Les 5 teufs à ne (surtout) pas rater en septembre 2018 à Paris – Parce que le mois d’août a été plein, vibrant et électrique, malgré les fausses promesses qu’il semblait donner, le mois d’août a été chaud et sauvage. Le mois de septembre n’en sera donc que plus humide et chaleureux dans son retour et sa rentrée des clubs. Comme un doux cocon dans lequel on va pouvoir se lover, retrouver ses repères, reprendre ses marques en même temps que ses pairs. Retrouver la famille, ou-é ou-é, les crews du love, ou-é ou-é, les amours de nuit, éphémères et, dans leur superficialité certaine, parfois réconfortants. Septembre sera complexe. Un mélange d’adieux à la spontanéité de l’été et de bonjours au délicieusement réchauffé.

On entame donc la rentrée avec un festival de filles très décidées, qui en ont lourd sur la patate et pleins les idées. Comme Nous Brûlons revient pour une deuxième édition, le désir et la rage au bout du poing, c’est du 5 au 9 septembre à La Station-Gare des Mines. On enchaîne avec l’une des soirées les plus excitantes et punks du mois de septembre : le premier numéro de Quartiers Rouges, sur les deux niveaux de La Machine du Moulin Rouge, vendredi 14 septembre prochain. Le lendemain, au réveil ou en after, direction l’une des dernières belles fêtes de L’Aérosol avec le génial Voironland #3. Au programme, du gabber, de la techno, de la musique improbable aussi et des bobs et des casquettes Lacoste et des bananes qui brillent en veux-tu en voilà. Une semaine après, c’est tipar pour cinq jours de bruit dans tes oreilles avec le festival OFFF., du 19 au 23 septembre, sur cinq lieux entre Paris et banlieue. Amateurs de noise, go go go ! Enfin, on clôture la saison de ¡Sauvage? au… Cabaret Sauvage, avec les joyeux tourne-disques de Otto10, Pardonnez-Nous, Camion Bazar et on t’en passe et des meilleurs. C’est le samedi 22 septembre, et ça va durer…16 heures. Si t’en as pas eu assez avec tout ça, on peut plus rien faire pour toi !

1 – du 5 au 9 septembre – Comme Nous Brûlons #2 (La Station-Gare des Mines)

Pourquoi ? On les soutenait déjà l’année dernière, ce festival féministe pluridisciplinaire, et comme on est heureux de leur voir une deuxième édition, on souhaite un weekend de folie et de feu au collectif féministe Comme Nous Brûlons (Brigade du Stupre + Retard + Les Amours Alternatives).

En vrai ? Parce qu’ils ont pas prévu une super météo pour ce weekend, et que, comme son nom l’indique, ce festival a… à travers son désir, et sa colère… de quoi.. te réchauffer. Et les fesses, et les avant-bras, et le corps, et le coeur. « Projections, Exposition, Conférences, Ateliers, Performances, Zine-faire », ouuuuh, on adore.

Tu es… Ninon. Quand on te voit, on croirait pas que t’as payé tes études de socio en vendant du poisson le dimanche matin sur les marchés. Sociologie du genre. Paris 8. La base. Un master quasiment dans la poche, tu travailles à mi-temps dans un centre social. Et tu fais partie d’une asso. Tu t’occupes de migrants. Surtout de migrantes. Enfant, tu t’étais pas vue faire ta vie et trouver ton bonheur dans celui des autres. Aider les gens, mais surtout tenter de les comprendre, faire avancer les choses, faire évoluer les mentalités… vaste sujet. Mais qu’est ce qu’on fait, si personne s’y met ? T’es la première en soirée, à faire ce qu’on appelle « de l’éducation ». Tu parles aux gens, à ceux qui « savent pas », à ceux qui « ont jamais été confrontés à », à celles qui « pensent que », alors qu’en fait « tout faux ». Ton point fort ? Le sourire, et le temps que tu donnes aux autres. Capable de prendre deux heures à une Concrete pour expliquer à un mec que « non c’est pas oké ta main sur ma fesse là », ou à une meuf qu’elle a « le droit de pas accepter un regard déplacé et insistant » ; tu donnes, tu donnes, tu donnes, tu discutes, tu argumentes, tu nourris le débat, tu t’en prends parfois pleins la gueule, mais en bon martyre, tu acceptes les coups comme des médailles. Comme Nous Brûlons, t’y as débarqué au hasard en 2017, pour leur première édition. « La sororité, c’est un truc qui manque sacrément en 2018. À Paris ou ailleurs, d’ailleurs ». Ça c’est un truc, comme un autre, que tu peux te dire, le matin, en te levant. L’entraide entre filles, un concept easy. La solidarité, le partage, et défendre des valeurs communes même si pas forcément jumelles à 100%. On s’y retrouve, on se bat ensemble, et putain, on argumente et qu’est ce que c’est bon de prendre les choses en main !

