On le sait. La jeunesse n’en peut plus des clubs. Des usines à dancefloor. Des verres de vodka qui coûtent un demi-loyer. Des line-up surenchéris. De la consommation et du business que c’est devenu. La jeunesse a voulu sortir de Paris, revenir à quelque chose de plus dur, de plus brut, de plus authentique, et ça, malgré leur jeunesse à eux, les mignons de BNK l’ont bien compris. Depuis bientôt deux ans, BNK donne du bonheur en breaks à une génération à l’aube de l’âge adulte, en quête d’une liberté de fêter sans précédent.

Alexandre, Bryan, Sacha, Louis et Vincent veulent unir, fédérer, donner ses lettres de noblesse à la techno, une bonne fois pour toute. En montrant que l’organisation d’événements techno peut être professionnelle, et revendiquer un certain ras-le-bol porté par toute une génération réfléchie, et pas des « drogués ». Casser les codes des boîtes.  Ouvrir des non-initiés à l’EBM, la techno breaké et la synth-wave en programmant des artistes comme David Carretta, Cardopusher, Millimetric ou encore Schwefelgelb, et s’éloigner un peu de l’indus, un peu de la « mode » des warehouse boom boom. BNK c’est un esprit, c’est la famille, c’est bien pensé, et leur anniversaire, BNK : 2nd Anniversary, c’est samedi 2 juin !

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Le Viet

Présentez-vous ou taisez-vous

Alexandre – 22 ans – je fais des études de communication en parallèle et je suis présent dans le collectif depuis sa création

Bryan – 20 ans – Fondateur et directeur artistique BNK, fondateur Unknown, fondateur et directeur artistique Leiden Production et agent immobilier (spécialisé dans la location de hangar et lieux festifs). Depuis la création.

Vincent – 19 ans, co-responsable des relations publiques, avec Louis on s’occupe principalement des partenariats, bénévoles, listes etc – Etudiant école de commerce. A l’époque, on était pratiquement tous dans le même lycée, j’ai commencé en tant que bénévole pour leur filer un coup de main et cela fait maintenant 6/7 mois que j’y bosse en tant qu’orga

Sacha – 20 ans, technicien et pupitreur lumière présent depuis la création

Louis – 19 ans, responsable relations publiques / partenariat / étudiant en économie / depuis quelques mois dans l’orga à proprement parler mais sinon depuis le début en tant que bénévole

BNK c’est né quand et comment ?

Alexandre : Alors BNK c’est né il y a pile deux ans, c’est à dire le 23 mars 2016. On est quatre à l’origine du projet, nous sommes avant tout des consommateurs de musique électronique et on avait chacun l’envie d’entreprendre quelque chose dans ce milieu. À ce moment là Paris bougeait déjà pas mal niveau musique électronique, avec quelques collectifs qui naissaient afin de proposer une fête alternative pour répondre à une demande nouvelle et croissante de lieux un peu inédits, etc. On a été mis en contact par le biais de connaissances communes et à partir de là on a commencé à pas mal se voir et à brainstormer afin d’échanger nos idées et de structurer notre projet avant de le lancer. Puis quand on s’est senti prêts, même si nous étions très très (très) novices, on s’est dit « allez on y va » et c’est comme ça que l’aventure a commencé.

Bryan : À la fin du lycée, avec mon pote, on parlait beaucoup de notre envie de lancer un collectif sur Paris pour promouvoir l’EBM, la techno breaké et la synthpop. On avait beaucoup d’idées en tête et une grande envie de vouloir les réaliser. Ils nous fallait une bonne équipe pour ça. On savait qu’à deux ça allait être compliqué surtout au niveau de la com, c’est pas du tout mon domaine. Comme l’a dit Alex, on a été mis en contact avec le reste de l’équipe via des connaissances communes, une fois l’équipe au complet, tout c’est enchainé très vite.

Quand il est 4 h du matin et qu’on vous demande ce qu’est BNK, vous répondez quoi ?

