« La fête sera toujours un acte politique ». Même si Waldman reste un mec lucide, une seule chose compte pour lui : vivre le moment présent à fond. Waldman c’est ce grand gosse super généreux qui distribue ses pépites au dancefloor tel Roberto Carlos à Zidane en Ligue des Champions. De passements de jambes en passements de jambes, il perce dans le monde de la musique et de la nuit.

Patron du nouveau label LIEF Records, résident chez Rinse France et membre du collectif Qui Embrouille Qui avec AZF, Waldman commence à faire beaucoup de bruit partout dans la capitale. Originaire du XIXème, c’est là qu’il organise demain la seconde soirée de son label, la LIEF Night, dans un lieu « atypique, libre et sans complexe ». Ça promet d’être une très très bonne teuf. En attendant, on échange quelques mots avec l’artiste.

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Waldman, ta première fête tu t’en souviens ?

Mes premières fêtes étaient, comme la plupart des gens, en famille : mariages ou évènements religieux type bar mitzvah.
Ma première expérience club, quant à elle, c’était une soirée pour mineur au Red Light réservée aux 16-18 ans. Mais à l’époque je navais encore que 13 ans. 
J’y suis allé car un grand” du Paris FC avait l’âge et mavait dit quil pouvait me faire rentrer.  Une fois arrivé à l’entrée, les vigiles ne veulent malheureusement rien savoir et ne me laissent pas rentrer (à l’époque faut savoir que je faisais vraiment petit, la puberté ne pointait qu’à peine le bout de son nez). Mais heureusement pour moi j’ai réussi à me faufiler sans que les vigiles ne me voient ! Arrivé à l’intérieur jai vite déchanté : la différence d’âge était vraiment trop grande et l’ambiance était un peu trop jeunesse dorée”

C’est quoi le truc qui a rendu cette soirée inoubliable ?

Le passement de jambes aux vigiles !

Tu écoutais quoi comme type de musique à l’époque ?

J’écoutais déjà un peu de tout… mais surtout du Rap US style Mos Def ou Kanye West dont j’ai vraiment rincé les deux premiers albums. Pas mal de rap plus ancien aussi, style LL Cool J , Dr. Dre, NWA… (merci à mon cousin Benjamin pour cette partie là) et avec mes potes pas mal de Rap français style Mafia K’1 Fry,  Kery James, 113, Doc Gyneco… Toujours pas mal de funk grâce à mon père, avec Jackson, James Brown, Otis Redding. À l’époque j’écoutais quasiment pas de musique électronique, mon oncle m’y a introduit, en me faisant écouter des trucs comme Boards of Canada. 

Tu as changé ta manière d’écouter de la musique aujourd’hui que tu la joues ?

Forcément, mais ça n’a pas changé mes goûts musicaux. L’écoute est plus fine, j’essaye de visualiser comment l’artiste l’a montée, ce qu’il utilise, comment il crée une atmosphère. 

Ton premier dj-set, tu t’en souviens bien ?

Au Café de la Presse, pour une BASE … ils m’avaient mis dans la salle secrète : une toute petite salle, bondée, enfumée et où il faisait 50°C. C’était très cool, pas mal de potes étaient là et ils étaient bouillants . 

« Kiffer, le temps d’une nuit, parfois plus, beaucoup plus …« 

Comment t’avais choisi ton blaz ?

J’ai galéré à trouver un nom qui sonnait bien… et j’ai décidé de rendre hommage au nom de famille de ma mère, en prenant son nom comme nom de scène. La famille, c’est important !

Le truc super important qui a changé entre toi à l’époque et toi maintenant ?

La creation de mon label, Lief Records, et les rencontres que j’ai pu faire grâce à tout ça …

Aujourd’hui, tu te sens comment, juste avant un set ? 

Toujours un peu de stress, plus ou moins selon les dates. Mais cela crée aussi une adrénaline cool qui se propage pendant le set !

C’est quoi le truc qui te rend le plus heureux quand tu joues ?

Voir les gens déchaînés, emportés par la musique… et se dire que c’est un peu grâce à toi. Et puis, quand je vois mes potes super chauds sur le dancefloor, y’a rien qui me fasse plus kiffer !

À quel moment t’as décidé de créer ton label ? Tu peux m’en dire quelques mots ? 