L’artiste qu’on y attend : Badbad et M¥SS KETA pour la musique, « Toutes des putes ? » concernant les tables rondes et Veronika Von Lear pour le drag show

Heure de pointe : Un bon 20 h 03 pour les trois jours qui nous restent !

Potentiel de chope : 80 %

% sauvagerie/déviance : 81 %

Les bails : vendredi de 19 h à 6 h + de 9 à 12 euros ; samedi de 18 h à 2 h + de 7 à 10 euros ; dimanche de 16 h à minuit + de 7 à 10 euros

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2 – vendredi 14 septembre – Quartiers Rouges .01 (La Machine du Moulin Rouge)

Pourquoi ? Parce qu’une soirée punk à Pigalle, dans un club immense, ça ne se rate sous aucun prétexte. Bon, à quelques détails près que c’est pas vraiment une soirée punk. Mais l’esprit sera là.

En vrai ? On nous a dit que des créatures de nuit à moitié nu.es se colleraient aux fenêtres sur notre passage. L’image est glauque, mais l’effet est là. Plus sérieusement, à programmation déviante, oiseau  de nuit super ready.

Tu es… Jeanne-Sandra. T’as jamais trop compris la provenance de ton prénom. Tes parents l’ont expliquée plusieurs fois pourtant, mais y’a rien à faire, tu te refuses à croire qu’un jour, Michelle et André ont opté pour une tragédie aussi golri de « ta vie ». Tes potes t’appellent Jeanne. Ceux qui te connaissent pas et tentent le cool, s’essaient à J.A., à prononce JI-HA, t’sais, avec le vent qui souffle dans le H. C’est ridicule, mais tu les confortes dans l’idée, avec l’assurance, en privé, de ne jamais vraiment t’en faire des ami.es. Quartiers Rouges, c’est des potes à toi qui organisent. Des « potes », enfin, des gens que tu croises en résoi mais avec qui tu refais pas forcément le monde. Des gens que tu « côtoies », avec qui t’échanges des « salut » toujours un peu sombres et des mimiques de visages qui font comprendre de suite qui a tapé le fer, et qui l’a pas frappé. Quartiers Rouges, c’est un risque. Selon toi. Parce que La Machine du Moulin Rouge. Parce que le quartier qui t’inspire pas, hormis en after quand tu réponds plus de rien, un rhum à la main, en direct de l’Embuscade à 8 h du matin. Parce que le public qui t’emballe jamais trop. M’enfin. Tu fais confiance à la DA de l’endroit, qui, de plus en plus, tombe dans le juste et prend les risques que t’aurais aimé prendre pour toi. La Machine du Moulin Rouge a dans le ventre ce qu’il faut pour en sortir les tripes des plus sages clubbeurs du coin. Avec une prog pareille, une énergie pareille, un esprit pareil, tu te fais pas de bile pour cette grande première, et t’as déjà ton p’tit nom sur un coin de feuille de liste de cahier rayé.

L’artiste qu’on y attend : Giant Swan ne saurait être trop attendu. Alors, on va se poster devant la scène du Central pour un Volition Immanent ( Parrish Smith + Mark van de Maat) qu’on nous a promis enflammé, entre punk plombant et techno futuriste. Un point bonus pour le petit jeune MIND / MATTER qu’on connait deep, modulaire et noir comme l’ébène de ses cheveux.

Heure de pointe : 2 h du matin, le temps de finir ta 8.6. Cité Véron (si t’es véron).

Potentiel de chope : un gros 89 % entre 2 h et 3 h (va falloir y’aller du coup), mais une bonne baisse de régime de la séduction entre 3 h 30 et 6 h, à moins que ça ne te dérange pas de plus te souvenir de rien le lendemain ; à voir.