Alexandre : BNK c’est un collectif d’organisation d’événements de musique électronique dans Paris et sa banlieue, prônant une nouvelle manière plus libre de faire la fête, et dont la vocation est de promouvoir la richesse culturelle de la France en matière de musique électronique. (la réponse est sujette à des modifs selon le contexte et le taux d’alcool dans le corps ahah, joke).

Bryan : J’ai pas l’habitude de répondre à cette question, à vrai dire je cours souvent un peu partout pendant l’événement ce qui ne me laisse aucun temps, mais à mon sens, BNK c’est un collectif qui essaye de promouvoir des sous genres de la techno, différents de l’indus/acidcore, il y en déjà beaucoup trop sur Paris, c’est dommage ! Essayer de faire découvrir l’EBM avec de la techno breaké et de la synthpop connue, comme pas connue d’ailleurs, ainsi que de permettre aux gens qui aiment déjà ces genres de venir profiter, petit à petit bien sûr, car je mélange encore de l’indus et de l’acid dans les programmations, pour pas exclure ce public qui reste majoritaire à mon sens. Sacha essaye aussi d’innover au maximum pour offrir des shows hors du commun!

Et quand il est 8 h du mat’ ?

Alexandre : BNK, c’est ça. (en imaginant qu’on me demande ça lors d’une de nos soirées)

Bryan : BNK c’est ce que vous venez de vivre !

Sacha : BNK c’est la famille

Vous vous souvenez bien de votre première BNK ?

Alexandre : Notre première fête, c’était le 20 mai 2016, ça paraît tellement lointain. Pour une première c’était plutôt assez réussi, le public semblait satisfait, c’est ce qui est le plus important. C’était dans une salle à La Villette avec Sinus O, Hemka, David Carretta etc… Niveau organisation c’était vraiment brouillon, on faisait tous les rôles de tout le monde mais au final c’est une soirée dont on se rappelle forcément parce que c’est la première, donc elle signifie quelque de fort. Personnellement je me rappelle surtout de la pression et de l’angoisse énorme que j’avais, une boule au ventre indescriptible, la peur qu’il y ait peu de monde, mais ça rendait le truc à la fois excitant !

Bryan : Ce dont je me souviens c’est que c’était une soirée géniale. Remplie d’imprévus bien sûr et avec beaucoup de défauts mais j’en garde un super souvenir, je me souviens du set de David, qui était génial, je suis un grand fan. Du set d’Éric aussi qui était ouf, malgré qu’il se soit fait couper les 20 dernières minutes par le proprio.

« Big up au comi chiotte qui s’est fait sucer dans les toilettes ! »

Sacha : C’était ma première soirée techno et j’ai bien kiffé même si on a super mal géré les bails (rires), j’ai un souvenir qui me revient : big up au comi chiotte qui s’est fait sucer dans les toilettes !

Louis : C’était l’une de mes première soirée techno, j’avais fait les entrées et je n’avais pas été trop efficace compte tenu du nombre de jolies filles qui passaient par ma file…

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Votre meilleure BNK jusqu’à aujourd’hui ?

Alexandre : Sans aucun doute la dernière qui a eu lieu le 31 mars. Selon moi la réussite d’une soirée ça passe par deux choses essentielles : la satisfaction du public évidemment, voir leur visage souriant, les voir repartir heureux, mais ça passe aussi par une bonne organisation, où les fournisseurs et prestataires sont correctement coordonnés entre eux, où la communication est bonne et efficace (au sein des différentes équipes en charge de la production de l’événement). Et ces deux éléments là on été réunis le 20 janvier.

Bryan : Franchement, je suis d’accord avec Alex, la dernière BNK c’était ouf ! Surtout au niveau de ma programmation, j’en suis super fier ! Encore merci à Cyrus qui m’aide dans la DA, surtout en apportant des bonnes idées. Et puis on avait beaucoup de live c’est toujours un casse tête avec les ingés mais un plaisir de ramener une prestation artistique autre qu’un dj set! Heureusement que Sacha a une très bonne équipe. On a jamais eu de problème à ce niveau là.

