : Arthur Lacour

L’artiste qui vous a chamboulé ?

Lorena : Bien sûr Jeanne, que je suivais depuis longtemps déjà mais dont le set m’a carrément retournée ! Et Heart Peaks, un jeune DJ et producteur parisien qui nous avait convaincu avec ses derniers tracks, mais que je découvrais en set à Organïk : Seed. Il n’était même pas 1h mais les gens étaient en feu devant la scène ! C’est pourquoi on a décidé de miser sur lui et de l’accueillir dans le crew en tant que dj résident.

Lori : Pawlowski, il a envoyé du son qu’on attendait tous ! Mais bien sûr, les closings endiablés des copains Saar & HLE restent mes favoris.

Anne : Jeanne. On avait toutes les trois eu un gros coup de cœur avec Lorena et Lisa quand on bossait sur le line up de la deuxième Organïk, avec ses tracks sombres, son univers mystérieux et ses petits kicks acid. On tenait absolument à l’avoir. Il a vraiment envoyé du lourd et humainement ce fût une belle rencontre à l’image de son talent. Et Hemka c’est un gros coup de coeur, j’adore ses prod et pareil une belle personne.

La plus grosse crâme, la plus grande perche, le plus dur réveil, lendemain d’Organïk ?

Lorena : En général on enchaîne avec l’after donc c’est toujours un bon moment !

Lori : Aucun réveil difficile, beaucoup de stress, des jambes inexistantes le lendemain mais beaucoup de fierté de faire parti de cette équipe !

Anne : (rires) Je suis tellement sobre pendant les Organïk avec la caisse à gérer et autres petites missions de dernière minute, genre je bois du club maté ! Du coup les lendemains sont presque faciles. Mais on n’est jamais à l’abri d’un petit after…

« L’objectif c’est de sensibiliser la grande famille qui nous suit à chaque édition sur le fait que s’amuser en sauvant la planète c’est possible. »

Le mot pour rire, la bonne blague d’Organïk ?

Lorena : Gin tonic n’est pas tonic sans concombre.

Lori : Gin-to ?

Anne : un dernier Gin-to pour la route? Je suis une grande amatrice de gin, Lo et Lori le savent bien !

Le track d’anniversaire d’Organïk ?

Lorena : Dur de n’en choisir qu’une ! Mais puisqu’on est dans de la bonne acid techno je dis VI (The Moon Disaster) par Clair aka Brulee.

Lori : CONTREFAÇON – Casting.

Anne : Acid Gang – Axel Picodot

La personne qui a marqué Organïk ?

Lorena : Il n’y aurait pas Organïk sans Nico. Mais l’équipe entière est top, c’est une belle bande de copains passionnés et bons chacun dans leur domaine, ce qui permet à nos events d’être aussi complets.

Lori : C’est si difficile de ne choisir qu’une seule personne… Je peux choisir toute l’équipe ?!

Anne : Sans hésitation pour moi c’est Nicolas. C’est la rencontre qui est à l’origine de cette aventure. C’est grâce à lui qu’on a pu monter cette équipe de potes que j’adore et qu’Organïk existe depuis un an. Je suis très fier du travail qu’il fait et de ce qu’on a accompli ensemble. Petite dédicace à Ben, Gilles et Ines qui sont à fond dans l’orga avec nous depuis le début. Et puis mes chouchous sans qui il n’y aurait pas de beau line up, Lori, Lo, Lisa et Maxence, dernières recrues !

Crédit : Arthur Lacour

Les plus grands rêves d’Organïk ?

Lorena : Participer à la transformation du secteur événementiel, qui a encore des pas à faire sur les plans écologiques. Si dans quelques années, on a bâti un modèle réellement transformé, que le public exige aux orgas des pré-requis en termes de durabilité et que des collectifs s’inspirent de nos initiatives, là on pourra dire qu’on a vraiment accompli une belle mission.

Lori : Nous voudrions, à notre échelle, parvenir à changer une petite partie du public de musique électronique. L’objectif c’est de sensibiliser la grande famille qui nous suit à chaque édition sur le fait que s’amuser en sauvant la planète c’est possible et que parfois il suffit d’un petit geste pour faire de grandes choses.

Anne : Continuer à grandir, à s’améliorer pour proposer des line up et des prods de qualité tout en restant soudés et en suivant notre mantra écolo. Peut être, un jour, organiser un p’tit festival !

Emmanuelle Rouault

Articles similaires

Plus d'articles

Interview Nuit

Chamberlain, l’oiseau de nuit


La montée

Sina :  » Il est inconcevable d’être DJ et de pas avoir une connaissance sérieuse du dancefloor »


La montée

Netsh : « L’image, la gloire et la popularité tout ça c’est du vent »


© Rainer Torrado

Playlist

[Écoute] Le son du before #1