% sauvagerie/déviance : 92 %

Les bails : de 23 h 55 à 6 h ; 12/18 euros

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3 – samedi 15 septembre 2018 – Voironland 3 (L’Aérosol)

Pourquoi ? Parce que l’Aérosol vit ses derniers instants et que vu l’espace et le potentiel du system son, y’a moyen de rendre ce Voironland assez incroyable ?

En vrai ? Parce qu’on a décidé d’aider les boss à casser les murs, et qu’une soirée comme Voironland n’a sans doute pas été programmée juste avant la fin pour rien… On connait la team, les visages, les blagues et les attitudes, les Voiron, les Krampf, les Kaptain Cadillac, les Paul Seul ; ça se prend pas la tête, et ça se prend surtout pas pour ce qu’ils sont pas. Ça frappe, ça cogne, ça se move dans tous les sens, dans l’aisance ou la saccade, c’est mélancolique parfois, même, dans le côté abrupte et brut de leur synergie, et cette complexité, ouhhhhhh, mais qu’est ce que c’est bon !

Tu es… Jeff. T’as très clairement pas l’âge que tu prétends avoir. Tu donnes un facile « 34 » aux jeunes avec qui tu pogottes. Mais tout le monde sait, à force de te voir perdre tes lunettes mi soleil / mi vue sur le dancefloor, que t’es rentré dans la quarantaine depuis bien quelques années. Ça te fait marrer, en vrai, de savoir que tout l’monde sait, mais que tu l’admettras jamais. Tu connais un peu tout le monde, dans l’univers néo-gabber 2018. T’écoutais du rap à Trappes, et c’est pas une blague, dans ton adolescence pas toujours bien foutue. Tu t’en es bien sorti, vu les notes que t’avais, et les cours que tu séchais. Tu comptes, aujourd’hui, tu pèses, dans la Télécom. T’habites dans le 15. T’écris toujours des raps. Que tu feras jamais écouter à personne. Ha si, à tes gosses ; eux, tu leur as déjà fait ton show. Marlon, 5 ans, et Sylvie, 8 ans, des futur danseurs de gabber. Ils s’accrochent à tes pattes, tous les samedis à 21 h, pour pas qu’tu partes. En vrai, ils aimeraient juste pouvoir t’accompagner, casser du pâté sur le dancefloor et checker des keums dans la foule des corps. Ta femme, elle gère. Elle voit ses copines, elle fume des ter avec ses copains, et le dimanche matin, au retour de tes virées en mer, c’est des croissants et des pains aux raisins, que tu lui portes, en bon marin. Elle sourit toujours, tu lui racontes ta nuit, et tu t’endors sur son épaule, l’odeur du café dans les narines, le temps qu’elle se réveille. La douceur après la violence auditive. C’est ta vie. Ta nuit, pour que rien ne s’arrête de vibrer, là en dessous du t-shirt Thunderdome, malgré les années qui passent, dans ton palpitant qui s’agite.

L’artiste qu’on y attend : On a rien trouvé sur Benjamin Cochois, du coup on va aller voir et on va salement JUGER. Ouuuhhhhhh. Pression.

Heure de pointe : 18 h, déjà faits comme des rats.

Potentiel de chope : Vers 1 h 35, on te propose de jouer cartes sur tables et d’être dans le mouvement pour l’after. C’est sans doute plus tard, que tout se jouera.

% sauvagerie/déviance : 82 %, quelques points en moins pour l’heure qu’il sera et tous ceux qui rentreront chez eux toujours trop tôt.

Les bails : de 16 h à 1 h 45 ; 9 euros.

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4 – du 19 au 23 septembre – OFFF. (PARIS/BANLIEUES)

Pourquoi ? Parce qu’on adore le bruit.

En vrai ? Un festival qui met en avant les cultures noise, c’est si rare à Paris qu’on s’y intéresse de suite. Alors quand en plus la programmation défonce, tout comme l’édition 2017, direct, on y fonce. Attention les oreilles, et merci Offnoise !

