Parce que de plus en plus, on sort par habitude, par ennui, ou par automatisme. C’est jeudi et la semaine se fait déjà trop longue. C’est vendredi, la libération. C’est samedi, pousser encore un peu le vice. Rappelle toi ces années où tu stalkais tes chanteurs préférés, rappelle toi ce temps où tu te réservais pour le dj qui savait, comme personne, te faire danser. Sortir pour voir un.e artiste en particulier, et pas pour t’éclater la tête, c’est la bonne résolution qu’on te lance pour ce début d’année !

Voilà pourquoi cette sélection. Parce que DIX ça sonne bien, c’est rond, et ça donne envie de s’intéresser à un truc. DIX. Assez pour avoir le choix. DIX. Pas assez pour s’y noyer. Dix artistes auxquels tu n’aurais pas forcément pensés. Parce que pas encore assez connu, parce qu’oublié dans un coin de ton iPod, parce que tu n’en avais jamais entendu parler (et tu te demandes encore pourquoi), parce que tu n’étais même pas au courant qu’ils passaient dans ta région mais qu’en fait tu les adores. Dix artistes à ne pas louper, pour la joie de ton cœur, pour ta soif de musique, de découverte, pour ton envie de braver les nuits encore et encore et de te planter devant une scène avec la joie d’un enfant. Et ne plus bouger. Ou sur ton passage, littéralement, tout défoncer ?

1 – FATAL WALIMA (FR)

Le vendredi 5 janvier pour La Station invite Syndrøm Recørds et Ygrk Klub à La Station-Gare des Mines

fatal-walima

Pourquoi lui ?

Parce que l’EP que vient de sortir Fatal Walima aka Youssouf Beny, Azraq Vision sur le label [Re]sources, est la juste naissance de ce qui pouvait se faire de mieux, en France, en matière de musique breakée. Dernière pépite de la bande de Cergy, c’est au sein du collectif YGRK KLUB que Fatal Walima a grandi, au côté de noms tels que Bamao Yendé. On aime l’étrange complexité de ses tracks et l’énergie club d’une musique de méditation.

Non mais en vrai ? Pour le clip complètement psychédélique de Swan

Son p’tit plaisir coupable ? Les personnages 3D bleus ?

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Des pétales de violettes

Sa couleur ? Bleu / afrobeat

Notre track fétiche

PS : pour info, cette soirée a été annulée exactement 3 minutes et 57 secondes après notre publication ; on vous invite tout de même à découvrir Fatal Walima, sur les Internets, en attendant qu’il soit bookés ailleurs. Sic.

2 – TONOTOPY / FOREIGN SEQ. (FR)

Le samedi 6 janvier pour Landon Cyber Exchange #01 à Collectif 23

tonotopy

Pourquoi lui ? Pour le côté “155 bpm” et surexcité de la chose.

Non mais en vrai ? Parce que Tonotopy c’est comme une époque de rave post-rave, mais post 2018 également. Un monde qu’on a pas encore connu, mais qu’on imagine. À la fois apocalyptique, branché nature, à l’idéologie vague et pas mal perchée, un monde où les sonorités actuelles seraient dépassées, un monde où tout, jusqu’au plus petit mouvement d’orteil serait entendu, écouté, et deviendrait musique. Un monde, des plus, évidents, en somme.

Son p’tit plaisir coupable ? L’année 1943, mais on sait pas pourquoi

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Le sonotoe de papi

Sa couleur ? Vert fluo / acide techno

Notre track fétiche :

3 – CREDIT 00 (AL)

Le vendredi 12 janvier pour LYL à La Station: Credit 00 (Live), The Pilotwings, OKO DJ à La Station-Gare des Mines

credit-00

Pourquoi lui ? Parce que le big boss de Rat Life Records a plus d’une corde à son arc, et clairement le chic pour filer le bourdon, de la plus douce des manières. Entre tendresse apocalyptique du passé et mélancolie avancée du futur, la musique de Credit 00 fait voyager, d’avant en arrière, sans jamais vraiment savoir où l’on est, ni où l’on va. Mais on y va.

