Les Nuits Sauvages

Pourquoi faut-il faire table rase du passé ce vendredi 6 mars à la FUTUR.E ? – Heeboo

Pourquoi faut-il faire table rase du passé ce vendredi 6 mars à la FUTUR.E ?

Mars 4, 2020

La Folie inaugure sa nouvelle résidence : FUTUR.E, et te propose d’accomplir un grand pas en direction de l’avenir. Pour réaliser ce saut dans le temps, la soirée t’invite à une projection exclusive en France (Beyond ‘There’s Always A Black Issue, Dear’ de Claire Lawrie), suivie de trois djs sets (Pepiita qui nous vient de Paris, et Diamin et Lakuti, qui nous viennent de loin). Soyez à l’heure, la machine décolle ce 6 mars à 21h.

« La futur.e sera un cercle. » Entends-tu ? Exit les carrés, lignes droites, et autre conscriptions binaires. Afin de mettre à bien ce projet, À la folie se dote d’une love-room, refuge de toutes les effluves le temps d’un soir, et débinarise ses toilettes, dans un mélange des genres plus que bienvenu. Pour vous motiver à venir -et y revenir-, trois des instigatrices de cette sauterie sont venues nous parler de ce nouveau projet, des étoiles pleins les yeux. On ouvre grand son plexus solaire, et on les écoute.

Vous voulez bien vous présenter un petit peu ? (:

Audrey : Audrey, programmatrice de A la Folie Paris / Pepiita : résidente sur les soirées futur.e et Dj sur les soirées des copin.e.s 

Megane : Je m’appelle Megane, je suis publiciste et host de FUTUR.E, j’aime le féminisme, la cuisine italienne, les baignoires et la culture queer. 

Vovotte : Vovotte, host des soirées FUTUR.E. Photographe de soirées et co-fondatrice de Faire Mauvais Genre, un objet radio qui a pour but d’exposer divers artistes et collectifs queer dans les 4 coins du monde en créant des plateformes sur plusieurs supports : Interview sur StationStation (Paris), série de podcast sur Radio Quantica (Lisbonne), fanzine sur la nuit queer (distribués à Berlin et NYC…).

FUTUR.E pour vous c’est arrivé comment, quand, pourquoi ? C’est la première édition de cette soirée c’est bien ça ? Vous avez quoi comme attentes ? 

Audrey :  C’est une suite logique dans la programmation, ça tombe un peu sous le sens ! Futur.e… Nous avions avec Meg essayé de monter un format un peu similaire : Pendora sans vraiment  arriver à nos fins. On est repartis à zéro avec une dynamique nouvelle et une vision plus inclusive du projet, d’autres personnalités comme les hosts se sont ajoutées dans la team ainsi  qu’une photographe de talent : Bettina, et un graphiste de génie : Stéphane et TADAAAAAAA Futur.e est née ! La première a lieu le 6 mars oui ! L’attente principale est forcément que les personnes qui viennent pour le documentaire de Claire Lawrie ou pour la soirée se sentent bien, qu’iels passent un bon moment, qu’iels captent l’envie de faire cette soirée et qu’iels veulent revenir avec leurs énergies sur la prochaine édition ! 

Megane : On espère proposer un espace safe, un espace libre, un espace de créativité pour tous.tes. 

Vovotte :  FUTUR.E, pour moi, est un reboot de Pendora, projet initié par Audrey et Mégane, c’est la petite soeur rebelle de Mustang. Je n’ai pas d’attentes que des envies de la voir grandir…

Pourquoi vous avez choisi FUTUR.E comme nouvelle résidence à la folie ? 

Audrey :  c’est HOMEMADE comme on dit 

Vovotte : FUTUR.E c’est la folie

Pourquoi ce nom d’ailleurs ? C’est venu comment ?

Audrey : C’est venu de Rémy, et en discutant avec lui on s’est dit que c’était bien d’ajouter le “.E” ! D’affirmer l’inclusivité de la soirée dans son titre ! C’est aussi un petit clin d’oeil au slogan féministe : Futur is female !

Megane : Parce que on peut tout y créer, tout construire, se défaire des traditions, du déjà vu (et de l’hétéro-patriarcat). 

Vovotte : Quand Rémy et Audrey m’ont parlé de ce nom, j’y ai vu une référence incontestable à Futur is Female et évidemment l’idée de penser les soirées autrement. FUTUR.E c’est demain.

Pourquoi c’est important pour vous d’avoir une line-up 100% féminine ?

Audrey :  Qui vous a dit ça ?! 

Megane : C’est surtout un line up incroyable, avec des DJs de talent. 

Vovotte : c’est avant tout un line-up inclusif, curieux et engagé avant d’être féminin.

C’est quoi l’univers musical de FUTUR.E ? C’est quoi le track qui ne vous quitte jamais ? 

Audrey : Futur.e c’est surtout des coups d’amour des coups de soleil ! Mon track du moment ou mon track pour futur.e ? Je te donne les deux. Track du moment : bien drama disco comme j’aime bien, Got to be de BEN NORMAN avec plein de break et des violons en feu. Pour info c’est sur l’EP de I-Robots – Turin Dancefloor Express Present: Svengile 1977 – 2017 (40th Year Anniversary), qui est à écouter aussi. Track Futur.e :  C’est plutôt un mix qu’un track en fait… Celui de Carista au festival Dekmantel l’été dernier. J’y étais et c’était  WOW ! On y retrouve de la house mais aussi de la world et en même temps ça cogne et c’est chic…C’est un peu le spirit de futur.e ce mix oui !

Megane : L’univers de Futur.e va se dessiner, le 06 mars, vous aurez une idée. 