Tu es… Mona. Tu fais pas partie des gens pour qui « c’était mieux avant ». Toi, tu colles à ta génération avec tout plein de trucs d’hier qui se mélangent à l’aujourd’hui. T’écoutes des trucs qui déglinguent un peu. De l’EBM à la cold, en passant par le punk, le garage, le shoegaze, la noise et le grindcore. Tu t’inspires de tout, pour découvrir toujours plus de trucs que tu connaissais pas hier. Tu écumes les Bandcamp, à la recherche de ta merveille décadente de la semaine. Tu saignes les caves de toutes les villes d’Europe, à la recherche DU groupe inconnu qui te fera rendre les armes. Tu ponces tous les magasins de vinyles à la recherche du disque que personne d’autre n’aura. Ton cerveau, tu le mets sur OFF, sur MUTE, sur EN VACANCES, quand la musique vrombit. Tu décolles, sans substance, tu t’immerges, sans fausse mouvance, tu t’enfermes dans le son, dans ce qui bouleverse l’intérieur. Sorte de méditation, la noise, pour toi, c’est un renouvellement perpétuel. Un truc qui mourra jamais. En tous cas pour toi. Un truc qui vendra jamais son âme. Ni au plus offrant, ni au plus attrayant. La noise est pour toi, religion, tendre secte qui fait sourire, bulle sans savon qui fait frémir, réveille, peau et talons dans l’ennui. La noise, c’est ta came sans came, ta liberté de prêcher.

L’artiste qu’on y attend : Pour le premier jour, EXTREME PRECAUTIONS, le side project de Paul Régimbeau aka Mondfopf, ouh la la. Puis TH DA FREAK pour le troisième. Les progs des trois autres soirs n’ont pas encore été annoncées. On s’attend à d’autres merveilles.

Heure de pointe : Tout dépend, mais on prévoit une belle flopée de terreurs le samedi 22 au soir à la Halle Papin… bbrrrrrrr…

Potentiel de chope : entre 12 et 90 %

% sauvagerie/déviance : entre 12 et 90 %

Les bails : « Prix libre jusqu’à 20h. Puis 4€ et plus si tu veux. Tous les soirs. »

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5 – samedi 22 septembre – ¡ Arrêt Sauvag.e ? (Cabaret Sauvage)

Pourquoi ? Une soirée « sauvage », au Cabaret « Sauvage », dans le magazine des nuits « sauvages ». Bon… t’as compris quoi.

En vrai ? Parce que cette date sent bon l’été. En regroupant quelques uns des collectifs les plus cools, drôles et ensoleillés des environs, de Otto10 à Camion Bazar, en passant par Mic Mac et Pardonnez-Nous, sur 16 heures de fête en intérieur/extérieur, ¡Sauvage? réussit un coup de maître pour son closing de la saison.

Tu es… Sandrine. La petite trentaine qui pointe le bout de son nez dans trois jours. Et tu refuses qu’on en parle. Tu préfères faire comme si c’était pas vrai. Et que t’allais pas, non non non, passer de « l’autre côté ». Tu suis Camion Bazar depuis… le 29 août 2015, au Cabaret Sauvage déjà ! Déjà plus de trois ans que tu n’en rates ni une bouchée, ni un envol de vinyle. Pourquoi ? Pour la bonne humeur de Romain Play, les sourires de Benedetta. Leur folie, leurs pépites, leur complicité… Quand tu les retrouves, c’est comme la famille. C’est tout doux, tout chaud, et tu cales ta danse sur la tendresse des voyages qu’ils proposent. Le closing de la saison ¡Sauvage? tu le déplores, oui, c’est la fin d’un truc bien, car leurs rendez-vous ont su te faire oublier, les vacances que t’as pas pu te payer. On était entre copains, on se retrouvait là pour s’évader, entre flirts sans appel et découvertes humaines sans pression, c’était tout bon, tout aussi agréable qu’une partie de Molki sur une plage d’Oléron. Enfin presque. Mais comme toute bonne chose a une fin, tu iras toi aussi, au côté de Martin, Jérônimo, Sadouane et Henri, célébrer la fin de l’été, un samedi 22 septembre bien tombé.

L’artiste qu’on y attend : Pit Spector et les mignons de Pardonnez-Nous

Heure de pointe : 18 h 30 car le temps se sera un peu refroidi mais que c’est encore l’heure de prendre le soleil sans trop trop se les peler !

Potentiel de chope : Un beau 93 % ; c’est un peu la cérémonie du love ; câlins à gogo et coeur sur fronts déposés. Que du bonheur, si si ! Du coup, dans la confusion et l’échange de flux, une chope n’est pas à écarter.

% sauvagerie/déviance : 74 % en journée, c’est foufou, mais pas déviant/chelou non plus ! Un petit 84 % vers 4 h 32.

Les bails : de 14 h à 6 h ; de 13 à 20 euros

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