Biberonnés à la techno berlinoise et aux interminables week-ends au Berghain, Mélissa et Nicolas ont crée Myst afin d’insuffler cet esprit libertaire et sauvage à la fête parisienne tout en y greffant leur grain de folie personnelle. Rodé à l’organisation de soirées, ce duo que rien ne sépare met un point d’honneur à privilégier la qualité plutôt que la quantité des événements. 

Samedi 26 mai, pour leur troisième événement en un an, ils s’associent à la Angst pour une soirée placée sous le thème de la “Mascarade Endiablée”. Ils vous attendent masqués et tout de rouge vêtus. Un minuit – 10h qui va rester dans les annales. En attendant, ils ont accepté de nous éclairer sur leur mystérieux collectif.

55.1

Alexandre Desmidt

Déclinez donc votre identité 

Mélissa : Mélissa, 25 ans, chef de projet dans l’événementiel, créatrice de l’association Myst avec Nicolas, 26 ans, maître d’hôtel.

Myst c’est né quand et comment ? 

Mélissa : Myst est né il y a un peu plus d’un an, avec Nicolas on voulait créer un collectif qui nous ressemble et dans lequel on pouvait casser les codes. Ça faisait plusieurs années qu’on organisait des événements en warehouse, mais il nous semblait important de sortir du schéma basique : une salle, un event, des artistes. On avait envie de faire voyager les gens avec notre soirée et désacraliser la place du DJ. 

Pourquoi ce nom là d’ailleurs, Myst ?

Nicolas : Myst est dérivé de mist en anglais (qui signifie le brouillard, la brume).

Quand il est 4 h du matin et qu’on vous demande ce qu’est Myst, vous répondez quoi ?

Mélissa : Imaginaire déluré où l’évasion et le fantasme dominent la réalité.

Nicolas : Une soirée hétéroclite où tout le monde se mélange et se côtoie à merveille.

Et quand il est 8 h du mat’ ?

Mélissa : Tout pareil à quelques mots prêts ^^

Nicolas : Tout pareil avec quelques corps dénudés en plus héhé

 “Ils ont encerclé le public en mode débarquement de flics, c’était assez fou.”

La première soirée Myst c’était quand, c’était quoi, vous vous rappelez de quoi chacun ?

Nicolas : Le prologue de nos événements a eu lieu le 24 mai 2017 à Nanterre. Le meilleur moment de la soirée est sans hésiter le dj set de 3h de Boris (résident du Berghain) avec la lumière du jour qui se levait et qui passait à travers les fenêtres, c’était incroyable.

Votre meilleure Myst jusqu’à présent, c’était laquelle et pourquoi ?

Mélissa : Je pense que la deuxième était plus aboutie, surtout au niveau du show, on avait bossé pendant un mois sur un défilé full cuir. Le jour de l’événement on a fait débarquer 25 mannequins à 3h du mat, sans prévenir personne. Ils ont encerclé le public en mode débarquement de flics, c’était assez fou.

Nicolas : Musicalement, le chapitre II était sympa, on retiendra le set de 3h de Freddy K qui a littéralement rendu fou tout notre public.

Organiser des teufs pour vous, ça représente quoi ?

Mélissa : Faire passer notre vison de la fête et notre passion pour la musique.

Nicolas : Faire voyager son public le temps d’une soirée.

Et le pire truc ?

Mélissa : Se lever tôt le jour de l’event pour le montage. Je ne suis pas vraiment une  personne matinale on va dire…

Nicolas : Les imprévus de dernière minute comme un changement de salle.

Vous avez déjà eu des fails avec Myst, vous vous en souvenez ?

Mélissa : Pour le chapitre II, on a perdu la salle trois jours avant la soirée… Sympa ! Du coup on a dû trouver une warehouse au dernier moment. Au final ce n’était pas plus mal, le lieu qu’on a trouvé était assez incroyable. Mais bon on a été quelque peu stressé par tout ça… 

“Le public c’est le coeur de la soirée, c’est lui qui fait une grande partie du travail !”

Le public de la Myst il ressemble à quoi ?

Mélissa : Extravaguant, free, sans complexe, “good vibes”, hétéro friendly, on attend surtout qu’il soit réceptif à la proposition que nous lui faisons. 

Qu’est ce qu’on attend d’un public d’ailleurs quand on fait une soirée ?

Mélissa : Qu’il soit réceptif à notre événement et à l’univers qu’on a voulu créé. Que les gens se respectent les uns les autres surtout. C’est pour ça qu’on interdit les photos pendant l’événement, afin que tout le monde puisse se balader à poil s’il en a envie, sans se faire afficher sur les réseaux sociaux.

Nicolas : On attend qu’il soit transporté et qu’il se lâche. Le public c’est le coeur de la soirée, c’est lui qui fait une grande partie du travail ! Le tout, bien évidemment dans le respect du lieu, des autres etc.

Le DJ que vous rêveriez d’inviter mais ça va être chaud (et il faut continuer d’espérer) ?

Mélissa : Perso ça serait Blawan, mais il n’est pas trop dans notre budget pour le moment ahah.

Nicolas : Jai toujours rêvé de booker Jeff Mills, un jour viendra j’espère 🙂

On y boit quoi à la Myst ?

Mélissa : Beaucoup d’eau, il fait très très caliente chez nous.

Nicolas : De la bière, des litres, la soirée est longue et chaude, il faut s’hydrater !

7

Alexandre Desmidt

Sans transition, votre track préféré à écouter en after c’est quoi ?