La décision de créer un label, c’était l’année dernière : je voulais pouvoir sortir mes productions, celles des mes potes et des artistes qui me touchent. L’idée d’organiser des soirées dans un esprit de liberté, de proximité et de convivialité me chauffait pas mal aussi.
Pour le nom j’ai fait un mix entre mon prénom et mon nom de famille, c’est l’anagramme de LIFE, et ca veut aussi dire a couru en allemand, en hommage à mes années footballistiques ! 
Quant à l’avenir, j’ai quelques idées. Mais je préfère ne pas trop m’avancer et vivre le moment présent à fond !

Y’a des inconvénients dans le fait de jouer de la musique ?

Franchement, j’en vois pas trop. Bon après, quand tu dois jouer à 9 h du mat’, faut avouer que ça pique. Et puis les oreilles après un set sur des retours un peu trop fort… mais bon, ça fait partie du métier, non ?

Tu te souviens de ton fail le plus mémorable ?

Carrément : c’était l’une de premières dates avec Hash, un ami et artiste de LIEF, au Supersonic pour une soirée Boukan. Le DJ avant moi ne m’avait pas dit que la Clé USB était linkée, je l’ai enlevée… et la musique s’est coupée… J’ai réussi à casser l’ambiance avant même de jouer, super pour commencer un set.

Ta plus belle nuit sur scène en tant qu’artiste… ?

ll n’y en a pas UNE mais DES plus belles nuits. Les soirées Mermaid Express, c’est toujours des top souvenirs : l’ambiance est énorme, le public à fond et les orgas sont mes potes. Le festival Qui Embrouille Qui était énorme avec des super rencontres ! Et puis celle dans le Potager du Roi à Versailles m’a laissé un vrai souvenir, le lieu était assez ouf pour une deuxième date, merci à Germain !

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D’après toi, pourquoi les gens font la fête aujourd’hui ?

Je pense que c’est tout d’abord pour passer un bon moment, en musique et entre amis. Danser, rigoler mais s’extirper un peu du quotidien, et juste kiffer, le temps d’une nuit (parfois plus, beaucoup plus …).

Tu as l’impression de faire toujours autant la fête qu’avant ?

J’aimerais dire non , mais c’est toujours le cas !

Tu as l’impression que les gens ont changé de façon de sortir depuis quelques années ?

J’ai l’impression que les gens veulent des fêtes différentes de ce que les clubs proposent : plus de liberté, de l’alternatif, des lieux insolites. Et les gens sont plus ouverts et curieux : pas besoin d’aligner les headliners pour susciter l’intérêt aujourd’hui, le public demande aussi des artistes moins connus, locaux … et c’est plutôt cool.

« J’espère que dans 20 ans, la fête sera plus libre, moins codifiée »

Beaucoup de gens disent qu’avant, les gens faisaient la fête de façon politique, pour briser les codes, se libérer de certains carcans, et qu’aujourd’hui la fête ne peut plus être politique, tu en penses quoi ?

Je suis pas vraiment d’accord, la fête sera toujours un acte politique. Il suffit de voir dans les pays du Maghreb où des collectifs bravent l’interdit pour organiser des fêtes illégales, mais libératrices ! C’est vrai qu’actuellement, il y a une démocratisation de la fête, mais ça permet aussi de monter des projets plus facilement, et de toucher un public encore plus large. 

Tu t’es déjà dit plus jamais”, après une fête ? 

Quasiment toujours après les grands marathons !! 

Tu les vois sortir comment les jeunes dans 20 ans ?

Franchement, je ne pense pas qu’il y aura une grande différence, mais j’espère que la fête sera plus libre, moins codifiée et plus diverse : avec un mélange des genres, des formats nouveaux… 

On te verra toujours sur scène d’après toi ou t’auras raccroché ? 

J’espère être encore sur scène dans 20 ans, ou alors pas très loin. Après, on ne sait pas ce que la vie nous réserve … 

Elle aura quoi de spéciale la soirée de vendredi ?

Tu vois souvent des soirées dans le XIXe ? De la bonne musique sur un gros sound-system et dans un lieu atypique, à la cool. Le tout pour 10€ ! 

Le genre de track qu’on pourra y écouter ?

Une connerie pour conclure ?

Harigato Coché !!