« Des gens vivant des vies diamétralement opposées viennent passer quelques heures ensemble en toute harmonie et en ressortent les étoiles pleins les yeux »

Sacha : BNK 2, un midi-minuit, le jour de la finale de l’Euro 2016 on avait d’ailleurs réussi à passer le match sur écran géant, bon même si on a perdu c’était magique. Y’avait un esprit familial, ça m’a marqué

Louis : La dernière, le 31 mars, aux Docks Eiffel. Le lieu était extraordinaire, il n’y a pas eu de gros problèmes, un film était en train d’être tourné. Les lumières étaient bluffantes et le public heureux.

Organiser des teufs, ça représente quoi ?

Alexandre : Nous voulons grâce à l’organisation d’évènements, promouvoir la musique électronique et participer à son rayonnement culturel en France avant tout. Cette musique historique a trop souvent fait l’objet de violentes répressions menées par les pouvoirs publics qui justifient leurs actes en soulignant les nuisances sonores et problèmes de drogues qu’elle génère. Nous voulons montrer qu’aujourd’hui ce milieu a évolué et qu’il s’est professionnalisé. Même si c’est moins prononcé que dans les années 90, il y a toujours une forme de revendication dans l’organisation de soirées techno. En fait on veut faire évoluer les mentalités et faire prendre conscience du potentiel incroyable de cette musique, tant d’un point de vue culturel que économique, pour qu’on soit enfin accompagnés et qu’on puisse se développer dans un cadre favorable.

Bryan : Organiser des événements, c’est permettre au gens de découvrir des shows visuels et auditifs hors du commun !

Louis : C’est tenir en haleine et intriguer des milliers de personnes avant l’événement, pour que le jour J, ils soient émerveillés et ne sachent pas où donner de la tête (et qu’il y ait du coup zéro problèmes sur place). C’est aussi de voir avec un regard extérieur tout le monde kiffer son moment ensemble, peu importe les questions d’âge, de milieux sociaux, d’objectifs pour la soirée ou quoi que ce soit d’autre. Des gens vivant des vies diamétralement opposées viennent passer quelques heures ensemble en toute harmonie et en ressortent les étoiles pleins les yeux.

C’est quoi le truc le plus jouissif dans le fait d’organiser une soirée ?

Alexandre : Avant la soirée, c’est de voir l’engouement autour de l’événement, ça crée de l’excitation, ça donne envie de se surpasser et de fournir des prestations encore meilleures au public. C’est pas mal de stress mais à force on finit par s’habituer. Après la soirée c’est le fait d’avoir fait kiffer notre public, d’avoir tous ces retours positifs, ces remerciements de personnes à qui on a véritablement fait vivre de belles émotions.

Bryan : Préparer et mener à terme toute l’artistique de l’événement.

Louis : Se rendre compte du “buzz” sur les réseaux sociaux en amont de l’évènement et la portée qu’il a sur tous les niveaux. Mais surtout se poser en milieu de soirée quelques minutes et observer tout le monde kiffer son moment.

Vincent : Avant l’événement, par exemple, lors de l’agencement et de l’installation complète du lieu, le fait d’être entouré de tes potes mais aussi d’inconnus qui veulent juste nous filer un coup de main, c’est vraiment top. Et dès que tu as du temps pour kiffer avec eux lors de la soirée, alors tu te libères de toute pression et ce sont alors des moments exceptionnels !

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Et le pire truc ?

Alexandre : L’événementiel est un milieu très sujet aux imprévus. Je parle surtout des imprévus pour lesquels aucune anticipation n’est possible et pour lesquels il faut être ultra réactif, comme l’annulation d’un artiste ou de son vol. Notre event de juillet 2017 était centré autour de Juan Atkins, notre tête d’affiche, et il avait dû annuler le mercredi pour raisons personnelles alors que l’event avait lieu deux jours plus tard. Heureusement on a réussi à obtenir Perc en remplacement en l’espace d’une demi-journée.

