La rage et la colère. La sensibilité et la fragilité aussi. Puis l’horreur, la peur, et la terreur. L’expression de soi à son paroxysme. Les montagnes russes, la descente aux enfers, et la remontée des feux divins. The Horrorist, c’est Oliver Chesler. Et c’est un mélange de tout ça. De New York à Berlin. Ni plus. Et surtout, ni moins.

Considéré comme l’un des gardiens actuels de la culture indus et EBM, il est tant admiré que craint. Craint, délicieusement craint. Parce que pour lui la peur, et ce qui se trame derrière, est à la base de tout. Pour lui, la crainte et ses effets sur la planète, la société, l’humain, c’est l’essence du monde. The Horrorist hurle se qui se trame dans l’estomac. Il se met à nu, il s’affiche comme une bombe humaine, il tombe amoureux, il fait l’amour, il tombe pour toujours mieux se relever. The Horrorist n’est ni un rêve ni un cauchemar, c’est une vision du réel, fidèle et exutoire.

Il est vendredi 26 octobre à l’affiche de l’anniversaire des deux ans, Heeboo : Noces de Cuir, à La Station-Gare des Mines. Pour le pire, parce que le cuir, et le meilleur, parce que l’amour. À J-2 du grand soir, Oliver Chesler revient sur ses débuts, les pourquoi du comment, de ses premières raves parties à Long Island en passant par Depeche Mode, jusqu’à celle qui lui sauvera la vie quelques années plus tard, de la jeunesse tourmentée aux premiers synthés, des addictions jusqu’à Berlin, son point d’ancrage, sa rédemption, son espace safe, sa nouvelle élévation.

On te voit pas mal comme un des gardiens de la culture EBM actuelle, tu en penses quoi ?

C’est gentil ! J’ai la chance d’avoir 48 ans, en termes d’histoire de la musique électronique. J’ai eu la chance de pouvoir voir les groupes d’indus et d’EBM à leurs premières heures, à New York, dans les années 1980. J’ai pu assister au premier concert de Nitzer Ebb (That Total Age tour), de Front 242 au Palidium (Official Version Tour) et de Skinny Puppy (VIVIsectVI Tour), quand j’étais ado. Ces trois concerts m’ont coupé le souffle, ils ont été d’une grande inspiration pour moi concernant le live, la performance. Ensuite, quand la techno est née, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer des acteurs clefs du mouvements à New York également, comme Frankie Bones ou encore Lenny Dee. Aujourd’hui, on peut voir quelle influence ce moment de ma vie a eu sur moi, je joue dans des soirées des deux genres, ma musique en est le mélange. Les paroles de l’EBM et de le musique industrielle contiennent beaucoup de peur, des messages forts. Alors que la techno présageait d’un futur incroyable quand elle est né. J’ai juste rajouté à tout ça mon ingrédient, mon expérience de vie, j’y parle de sexe, d’amour, etc… Du coup, ça me fait vraiment plaisir de me dire que les gens me voient comme quelqu’un d’important dans le monde de la musique, étant donné que c’est elle qui m’a constamment sauvé, dans la vie.

Ce nom, The Horrorist, ça vient d’où ?

Quand je l’ai utilisé pour la première fois, c’était sans doute pour prévenir les gens : « attention, musique qui fait peur ». Maintenant, ce nom signifie quelque chose de plus « adulte », il parle de l’histoire de la peur en général et de pourquoi elle est là. J’imagine que pour certaines personnes, ma musique apparaît comme quelque chose d’un peu dégueulasse, mais pour moi, parfois, ça doit l’être, sinon ce n’est pas vraiment de l’Art, sinon ça manque d’authenticité, de contenance… puis sinon c’est considéré comme une simple blague. Moi ce que je recherche à obtenir, c’est un « Woah, c’est horrible, mais c’est magnifique parce qu’on ressent vraiment la douleur qu’il y a derrière ».

Tu te souviens de tes toutes premières soirées à New York du coup ?

