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Mixtape 103. | DJ Absurd, culture grime et dubplates – Heeboo

Mixtape 103. | DJ Absurd, culture grime et dubplates

Mixtapes - Juin 4, 2019

Brounch - Zoo Studio

Londres, début des années 2000, influences UK garage, hip-hop, R&B, drum and bass, de Dizzee Rascal à Wiley en passant par Skepta… Vous l’aurez compris, on parle bien de la scène grime au Royaume-Uni. Côté français, DJ Absurd c’est la figure emblématique du genre, notamment à l’origine du premier disque grime dans l’hexagone. Petite mixtape de mise en bouche donc, car on le retrouve ce jeudi en warm up du concert d’un des plus grand MC Grime, la légende londonienne D Double E.

Longtemps considéré comme un courant marginal, la scène grime actuelle rayonne par sa richesse et commence peu à peu à s’ancrer dans le paysage musical global. Tombé amoureux du UK garage dès ses débuts, DJ Absurd a suivi l’évolution et les mutations du genre, toujours en lui rendant hommage. Il est notamment fondateur du label et collectif international The Bass Society, avec lequel il anime une résidence hebdomadaire sur Rinse France le dimanche soir de minuit à 2 h. Cette mixtape, elle a pour but de faire découvrir la culture grime, trop souvent méconnue, et surtout de donner envie de venir la découvrir en live.

C’est ce que propose Rinse France, dont l’ADN de la maison mère (Rinse FM) est totalement lié à la culture grime (radio fondée en 1994 par Wiley, Slimzee et Geeneus). On retrouvera donc au Badaboum, jeudi 6 juin à partir de 20 h, DJ Absurd accompagné de Big Red (Raggasonic) en MC, Nico Adomako pour un Dj set, et Captaine Roshi pour le concert D Double E (Live) / Captaine Roshi / DJ Absurd au Badaboum. En attendant, on s’imprègne des paroles de DJ Absurd !

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DJ Absurd, qui es-tu ?

Un croisement d’Adrian Monk et de Homer Simpson, quelque chose comme Patrick Sebassline, Bass Rutten ou Lee Scratch Peutri. Je produis et mixe principalement ce qu’on rassemble sous le nom de Bass Music. Je suis notamment à l’origine du premier disque de Grime en France en 2005, puis de nombreux des premiers releases Dubstep hexagonaux ainsi que de nombreux autres projets depuis sur des labels internationaux et français. Je suis également à l’origine du collectif international et label The Bass Society avec lequel nous animons une résidence hebdomadaire sur Rinse France le dimanche soir de minuit à 2 h.

Comment t’en es venu à mixer et produire de la musique ?

Par passion et par la force des choses.

Ton nom de scène il t’es venu comment ?

Plusieurs facteurs m’ont fait opter pour ce nom. Je cherchais un mot qui serait proche en orthographe et en signification dans un maximum de langues comme « océan » par exemple. Je cherchais également un mot du vocabulaire courant qui stigmatiserait bien l’époque et le contexte dans lequel j’évoluais. Puis un jour, des amis m’ont fait remarquer plusieurs fois dans la même soirée qu’ils me trouvaient absurde pour différentes raisons. Ce qui m’a renvoyé également à la définition de l’homme absurde de Camus. J’ai réalisé que ce mot remplissait parfaitement le cahier des charges et qu’il me sied parfaitement.

En France, t’es considéré comme un des pionniers du dubstep, du grime, du UK garage et de la bassline. Elles te viennent d’où tes influences ?

Je suis tombé amoureux du Uk Garage au tout début des années 2000. Je n’ai fait que suivre ses évolutions et ses mutations successives selon mes affinités et mes goûts. Ce genre en lui même possède déjà un brassage d’influences incroyable ; mes autres influences sont pour la plupart parties intégrantes de son ADN de base. Je pense en particulier à la musique Jamaïcaine ou au HipHop.