« Une horde de flics s’est invitée à notre troisième édition »

Sacha : Le démontage ahaha

Bryan : Je suis d’accord avec Sacha le démontage ahah…

Louis : Le pire truc serait pour moi, je pense, que l’événement ne prenne pas et qu’il n’y ait pas le buzz espéré autour. Je ne sais pas comment je réagirais (heureusement ce n’est pas arrivé), mais je pense qu’une certaine frénésie s’installerait ainsi qu’une stupeur liée au fait que tout le travail fourni en amont n’ait au final pas plu à notre public. Un peu comme une sorte de rejet.

Vous avez déjà eu des fails avec BNK ?

Alexandre : Ahah oui des fails on en a eus… Ils étaient surtout liés à notre amateurisme. Une horde de flics s’est invitée à notre troisième édition, c’était un gros coup dur, mais malgré nos ratés on a jamais baissé les bras, parce qu’on était animés par une passion commune qu’est la musique électronique. Et finalement en y réfléchissant ces fails nous ont aidé d’un côté. Il faut les voir positivement, selon moi c’est vraiment en faisant des erreurs qu’on apprend le plus (sourire)

Bryan : ahah oui, on a vécu deux annulations pour la BNK #3 et la Purge #1 avec l’équipe de Order. On en rigole maintenant mais on en a bien bavé à l’époque…

Le public de la BNK il ressemble à quoi ?

Alexandre : Le public techno est de manière générale un public assez jeune, même souvent très jeune. En même temps la techno s’est tellement démocratisée sur Paris et sa banlieue grâce notamment à une offre extrêmement importante que c’est presque ces soirées-là qui viennent à eux. Nous ce qu’on souhaite c’est avoir un public très diversifié, à la fois jeune et moins jeune, venant d’horizons différents, d’autres villes, même de pays. Parce que la techno c’est ça au final, c’est fédérer et unir autour d’intérêts et de valeurs communs, peu importe qui tu es et d’où tu viens. Et je pense qu’on a de plus en plus un public comme celui que je décris, grâce en partie à nos line-ups de plus en plus éclectiques.

Bryan : Notre public est super varié. Je remarque qu’il y a beaucoup de jeunes à nos soirées.

Sacha : le public ne se décrit pas mais je l’aime beaucoup

Louis : Comme je le disais un peu plus haut, ce qui fait le charme, pour moi, de notre public est sa pluralité, sa diversité, on voit de tout : du couple de 40 ans cadre habitué des événements techno au lycéen tout juste majeur qui sort après minuit pour la première fois, en passant par le public dans sa vingtaine qui sort pour couper les ponts avec les études ou le travail pour quelques heures. Mais cet ensemble a un charme et est un perpétuel casse-tête chinois pour la communication : comment atteindre tous ces individus et les inciter à venir sans désintéresser un ou autre groupe ?

Vincent : Des gens comme toi et moi, qui veulent juste faire une coupure avec leur quotidien !

Qu’est ce qu’on attend d’un public d’ailleurs quand on fait une soirée ?

Alexandre : Ce qu’on souhaite c’est que le public s’amuse et fasse la fête et de manière responsable, que les gens soient respectueux envers les autres. Et surtout souriez, soyez heureux ! (sourire)

Bryan : Un public respectueux, responsable, et sans barrières, sans préjugé et bien sûr heureux mais bon on est à Paris, je crois que c’est trop demandé!

Louis : Un public content d’être là, qui comprend les enjeux de la soirée, et veille à son prochain. Un public qui souhaite que ce genre d’événements soit toujours possible et fait tout pour que ce soit le cas. Un public qui va passer un moment inoubliable et qui va le faire savoir.

Sacha : Un grand merci après l’événement

Le DJ que vous rêveriez d’inviter mais ça va être chaud ?