Non mais en vrai ? Parce qu’il est doué ? Pas juste inspiré, mais doué, techniquement, pour te sortir des tracks que t’as entendus nul part ailleurs. Parce qu’il passe d’un style à l’autre avec élégance, et avec toujours le même flegme à.. l’allemande et ce mystère qui l’entoure, ce mystère qui fait les plus grands, dirons-nous. C’est un boss, un big boss, respect.

Son p’tit plaisir coupable ? Les petites machines, les synthés qui font beaucoup de bruit(s)

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Une petite figurine d’alien

Sa couleur ? Jaune / Expérimentale vision du futur

Notre track fétiche

4 – GRAND 8 (FR)

Le samedi 13 janvier pour Pschit – Nuit Déviante #2  à Petit Bain

grand8

Pourquoi eux ? Parce que Grand 8 s’inscrit dans l’anti capitalisme actuel de la musique. Duo d’improvisation formé en 2015, Grand 8 est une attraction sonore qui ne planifie que peu à l’avance. Comme sur un petit train, on contemple le paysage avant de se laisser surprendre par la descente. Le chemin a beau rester le même, les sensations évoluent au rythme des passages successifs. C’est méditatif, cinétique, un peu flippant, on adore.

Non mais en vrai ? Parce qu’ils seront en trio avec les images de Pabloïd un vidéaste de talent; à trois, ils vous feront décoller, et sauter tête la première, mais sans parachute.

Leur p’tit plaisir coupable ? Les plages abandonnées

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : Les pages arrachées d’un carnet de poèmes qui ne sera jamais publié

Leur couleur ? Bleu-gris / expérimentale contemplation des plages désertiques

Notre track fétiche

5 – NEWA (Géorgie)

Le samedi 13 janvier pour  BANCO #1 à La Java

newa

Pourquoi elle ? Parce que t’en connais beaucoup toi, des artistes dj géorgiennes ? Réussis seulement à prononcer correctement le nom de la capitale de ce pays et tu seras content.e.

Non mais en vrai ? Parce que c’est la première date parisienne d’une des pépites du moment. Venue du grand est, peu connue encore ici, Newa aka Ana Kublashvili, est une des résidentes les plus en vue à Tbilisi (la capitale que tu cherchais juste au dessus). Après un premier EP partagé avec Abdulla Rashim, elle sort en fin d’année Icon Trax également sur Klockworks & Semantica (BenKlock, DVS1, etc). C’est puissant, frénétique, et tourmenté.

Son p’tit plaisir coupable ? Les grandes questions sur la place des Internets dans ta vie.

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Un portrait de Jeanne D’Arc pour une dédicasse

Sa couleur ? Vert d’eau / techno

Notre track fétiche

6 – KALTÈS (AL)

Le samedi 13 janvier pour Wet For Me – Happy New Queers Edition à La Machine du Moulin Rouge

kaltès

Pourquoi elle ? Parce qu’elle fait partie de female:pressure, aka LE réseau international de référencement ayant pour objectif de mettre en avant et de promouvoir plus de 2000 artistes femmes, transgenres, intersexes et non binaires venant de milieux aussi complexes que ceux de la musique électronique, la presse, la recherche ou les arts digitaux. Son très attendu Protest EP, en collaboration avec Nene H., sortira en février sur le très affirmé label Eotrax.

Non mais en vrai ? Parce que tout est prétexte à soutenir une artiste quand elle est talentueuse. Kaltès, elle fait partie de ces dj de l’underground berlinois qui restent longtemps dans l’ombre, mais souvent pour le mieux. Parce que la lumière brûle et qu’il est de ces choses que l’on veut garder secrètes.

Son p’tit plaisir coupable ? Les aller-retours Nantes/Berlin

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Ton numéro, si tu veux figurer sur le listing de female:pressure ; sait-on jamais.