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Tu viens d’où d’ailleurs ? Et t’as grandi où ?

Paris.

Ça a joué sur ta musique et sur qui tu es aujourd’hui ?

Oui forcément. On est tous, en plus ou moins grande proportion, imprégné du décor et de l’énergie dans laquelle on évolue. Paris a une vibe très particulière, quand tu rentres d’une autre ville tu t’en rends compte plus facilement. Il y a un côté gris, fourmillant et oppressant très marqué qui s’entrelace avec une forme de beauté majestueuse, très classique par endroits.

Tu vas donc jouer en warm up du concert d’un des plus grand MC Grime, la légende londonienne D Double E. Ça représente quoi pour toi ?

Je suis enchanté bien sûr. Je n’ai pas eu l’occasion de jouer sur un truc à Paris avec lui depuis huit ans, quasiment jour pour jour, pour son live à un de nos événements sous sa formation Newham Generals qu’il compose avec son acolyte Footsie. C’est un des meilleurs MCs de sa génération et une icône de notre style de musique. C’est un grand plaisir de pouvoir faire son opening.

« La musique occupe quasiment l’intégralité du temps que je ne consacre pas à ma famille et mes proches »

Elle se porte comment la scène grime actuelle ?

À merveille, il y a énormément de talents, d’idées et d’énergie. On assiste également à l’émergence d’une scene internationale autant en terme de producteurs que de MCs. Ce qui est je pense signe que ce courant longtemps marginal commence peu à peu à s’ancrer dans le paysage musical global.

La musique elle occupe une place importante dans ta vie non ? T’es notamment résident chez Rinse France, fondateur du label The Bass Society et producteur c’est ça ? Tu fais quoi, du coup, quand tu joues pas ?

Je compose énormément de tracks pour mon alias Absurd ; mais également dans d’autres cadres et sous différents noms, j’ai aussi plusieurs projets collectifs en cours. Via notre label et collectif The Bass Society nous avons lancé un soundclash de producteurs qui a bien fédéré les différents acteurs de cette communauté aux quatre coins de l’hexagone et continuer de porter et de faire évoluer ce projet me tient beaucoup à coeur. Nous avons également mis en place notre propre système de diffusion selon la tradition des Sound Systems originels. Pourquoi ? Pour pouvoir jouer notre musique dans les conditions appropriées et optimales. En fait la musique occupe quasiment l’intégralité du temps que je ne consacre pas à ma famille et mes proches.

Cette mixtape tu l’as conçue comment ? Elle signifie quoi pour toi là tout de suite maintenant ?

Je l’ai conçue de la même manière que j’aborde tous mes sets. En essayant de faire en sorte de contenter autant le spécialiste que le néophyte. Mes sets, tout comme ceux des autres membres de notre collectif, sont réputés pour la belle part qui y est faite aux morceaux exclusifs, aux futures sorties et surtout aux Dubplates. Mais cette recherche d’exclusivité ne doit pas prendre le pas sur la qualité intrinsèque du mix en particulier sur son aspect narratif. C’est ce dernier point qui reste primordial. En particulier dans un cadre comme celui-ci où le but premier est de présenter une culture et de donner envie de venir la découvrir en live.

Si tu devais lui donner un titre ?

Je vous laisserai le soin de le faire, titrer un mix a toujours été un calvaire pour moi. À moins qu’il ait une thématique extrêmement définie, poser un titre sur un mix c’est très compliqué je trouve. Je pense que j’aurais opté pour quelque chose de simple et de descriptif, ou pour quelque chose de complètement…absurde.

Un mot sur un des tracks qui y figure, que tu aimes tout particulièrement ?

Plusieurs dubplates présentes dans ce mix méritent un double gunfinger, un souffle d’aérosol sur une flamme de briquet, un tonnerre de vuvuzellas. (Des dubplates ce sont des morceaux ré-enregistrés par les artistes spécifiquement pour un dj, ndlr)

Emmanuelle Rouault

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