Alexandre : Perso j’aimerais bien voir Slam à une de nos soirées, j’en ai d’autres en tête mais je laisse la parole à notre programmateur pour cette question !

Bryan : Une question dure car j’en ai tellement en tête. Dernièrement un pote m’a transmis son fanatisme pour Aphex Twin, mais vu son prix, je vais encore attendre un peu avant de m’engager dans un booking pareil !

On y boit quoi à la BNK ?

Alexandre : WHISKYYYY, oui j’aime beaucoup cette boisson. Plus sérieusement, on propose de la bière en demi et en pinte, les classiques hard vodka, whisky, de l’energy drink, et de l’eau minérale prélevée directement à la source ahah !

Bryan : C’est pas encore le cas mais bientôt du Club Mate avec du Jägermeister !

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Louis : Beaucoup beaucoup d’eau et du Sprite !

Sacha : La question est : « Qu’est ce qu’on ne boit pas à la BNK ? »

Sans transition, votre track préféré à écouter en after c’est quoi ?

Alexandre : J’aime bien écouter de la house / tech-house en after, le dernier que j’ai fait c’était beaucoup de sons d’Elrow comme George Privatti, Eddy M. – Basile (Original Mix)

Bryan : An-i – Gutz ou encore Black Merlin – Burn It

Sacha : Booba – Tallac (je suis pas très techno ahah)

Pourquoi on va en after d’ailleurs ?

Alexandre : On y va pas tous pour les mêmes raisons, certains et même beaucoup y vont pour continuer à se la coller le plus possible. Je fais plus beaucoup d’afters, les seuls que je fais sont chez moi avec mes meilleurs potes, on en fait surtout après une grosse et bonne soirée, il faut que ça reste très occasionnel et quand on en fait c’est surtout pour terminer tranquillement entre potes, en comité réduit, idéalement avec du soleil comme c’était le cas après Lunar.

Bryan : Pour continuer à faire la fête tout simplement ahah.

Sacha : Si j’y vais c’est qu’il fait très beau dehors

Louis : Je rejoins Sacha et Alexandre, on y va quand il fait beau, quand on a pas cours ou partiel juste après, quad on a pas envie de rentrer tout de suite chez soi car il est encore trop tôt. Ou si tout ça n’est pas applicable, parce qu’on veut être avec quelqu’un qui y va.

Pourquoi on fait (beaucoup) la fête ?

Alexandre : La fête c’est un peu un moyen de couper de son quotidien, parfois et même souvent stressant, surtout quand on habite dans une grande ville comme Paris. Ça permet de réunir les gens et c’est propice aux rencontres, ça procure de belles émotions et de beaux souvenirs. La fête c’est essentiel, préservons là  ! (sourire)

Bryan : Pour diverses raisons… Je pense. À vrai dire je me pose pas vraiment la question. Ça doit être sûrement pour profiter avec un groupe d’ami dans un cadre optimal et en garder des bons souvenirs.

« Un mec totalement déchiré m’a demandé d’uriner sur lui. »

Louis : La fête permet de rencontrer de nouvelles personnes qu’on ne verrait peut-être pas en temps normal au travail ou en cours, ou alors ça permet de redécouvrir quelqu’un qu’on connait déjà mais seulement dans un cadre officiel et carré. C’est l’occasion de s’oublier, d’oublier le regard des autres aussi bien littéralement, car il fait noir, qu’au sens figuré parce qu’on ne réfléchit pas au sens de la vie. C’est la cour de récréation !

Pourquoi autant de techno partout depuis deux ans à Paris et surtout en banlieue ?