Oui, je me souviens d’un club qui s’appelait le Mars, sur la West Side Highway à Manhattan (maintenant c’est un truc super chic qui s’appelle The Standard Hotel). Au Mars, il y avait plusieurs étages. Au premier étage, tu avais un club gay assez connu. J’avais 17 ans, je me souviens que je devais le traverser pour me rendre aux autres étages. Rien que ça, c’était une expérience intéressante pour moi. Plus haut, il y avait la salle Astroturf. Une petite salle, toute recouverte d’une fausse pelouse en plastique. Du sol, au plafond, tout était recouvert. Je me souviens d’un soir, il y avait un dj de Londres qui jouait de l’acid-house. C’était la première fois que j’en entendais. Chaque morceau était fait d’une simple boîte à rythme, de samples et d’un Roland TB-303. À cette époque j’étais à l’école d’art SUNY Purchase. Je me souviens du lendemain de cette soirée, je marchais dans le dortoir et là j’entends un morceau d’acid sortir d’une des chambres. Je frappe et je me retrouve nez-à-nez avec un mec qui s’appelait John Selway. C’est avec lui que j’ai fondé le groupé Disintegrator un peu plus tard. Il m’a tout appris sur la 303, ensuite on a rencontré d’autres gars avec qui on a commencé à faire de la techno.

Oliver Chesler etJohn Selway

Un jour on a entendu parler d’une rave party à Long Island, du coup on y est allés en caisse. On arrive dans ce petit hangar, et Frankie Bones, Adam X, Heather Heart et d’autres jouaient. Ce fut ma première soirée techno. J’avais entendu quelques morceaux avant, dans certains clubs de Manhattan, comme Anastasia de T99 ou encore The House Of God de Dimensional Holofonic Sound. Mais c’était tout. Et cette rave party, ce soir là, c’était uniquement de la techno. Le truc intéressant c’est que jusqu’alors je n’avais jamais pris de drogue ou bu un seul verre d’alcool. Je me souviens d’un morceau de cette nuit là, c’était Go, de Moby, qui a les mêmes accords que le générique de Twin Peaks. La plupart des jeunes de la rave étaient sous ecsta et on pouvait voir à quel point ils aimaient la musique. Je ne comprenais pas, de mon côté, pourquoi tout le monde aimait ce morceau en particulier. Bien évidemment, depuis j’ai compris…

C’était quoi à l’époque, qui te poussait à sortir ?

Tu sais, j’ai eu de la chance de grandir dans le New York qui a connu les débuts du rap, dans les années 1980. Je me souviens, j’enregistrais les sets de Mr. Magic’s Rap Attack et de DJ Red Alert à la radio. J’ai encore les K7. J’adorais les voix, et les boîtes à rythme. Je portais des jeans à rayures très fines, des baskets Shelltoe Adidas et une casquette avec « Fresh » noté dessus. Je ressemblais à un danseur de breakdance. Je dansais aussi, je faisais la coupole, je tournais sur la tête en équilibre et même en temps que petit blanc, j’étais admis dans les cercles. J’avais un radiocassette Conion, de la taille d’une mini voiture. Il y avait une alarme sur le devant avec une petite caisse, tu pouvais y mettre tes bijoux pendant que tu jouais au basket. C’était une façon d’être cool tu vois, mais petit à petit c’est la musique qui s’est emparé de moi.
Un jour, j’étais dans la voiture d’un ami et sa petite soeur avait une cassette de Depeche Mode, Black Celebration. Ce jour là, pendant le trajet, ma vie a changé. Je suis devenu fou de cette cassette. Puis peu de temps après, je suis tombé amoureux pour la première fois de ma vie. Et Depeche Mode est devenu la bande originale de ma vie. Néanmoins, je ressentais le besoin de m’exprimer. Je n’avais jamais été goth ou punk. Mais je me sentais comme une sorte de romantique futuriste. J’ai fait une descente dans la garde-robe de ma mère et dans des boutiques telles que Unique (ça n’existe plus aujourd’hui) afin de me créer des tenues unicolores, comme le turquoise ou le vert.
Mes cheveux ont suivi peu de temps après. Tu me diras que c’est le destin, où que je me trouvais au bon moment, au bon endroit, ou peut-être même que je suivais juste mon propre chemin mais tout a commencé à ce moment là. Mon père était professeur, et c’est à cet époque que son département de musique a fermé. Il a donc ramené à la maison des synthés qu’il a mis à la cave. J’ai commencé à fréquenter un club, j’avais été adopté très rapidement par les club kids du soin, grâce à mon look, je suis devenu très proche d’un mec qui s’appelait Ernie Glam (hésitez pas à aller voir qui c’est, vous ne serez pas déçus), et c’est là que j’ai gagné un concours pour figurer dans 101, le prochain clip de Depeche Mode. Et voilà, le destin était scellé. Donc pour répondre à ta question, ce n’était pas la fête qui m’intéressait, mais la musique, la ressentir, la faire et trouver comment la faire au mieux. Quand j’ai commencé à sortir, c’était pour ressentir le moment, me détendre et m’adapter à toutes ces choses fabuleuses qui m’arrivaient sans péter un plomb. Puis bien sûr, je sortais pour l’amour, le sexe, et m’amuser !