Mélissa : Dj Arne L. II – R.I.P ou quand l’after s’endort : Mylo vs. miami sound machine – doctor pressure.

Nicolas : The Horrorist – Mission Ecstasy (2003 Phuture Remix)

Pourquoi on va en after d’ailleurs ?

Mélissa : Pour profiter des gens au delà du cadre de la soirée, en profiter pour discuter et apprendre à mieux se connaitre. Quand t’es la tête dans les enceintes, difficile de communiquer !

Nicolas : Parce que la soirée était si folle qu’elle nous a donné envie de ne pas s’arrêter ! Une volonté de retarder encore un peu le retour à la réalité !

Pourquoi on fait (beaucoup) la fête ?

Mélissa : Pour s’évader principalement, voir ses potes et découvrir de nouveaux artistes.

Nicolas : Parce que ça permet de tenir le reste du temps. La fête c’est comme un échappatoire qui permet aussi de mieux se trouver. C’est une expérience qui nous apprend beaucoup sur nous et sur les autres. Ce n’est pas que futile. La fête la plus déglingue peut aussi être super sérieuse d’une certaine manière.

Pourquoi autant de techno partout depuis deux ans à Paris et surtout en banlieue ?

Mélissa : A mon avis ça fait déjà 4/5 ans que Paris a vu sa scène électronique se réveiller. Je pense que les clubs tels que la Concrete ou le Rex y ont été pour beaucoup, notamment avec leur programmation toujours plus éclectique. 

Après les gens ont surtout voulu sortir des clubs qui les étouffaient et sont partis en banlieue. De nombreux collectifs ont permis cette évasion et ont montré toute l’intensité que pouvait avoir un événement. Avec des lieux toujours plus fous, une politique plus libérale, des horaires décomplexés…  Bref en essayant de casser “les dictâtes des clubs” qu’on nous imposait depuis quelques années.

Nicolas : Je ne saurais pas expliquer l’engouement généralisé autour de la techno. Peut être qu’il concerne d’ailleurs plus la culture techno libertaire que la musique en elle même. Et cela expliquerait pourquoi la banlieue est plus sollicitée : car elle permet des espaces plus grands, plus libres. Mais la techno vit d’ailleurs aussi intra muros, de plus en plus d’ailleurs et c’est pas pour nous déplaire !

54

Alexandre Desmidt

Le truc le plus WTF qui vous soit arrivé en soirée ?

Mélissa : Me faire vomir dessus lors d’un festival où je n’avais nul part où dormir. On a dû me laver les cheveux sur un parking d’autoroute… J’ai adoré. Bon la fille m’a quand même donné tous ces Token par la suite pour s’excuser C’est déjà ça !

Nicolas : Joker pour des raisons de pudeur !

Le truc le plus mystique qui soit arrivé à une soirée Myst  ?

Mélissa : L’osmose qui s’est créé en septembre dernier sur le Mystfloor. Les gens sont devenus fous, on aurait dit un rassemblement de démons en furies, c’était incroyable à voir.

Nicolas : Joker pour des raisons légales !

Un ou des collectifs / soirées dont vous vous sentez proches avec Myst ?

Mélissa : On aime bien tout le monde sans vouloir faire les s*#&!r. Après on est particulièrement proche des organisateurs de Champ Libre, avec qui nous sommes potes depuis plusieurs années.

Nicolas : Clairement la Angst de Spleen Factory, mais je suppose que tout le monde l’a bien compris ! Mais aussi : X X X X X.

3 mots pour définir l’esprit de Myst ? 

Mélissa : Décomplexé, Caliente, Extravagant.

Nicolas : Libre, indécente, insolente. 

“On n’a plus rien a envier à nos voisins germaniques.” 

Peut-on avoir l’espoir de danser à des Myst plus souvent ? 

Mélissa : On aimerait bien au moins une fois tous les deux mois ça serait parfait, après il faut trouver des lieux adéquats aux événements, c’est ça le plus compliqué.

Nicolas : La folie rageuse de la Myst tient aussi de la frustration issue de la rareté des events ! Ce qui est rare est d’autant plus précieux !

Et d’y danser tout nu ? 

Mélissa : Ah ça quand vous voulez ! Venez comme vous êtes, et surtout tout nu 😉

Nicolas : Danser tout nu n’a jamais été un problème ! Aussi souvent qu’il y aura des Myst il y aura de la danse nue, n’ayez crainte !

On en pense quoi du mythe Berlin / Berghain et tout ce que ça engendre comme influence/copie ? 

Mélissa : Ça fait déjà des années que le mythe Berlin / Berghain influence la scène électronique. Après, pour avoir habité à Berlin quelques années, je trouve que Paris a su créer sa propre ambiance, et ses propres événements. On n’a plus rien a envier à nos voisins germaniques.

Nicolas : Il nous a tous influencé et stimulé pour créer nos propres soirées, c’est évident. Mais il devient tant mainstream que ça peut devenir corsetant et appauvrir les propositions des différents collectifs. On garde tous en tête nos expériences berlinoises, elles font partie de nous, mais nous tentons aussi de faire des propositions de soirées personnelles. 

 D’autres projets parallèles (avec Myst ou chacun de votre côté) ?

Mélissa : Pour l’instant on se concentre sur la MYST. On a pas mal de collaborations qui s’offrent à nous un peu partout en France. On revient de Brest, on vient de nous inviter à Nantes, Rennes… Et bientôt même Copenhague. Je ne vous en dis pas plus, mais la Myst risque de voyager dans l’année à suivre.