Alexandre : Le mouvement est né il y a plus de deux ans, lorsque des collectifs comme la Draft ont commencé à organiser des événements hors clubs. Je pense d’un côté que les gens ont aimé ce concept de fête alternative : plus de place pour danser, des boissons moins chères et pas de dresscode imposé. Petit à petit un engouement s’est crée autour de ça et c’est là qu’on a vu de plus en plus de collectifs naître. Ce qui est bien avec ces soirées alternatives que l’on voit éclore partout dans Paris et en banlieue c’est le fait que chacune est unique. Les gens accrochent et en redemandent, et de manière logique l’offre augmente elle aussi afin de satisfaire une demande toujours croissante. Beaucoup ont compris à quel point le marché est juteux et se lancent eux aussi dans l’aventure, et avec cette tendance portée par la musique industrielle c’est encore plus facile de se lancer parce qu’elle nécessite moins de financement. Le problème, ce que je déplore, c’est que ça engendre des soirées parfois beaucoup moins qualitatives, dont la démarche créative est pas ou peu présente…

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Bryan : C’est vrai qu’il y a un pique de collectif techno en ce moment !

Louis : Je pense que c’est une alternative aux boîtes de nuit commerciales, traditionnelles où personne n’est garanti d’entrer, où les apparences, les connections et l’argent ont un rôle décisionnaire. Le mouvement de la techno s’y oppose dans la mesure où peu importe ton apparence, ton porte-feuille ou tes connaissances, tu pourras entrer. Et une fois à l’intérieur, personne ne juge, le public n’est pas là pour se séduire, le public est là pour l’artiste, pour les lights par opposition aux boîtes commerciales où le regard de l’autre sexe et la séduction sont très présents. Je pense que la techno connait cet essor grâce à un ras-le-bol collectif et anti-conformiste d’individus de toutes les classes sociales.

Le truc le plus WTF qui vous soit arrivé en soirée ?

Alexandre : Lors d’un festival je sais plus lequel, ma carte de recharge boissons avait été crédité en illimité ahaha. C’était énorme J’ai rincé tout le monde ce soir là.

Bryan : C’était en after, ma première Peripate, j’étais parti voir un pote qui y jouait, un mec totalement déchiré m’a demandé d’uriner sur lui. Depuis j’en ai revu dans le même genre, mais la première fois je m’en souviendrai c’était marrant !

Louis : Lors d’une soirée l’été dernier où j’ai été abordé une dizaine de fois par différentes personnes me disant qu’ils me reconnaissaient d’un film ou d’une pub et en me demandant duquel il s’agissait. Ils étaient tous persuadés que je leur mentais en leur disant que je n’étais dans rien.

Le truc le plus WTF qui soit arrivé à une soirée BNK ?

Bryan : Pour la BNK #4, on a retrouvé des dessins sur les murs des toilettes faits à base de merde… Je me demande l’état du mec.

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Louis : À la dernière, le 31 mars, un mec qui voulait me payer son entrée sur place avec des billets du jeu de société “la bonne paie”, et ne comprenait pas pourquoi je ne les acceptais pas. Je suis encore aujourd’hui perplexe.

Sacha : J’ai croisé un mec qui mangeait des nouilles dans un thermos, ça m’a fait bien rire

Un ou des collectifs dont vous vous sentez proches avec BNK ?

Alexandre : Fée Croquer (sourire)

Sacha : Ils se reconnaîtront (wink wink)

D’autres projets parallèles ?

Alexandre : Pour nos deux ans, on compte vraiment pas faire les choses dans la demi-mesure. On a d’autres projets assez considérables mais vous en saurez pas plus !

Bryan : Je vais lancer officiellement d’ici peu Leiden, une agence de prod, de management et de booking, j’y bosse depuis un moment avec les gars de l’équipe histoire de faire un lancement complet. Vous trouverez dans l’agence de booking des têtes de l’ebm, de techno breaké et synthpop bien connu et pas mal de nouveaux artistes géniaux. On a déjà beaucoup de partenariats avec des clubs hors de la France pour le lancement, restez informé ça arrive en septembre et pas que sur Paris !

Louis : Finir mes études est ma priorité mais je suis aussi en plein dans le lancement de mon entreprise de personal shopper. J’ai des clients un peu partout dans le monde et je leur vends des produits non commercialisés en magasin par les marques les fabriquant.