C’était quoi la façon traditionnelle de sortir à New York à l’époque ?

J’avais différents groupes d’amis. Avec mes potes de soirées, on se faisait plusieurs clubs par nuit. Le Tunnel, le Limelight, des fêtes illégales. Puis j’avais tout un groupe de gens que j’avais rentrés au lycée ou à la fac, que je voyais pour boire des coups, passer de bar en bar dans l’East Village. Là c’était surtout pour rencontrer des filles, mais on était vraiment mauvais à ça ! Puis à côté de ça, il y avait les raves occasionnelles. On y allait et on y passait toute la nuit.Et dans tout ça, à chaque fois, il y avait de la laque dans les cheveux, et des tenues incroyablement cooles ou ratées (sourire).

C’était quoi le truc, à l’époque, qui aurait pu tout gâcher ?

J’ai vraiment beaucoup de chance tu sais, car je me suis toujours amusé. J’adore la vie nocturne. Je suis même en train de chantonner la chanson d’Alicia Bridge, I Love The Nightlife, en y pensant. Lisez les paroles, elles sont si vraies : « S’il te plaît, ne parle pas d’amour ce soir ; S’il te plaît, ne parle pas de la douceur de l’amour ; S’il te plaît, ne parle pas de sincérité ; Ni de tous les problèmes que nous avons traversés ; S’il te plaît, ne parle pas de tous les plans ; Que nous avons mis au point pour réparer cette histoire brisée ; Je veux aller là où les gens dansent ; Je veux de l’action, je veux vivre ! De l’action, j’ai tellement à donner ! Je veux donner, je veux recevoir aussi  J’aime vivre la nuit ; Il faut que je danse sur des airs de disco, oh oui ; Oh, j’aime vivre la nuit »

Et tu as changé ta manière d’écouter de la musique, aujourd’hui que tu en joues ?

Ha oui, ça c’est certain ! Mes parents ont divorcé quand j’avais 17 ans (et comme vous pouvez le comprendre via mes réponses d’avant, beaucoup de choses se passaient pour moi à cette époque-ci). Ma mère avait un petit-ami, il s’appelait Doug. Il était très différent de mon père. C’était un mec super. Tous les vendredis, il nous donnait 100 dollars, à moi et mon frère, pour aller au magasin de disques. Ce n’est que récemment que j’ai réalisé qu’il faisait ça pour qu’on les laisse « tranquille ». Mais bref. Et du coup on se faisait toute une série de magasins… Record Runner, Bleeker Bobs, Tower, Saint Marks Sounds, Discorama, Vinylmania, etc. De la fin des années 1980 à genre 1993, j’ai du acheter pas moins de 5000 disques.

Puis un jour, j’ai tout arrêté. Pourquoi ? Parce que je commençais à être capable de faire mes propres sons, et des sons quasiment aussi bons que ce que j’aurais pu acheter. Puis je me suis mis à écouter des tas de chansons tristes, des trucs plus classiques mais très bons, comme I Just Can’t Let You Say Goodbye de Willie Nelson ou la version de Johnny Cash de Sunday Morning Coming Down ou encore Avalanche de Leonard Cohen. Et ça m’a fait de la peine de réaliser que je pouvais comprendre ces chansons, mais que je ne pourrais jamais, musicalement, arriver à quelque chose de ce type. Aujourd’hui, je m’inspire principalement de morceaux que je trouve sur YouTube. J’adore ce que j’y découvre et la façon dont tout y est instantané. 

Comment t’en es venu à déménager à Berlin du coup ?

