Les Nuits Sauvages

Pourquoi faut-il venir faire la fête avec et pour les réfugiés à Beats Across Borders #8 ? – Heeboo

Pourquoi faut-il venir faire la fête avec et pour les réfugiés à Beats Across Borders #8 ?

Avril 5, 2019

Big Fat Day Photography

Solidarité avec et pour les réfugiés ce weekend à La Marbrerie ! C’est la devise des soirées Beats Across Borders, organisées depuis 2016 par le collectif du même nom. À l’occasion de la huitième édition, quatre artistes nous donnent leur regard sur la richesse que peut apporter la fête en terme d’entraide mutuelle.

La Beats Across Borders (BAB) c’est un événement festif avec concerts et djs sets en soutien au migrant.e.s et réfugié.e.s. L’objectif de la soirée est double. Il s’agit à la fois de récolter des fonds pour financer des projets mais aussi d’offrir un moment de partage réunissant clubbeurs.e.s et migrant·e·s. À chaque événement, des places leur sont notamment réservées. Participer à la BAB ce n’est donc pas uniquement venir se déhancher !

C’est aussi participer au financement de projets d’aide aux migrants et demandeurs d’asile dans la mesure où la totalité des bénéfices sont reversés à l’association Science Po Refugee Help. Association indépendante, étudiante et apartisane, elle propose au quotidien, des distributions d’aide matérielle d’urgence, de l’accompagnement juridique, des cours de français et des activités sociales et culturelles. La BAB c’est aussi, bien évidemment, de la musique qui nous offre la possibilité de faire tomber toutes sortes de barrières. Les artistes présents lors de l’événement sont tous bénévoles ! Pour la huitième édition de Beats Across Borders #8 qui a lieu samedi 6 avril, Marcelo Cura, Bigzy, Till, Mawimbi nous donnent leur vision de la fête et de la solidarité.

 

 

MARCELO CURA

« C’est un honneur de mettre en œuvre mon art pour une telle bonne cause. »

« Cette initiative me tient vraiment à coeur. Il est essentiel d’aider son prochain par le biais de nos propres moyens. Le fait de pouvoir aider les réfugiés ou tout simplement les gens défavorisés, via le monde de l’art, de l’échange et du partage est un geste que j’admire et soutient profondément. Cet acte de solidarité nous éveille vers la prise de conscience sur la difficulté qu’endure certains peuples. La musique est ce langage universel qui nous réunit, nous guérit, nous inspire… Un vrai symbole de paix. C’est un honneur de mettre en œuvre mon art pour une telle bonne cause, ravis de pouvoir aider. »

Crédit : Z-photo

 

BIGZY

« Tout ce que je remarque c’est la bienveillance et l’ouverture du public. »

« La musique a un pouvoir unificateur puissant. Nous sommes tous pareil face à la musique, peu importe nos origines, notre couleur de peau et nos idéaux. La musique, cette force unificatrice, peut être utilisée dans plusieurs but : partager de l’émotion, véhiculer un message, purger par la danse, rassembler et également divertir. Jouer pour la BAB est force de sens. C’est l’occasion pour nous, artistes, de jouer devant un public diversifié, d’unir autour d’émotions et du partage. J’ai monté il y a maintenant trois ans l’association Le Bercail avec une belle bande de joyeu.ses luron.es. Nous utilisons les vecteurs fédérateurs musique et art pour mettre en avant la solidarité, l’éco-responsabilité et l’entraide. Nous organisons les Solimarket qui rassemblent de multiples associations défendant des causes plurielles (éco-responsabilité, énergie, aide aux personnes démunies et aux handicapés, économie circulaire, slowfood, solidarité).

La journée / soirée est rythmée de performances artistiques, théâtrales et musicales. L’alchimie des mélanges opère. Le participant qui était venu voir son groupe de funk préféré, se retrouve au final à discuter avec les associations. Celle qui était venue pour rencontrer un projet associatif se met à découvrir de nouveaux groupes de musique. Le mélange des genres sur ce type d’événement est pour nous essentiel. C’est ce qui fait la force des événements pluridisciplinaires.

Je ne veux surtout tomber dans des généralisations car chaque public est différent et vient pour des aspirations différentes. Pourtant, tout ce que je remarque c’est la bienveillance et l’ouverture du public qui assiste à ces événements. Cela donne une force incommensurable, ouvre le champ des possibles et redonne espoir à l’humain dans ce monde de l’argent roi ! Cela nous apporte beaucoup de satisfaction et d’engouement de participer à ce genre d’événement. C’est également l’occasion de donner encore plus de sens à notre performance artistique. Savoir qu’elle aura un impact positif aussi bien sur les danseurs dans l’instant T que pour les bénéficiaires des recettes de la soirée. Quel bonheur de savoir qu’on crée une externalité positive ! »

Crédit : Z-photo

 

TILL de Bigzy & friends

« La musique ne traverse pas les frontières, elle n’en a tout simplement pas. »

« La musique est un vecteur d’émotions. C’est un art de partage qui réunit les gens à travers le monde. Au-delà de la langue et de la culture. La musique ne traverse pas les frontières. Elle n’en a tout simplement pas et les mélanges de genres sont des mélanges de gens. C’est ce en quoi on croit profondément. À la paix par l’association, à la richesse par les échanges, à l’élévation par le partage, à l’amour par la musique, pour la musique, par des musiciens du monde. »

 

 

 

MAWIMBI

« Cette richesse musicale immense nous provient d’une histoire coloniale délicate et en même temps d’une longue histoire de soutien aux artistes africains. »

« Nous oeuvrons depuis bientôt six ans à rapprocher les musiques électroniques contemporaines et les musiques africaines et « afro-diasporiques ». Les valeurs défendues par cet événement nous parlent évidemment. Cette richesse musicale immense nous a été transmise notamment par le fait d’être, en tant que jeune français, tributaire d’une histoire coloniale délicate. Mais en même temps d’une longue histoire de soutien réel aux artistes africains, dont certains ont été des migrants et d’autres connaissent encore aujourd’hui des galères de visas pour jouer en Europe. Il nous paraissait donc tout naturel de participer à cet événement ! »

Emmanuelle Rouault

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