Vovotte : Mes tracks du moment sont les derniers Smagghe & Cross et Sully… Ou encore l’album de SDH (semiotics department of heteronyms) qui ne me quitte pas depuis 18 mois. À mon sens, l’univers musical de FUTUR.E ne peut se résumer à une sélection de track pour le moment, mais si je peux vous donner un tips, je vous dirais d’aller écouter la résidence de Josey Rebelle tous les dimanches soirs sur Rinse. 

La love-room, c’est un euphémisme ? 

Audrey : Si tu insinues que A la Folie est une love room déjà, ça me va ! Go pour l’euphémisme !

Megane : Love euphemism

Vovotte : C’est le public qui le dira, en tout cas, c’est la love addiction pour le line-up.

C’est quoi votre expérience de teuf à chacun ? Votre façon de voir la teuf ?

Audrey : Oulalala ! J’espère que tu as du temps. Plus sérieusement la nuit a toujours été proche des mes jours, puisque j’en ai fait mon métier. C’est un jet lag permanent. Plus jeune, je pouvais faire plusieurs soirées parce que je voulais écouter trois ou quatre djs le même soir. Aujourd’hui cela serait impossible, les propositions de soirées sont beaucoup trop dense pour suivre le rythme. Etant “un peu plus sage” en 2020 je privilégie les soirées des mes ami.e.s orga que je veux soutenir et les nuits de la communauté LGBTQ++

Megane : C’est un espace d’expérience, ou on tombe amoureux, d’un son, d’un dj, d’un nouvel ami, d’un.e inconnu.e, d’un lieu, d’un moment. 

Vovotte : Je n’ai pas d’expérience à proprement parler de la teuf, mais de la nuit. Ces dernières années, j’ai la chance de pouvoir voyager et d’expérimenter cette notion de nuit dans différents endroits/pays et j’en viens toujours au constat que ce n’est ni une question de lieu (warehouse vs club) ou de musique (house vs techno) mais d’esprit d’ouverture, de bienveillance de la part des organisateurs et la réception et le respect des autres de la part du public.

Vous me raconteriez votre pire ou plus beau souvenir de teuf ?

Audrey : Le plus beau est un souvenir non stop de trois jours/nuits au Whole Festival l’année dernière, le pire serait sans doute ( et encore je l’aime bien ce souvenir ) une fête dans les vignes dans le Médoc en Free Party où je me suis perdue.

Megane : Un de mes plus beaux souvenirs, c’est un lever de soleil en Italie avec un set techno démoniaque de Phase Fatale.

Vovotte : Mon pire souvenir, je n’en ai pas. Je préfère effacer de ma mémoire les mauvaises expériences… Pour ce qui est du plus beau souvenir, c’est difficile à dire, j’en ai beaucoup trop. Si je dois en citer un, ce serait le closing de C.C.L (4h à 9h) au festival Honcho Campout, un festival queer en plein air qui a lieu chaque année en Pennsylvanie durant 4 jours au mois d’août. C’est l’été, nous sommes dans un sanctuaire au beau milieu de la Pennsylvanie, Il est 9h du matin sur le stage THE WAY INN géré par le collectif In training, C.C.L est aux platines depuis des heures à nous offrir une sélection tout aussi surprenante que sensible, elle passe du UK broken beat à de la pop 80’s planante (pour le plus grand plaisir des 30 freaks qui l’acclament à chaque morceau). Je n’ai jamais vraiment vu quelque chose d’aussi émouvant que ce moment où chaque personne sur la piste de danse a fondu en larmes à 9 heures du matin quand C.C.L  a passé le dernier morceau, Godsend de Beat Happening. C’était assez magique. Ce moment reste pour moi le plus émotif, vulnérable et déchirant de tous les souvenirs que j’ai pu voir en soirées/festivals.

Votre coup de coeur musical de ce line-up ?

Audrey : Aaaaaah ca va être compliqué d’être objective ! Lakuti c’est la maestra de la house qu’on adore depuis si longtemps et Diamin c’est vraiment un coup de coeur de l’année ! 

Vovotte : Définitivement Diamin pour son côté digger de l’extrême avec des racines dans la house et la techno mais aussi des choix plus proches de la Synth Pop, néo-ambient voir Krautrock ou même new beat… 

Megane : Lakuti (coeur)

C’est quoi l’heure que vous préférez pendant une soirée, celle que vous savourez le plus, et pourquoi ?

Audrey : Toujours avant 3h ! 

Megane : 1H52. 

Vovotte : Le fameux minuit – 3 h. J’adore les openings, ce moment précis où le club vient d’ouvrir,  j’ai des images de mélange d’odeurs, de néons de tous ces endroits. Le plaisir de découvrir les premiers ravers encore timides, les sélections méthodiques des djs pour construire l’ambiance de la soirée…

C’est qui l’artiste qu’on rêverait d’inviter à une soirée mais on y croit pas trop ?

Audrey : Patrick Cowley mais malheureusement il est plus avec nous depuis longtemps…

Vovotte : Dj Sextoy qui nous a quitté il y a si longtemps mais qui pour moi représente la volonté d’être soi et de prôner son indépendance, pour la diversité de ces choix musicaux et pour plein d’autres choses…

C’est quoi le rêve de FUTUR.E, à plus grande échelle ?

Audrey : Laisse nous faire une saison déjà (clin d’oeil)

Megane : Devenir plus qu’international, je dirai intersidéral. 

Vovotte : LA FUTUR.E est debout et en mouvement, elle EXISTE, le rêve c’est déjà ça…  

Axel Zacharie

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