En fait j’ai vécu deux fois à Berlin. La première fois de 2004 à 2007. En 2003, j’avais un appartement dans le quartier de Chelsea. Le loyer était de 850 dollars. J’avais aussi un studio de musique sur la 10e Avenue. Le loyer pour ça était de 500 dollars. Et cette année là, ils ont voulu doubler le loyer. Je ne me voyais pas déménager à Brooklyn, ça craignait encore pas mal à cette époque et je n’avais pas encore le succès d’aujourd’hui. Puis un jour, alors que j’étais à Berlin pour jouer au Tresor, j’ai réalisé à quel point les loyers étaient bas. Puis c’était une ville pleine d’arbres, de parcs, avec des grands espaces… J’avais besoin d’une pause de New York. La vie là-bas me tuait, et l’optique de Berlin, avec ses grands appartements calmes, m’est apparue comme une solution. Et voilà, mes premières années à Berlin m’ont clairement sauvé la vie. Je n’avais pas d’argent, mais pas de vices non plus…
« À cette époque, je n’étais pas sûr de m’en sortir et je n’étais même pas certain de vouloir m’en sortir »
Je me suis reconstruit. Puis j’ai décidé de rentrer à New York parce que mon père se faisait vieux puis aussi et surtout car je voulais un vrai travail, pour la première fois de ma vie. J’ai trouvé un poste super dans l’énergie puis j’ai lancé ma propre entreprise, dont je suis toujours actionnaire. J’avais besoin de ce sentiment de stabilité. Mais pendant tout ce temps, je sentais au fond de moi, que quelque chose manquait à ma vie. Après quelques déboires amoureux à New York et une rencontre avec quelqu’un de fabuleux en Europe, j’ai ré-ouvert le chapitre Berlin, pour de bon. J’ai déménagé à nouveau, il y a deux ans, et comme la plupart des gens le savent aujourd’hui, ces arbres, ces gens, cette bonté, m’ont fait m’élever et je ne pense pas repartir avant très longtemps. Dés que je repars puis que je reviens d’un show, que je me retrouve à l’aéroport de Tegel ou en voiture quand je vois la Funkturm (la Tour radio), mon coeur palpite.

Tu te souviens de ta toute première scène ?

Oui, c’était avec John Selway. On avait du amener tellement de machines. Des tables de mixage immenses, des boîtes à rythmes, de grands synthés et il nous arrivait même d’amener des Mac ou des moniteurs vidéo. Je me souviens m’être dit ce soir là que ce qu’il se passait était important, il y avait toujours une idée de compétition et de challenge dans ce que je faisais, par rapport aux autres gens qui étaient bookés le même soir. Je me souviens avoir un jour pensé, en voyant le flyer de la soirée où on jouait, « Okey, on va tous les défoncer ».

C’est quoi, le truc fondamental, qui a changé chez toi, entre tes débuts et aujourd’hui ?

J’ai fait une thérapie au début des années 2000. La femme qui s’occupait de moi était spécialisée dans l’addiction aux drogues, elle s’occupait pas mal de populations évoluant dans les métiers du travail du sexe. À cette époque, je n’étais pas sûr de m’en sortir et je n’étais même pas certain de vouloir m’en sortir. Elle a été la première bouée de sauvetage à laquelle j’ai accepté de m’accrocher. Le truc marrant c’est que je ne pense pas que tout ce qu’elle a entreprit ait fonctionné avec moi. Mais un jour, elle m’a demandé de lui faire écouter ma musique. À cette époque, tout ce que j’avais produit était rempli de haine et de colère et je m’adressais toujours à quelqu’un d’autre. Je te déteste. Nous te détestons. Le monde te déteste. Des trucs comme ça.
Un jour elle me dit : « Oliver, en fait, tout ce que tu écris, c’est à toi que tu l’adresses, à personne d’autre ». Je suis rentré chez moi et j’ai remplacé tous les « toi », dans mes chansons, par des « moi ». Quand j’ai réalisé que c’était de moi dont je parlais dans mes chansons, j’ai eu un déclic. Elle a fait de moi un bien meilleur musicien que je ne l’étais et elle m’a aidé à me comprendre. Encore aujourd’hui, quand j’écris une chanson, je la réécoute quelques semaines plus tard et je réalise que je parle de tout autre chose, souvent quelque chose de très personnel, sans que ce soit voulu, en utilisant des métaphores.