Sa couleur ? Rouge / techno

Notre track fétiche

7 – RUN X (FR)

Le jeudi 18 janvier pour Bottom : Le Refuge au Gibus

run x

Pourquoi lui ? Pas forcément le plus médiatisés des résidents du crew Berlinons Paris, Run X en est pour autant un des plus expérimentés. Habitués des free, il émerge sur la fin des années 1990. Aujourd’hui à la tête de son propre label, Caos Nostra, il pratique aussi chez Tripalium.

Non mais en vrai ? Pour son univers à la fois linéaire et envoûtant. C’est très sombre, on se croirait perdu dans un mauvais rêve, une forêt noire, dans un remake d’Eraserhead peut-être, et étrangement, on se retrouve à… adorer ça.

Son p’tit plaisir coupable ? Le homard

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Une luciole

Sa couleur ? Gris / techno

Notre track fétiche

8 – KAPTAIN KADILLAC (FR)

Le samedi 20 janvier pour Kindergarten #03 à Petit Bain

kaptain cadillac

Pourquoi lui ? Parce que la rumeur dit que le mec ne se déplace qu’en vieille voiture de luxe ; on dit aussi que personne n’a jamais vu son vrai visage ; ha non, ça c’est l’autre.

Non mais en vrai ? Parce que la musique qu’il joue, on appelle ça de la “booty bass musique” et qu’on adore l’appellation ; ça excite les papilles, fait frétiller le tympan, s’agiter les mimines. Plus sérieusement, Kaptain Cadillac est un des plus fiers représentants français de la musique breakbeat et de ghetto house. Résident Rinse France, le mec transforme tout ce qu’il touche et te prouve un peu plus chaque jour, que de là à transforme le hip-hop en techno et la techno en musique ghetto, il n’y avait.. qu’un booty shake.

Son p’tit plaisir coupable ? Les booty calls

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Les clefs d’ta merko, par simple provoc’.

Sa couleur ?  Rôle pâle

Notre track fétiche

9 – FASHION ITALIA (FR)

Le vendredi 26 janvier pour La Nuit Meteo à l’Officine 2.0

fashion-italia

Pourquoi lui ? Pour le côté 100% software de sa musique. Puis pour son site complètement barré qui te ramène à tes premières virées Internet, le début des années 2000, tout ça tout ça. Fashion Italia fait partie de toute la bande d’Hyperalliance mais c’est surtout le Raphael des célèbres Le Vasco.

Non mais en vrai ? Pour l’envie de se perdre dans un Tétris de game boy. Puis pour le titre de l’EP : “faut-il manger les animaux”. Grande question que celle-ci.

Son p’tit plaisir coupable ? Les ondes wi-fi

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Tes vieilles boîtes de connexion AOL

Sa couleur ? Bleu fluo / musiques émises des Internets sans propulsion certaine

Notre track fétiche

10 – QUAL (AL)

Le mercredi 31 janvier pour Qual & Sydney Valette & IV Horsemen au Point Éphémère

qual

Pourquoi lui ? Parce que Qual alias William Maybeline est la moitié du duo Lebanon Hanover. Et juste ça, ça devrait pouvoir te suffire. Non ? Interdiction de dire “non”.

Non mais en vrai ? Pour le côté beaucoup plus rêche de sa musique, plus penché vers l’EBM, plus saturé que Lebanon Hanover. Moins contemplatif, plus percutant. On pourrait appuyer sur “play” et se croire en 1984. Pas tous les jours qu’on peut voir de tels lives, alors on y court. Non ? Interdiction de dire “non”.

Son p’tit plaisir coupable ? Inspirer la joie de vivre aux gens ? Parler de sang et de corps (éteints) dans ses chansons. L’apocalypse quoi.

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Vu qu’une de ses chansons s’appelle  Spit on me, on te laisse deviner (ou pas)

Sa couleur ? Beige / post-punk, ebm

Notre track fétiche

Crédit photo Marie Rouge pour la Wet for me : darkdyke édition