Avant de sortir Nathaniel en début d’année, ça faisait un bout de temps qu’on ne t’avait pas entendu…

Oh tu sais, je n’arrête jamais d’écrire de la musique. En vrai, un ami à moi se moque souvent de moi et de mes 900 tracks unreleased sur Soundcloud. En général, sortir un morceau, ça prend du temps et le fait de faire presser ses vinyles aussi. Le nouveau double vinyle Separate Dimension of Aufnahme + Wiedergabe, qui comprend 12 tracks, va bientôt sortir. C’est un album très différent pour moi. C’est un peu l’album que j’ai toujours voulu écrire, depuis que j’ai 17 ans, mais pour lequel je n’avais pas encore les ressources et le talent suffisant. Puis je travaille sur un autre album. En fait, j’ai 20 morceaux de prêts déjà. Celui-ci je le sortirai sur mon label, Things To Come et c’est du classic The Horrorist. Avec ces deux sorties à venir, les gens comprendront ce que j’ai fait pendant tout ce temps ! J’ai vraiment hâte que ça sorte.

C’est quoi ton rituel avant de monter sur scène ?

Tu as déjà vu la scène de Star Wars où Darth Maul combat le jeune Obi-Wan Kenobi ?  Il y a un moment où un champs de force temporaire sépare les deux. Obi Wan prie, pendant que Darth Maul va et vient comme un lion en cage. Darth Maul à ce moment là, c’est moi avant de monter sur scène.

Tu te sens comment, exactement ?

Je pense que n’importe qui qui s’apprête à monter sur scène te dira que les quelques minutes qui précèdent ce moment sont terribles.  Parce que tu veux que tout se passe bien. Le niveau du micro, les machines, etc. Puis une fois que tu es dans le premier morceau, ce n’est plus que du pur bonheur.

Tu vois des inconvénients dans le fait de faire partie du monde de la nuit ?

On dira que ce n’est pas le mode de vie le plus healthy du monde et que de temps à autre, il faut accepter de côtoyer des gens un peu perturbés, plus que si tu servais du café à des gens le matin. Quoi que…non en fait c’est la même chose !

Tu vois quelle différence entre le milieu de la musique électronique en Allemagne et celui qui existe à New-York ?

Le soutien aux musiques électroniques à Berlin est à couper le souffler ! Le gouvernement allemand a même un registre où sont inscrits tous les producteurs avec leurs contacts, afin que tout le monde puisse collaborer plus facilement. Ici, le soutien aux Art est réel et incroyable. Ils t’aident sans arrêt, avec des réductions d’impôts ou en déduisant des frais sur tes soins médicaux si tu n’as pas les moyens de te les payer. Tout ça n’existe pas aux États-Unis.

Tu sors beaucoup en dehors de tes show ?

Parfois oui, parfois non. J’ai tout un tas d’amis, et avec tous ces concerts, il est important de se garder du temps pour ces genre d’activités normales mais pour le travail aussi.

Pourquoi les gens sortent autant d’après toi ?

Tout le monde a besoin de se découvrir. De repousser ses limites. Puis parfois tu peux y trouver l’amour. Et le plaisir, évidemment.

Il fut une époque où en Europe, la fête pouvait être engagée et politique. Tu penses que cet ère est finie ?

Oh tu sais, j’entends beaucoup parler des positionnement politiques du club About Blank à Berlin, par exemple. Puis on m’a souvent demandé de jouer à des événements engagés. Tout autant que dans des événements non-engagés. Je pense que le gros du mouvements est terminé oui, et je trouve ça dommage. Les rave Storm ou encore les soirées Outlaw, à New York, étaient si incroyables…

Et toi, t’as une engament particulier, dans la nuit ?

Cela va surprendre pas mal de gens, mais mon message actuel, et en particulier à Berlin, est que le sexe sans sentiments, n’est pas toujours la solution au désir. Je pense que de nombreux jeunes ne savent pas toujours dans quoi ils s’embarquent. J’ai écrit une chanson à ce propos avec Rebekka Warrior, elle s’appelle Anonymous Faces, j’espère qu’on va la sortir bientôt. C’est une version un peu moderne de Sweet Dreams.

Tu penses qu’ils en seront où ces jeunes dans 20 ans ?

Tu sais, tous les jours, je bosse avec un mec plus vieux, il a 85 ans pour être exact. Un jour, je lui raconte un truc de ma vie. Il finit par faire la même chose, des histoires complètement folles. Puis il me dit « Oliver. Toutes les nouvelles générations pensent avoir inventé le sexe ». Du coup, je pense que dans 20 ans, les jeunes inventeront à nouveau le sexe, encore et toujours.

Un message à faire passer à la nuit ?

SEID BEREIT!!! (« Vous n’êtes pas prêts ! » en français, ndlr)