Quatre ans. Déjà. Depuis les débuts de Container. CONTAINER. Ou l’une des soirées techno de la capitale les plus méchamment alternatives. Un son, une ambiance, des lieux. Sombre, sombre, sombres. Container c’est la techno sale remise au goût du jour. C’est un parti pris complètement assumé dans le déchirage de gueule. Une envie de frapper très fort et de tout envoyer en l’air. Une techno qui vibre à des kilomètres à la ronde. Pas une soirée pour les rigolos. Et sans doute la soirée techno la moins “jeune public” de Paris.

Vendredi, le crew de Container tire sa révérence au Glazart pour une démolition dans les règles. Au programme, un plateau 100% résidents. Et pas des moindres : DJ Varsovie, ILLNURSE, Panzer, BLNDR, PAULIE JAN et Dims. Autant de noms qui sont aujourd’hui références. Rien que ça. La crème de la crème. L’occasion pour nous, de les attraper cinq minutes avant Container : The End, juste avant de les laisser voguer vers d’autres tout aussi cools projets à venir. Rencontre !
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Présentez-vous ou taisez-vous à jamais !

Félix : 23 ans, modèle nu, fondateur du collectif (DJ Varsovie)
Tom : 24 ans, musicien / AVS, cofondateur du collectif (BLNDR)
Fred : 28 ans, musicien,  infirmier, dj résident du collectif (ILLNURSE)
Charles : 24 ans, régisseur son et vidéo à Sciences Po paris, cofondateur / dj résident du collectif (Panzer)

Vous êtes combien ? Depuis quand le collectif est-il actif ?

Félix : Au tout début nous étions deux puis d’autres nous ont rejoint en cours de route, au début pour nous aider à organiser les soirées puis certains se sont mis à jouer aussi. Le collectif est actif depuis 2013 !
Tom : L’initiative de la création du collectif est partie de Félix et moi, mais nous sommes aujourd’hui sept membres actifs.
Fred : Je me suis incrusté dans le collectif dès la première soirée, j’avais rencontré Félix quelques semaines avant à la Techno Parade. On avait accroché tout de suite autant niveau musique que whisky.
Charles : C’est effectivement en croisant nos urines avec Félix et Fred à la fin de la techno parade de 2013 dos à une meute de CRS que Fred nous a rejoint.
Fred : “Ça arrive à tout le monde, de vouloir se vider le crâne un bon coup”

Quand il est 4 h du matin et qu’on vous demande ce qu’est Container vous répondez quoi ?

Félix : C’est notre fin d’adolescence, il fallait qu’elle soit violente, comme le mois de septembre
Tom : Le début de l’entreprenariat. Un projet impulsif et passionné. Une belle histoire d’amitié. Des emmerdes financières.
Fred : Encore un immonde bordel dans les backstages.
Charles : Un super projet entre copains de longue date.

Bon mais en vrai, du coup, c’est quoi ?

Félix : Une start-up qui fait des cigarettes électroniques…
Tom : Et des coques d’iPhone 
Fred : Je dirais juste une bande de pote qui a rassemblé ses potes, puis les potes de leurs potes, pour finir par toucher pas mal de monde… on a toujours senti cette ambiance famille” à nos soirées. Plein de groupes de gens qui se mélangent parce que tout le monde se connaît indirectement finalement. 
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Comment elle est née cette soirée Container d’ailleurs ? Le nom vient d’où ?

Félix : Le beau-père de Fred travaillait au havre… non, on hésitait avec plusieurs noms clichés de techno, celui là sonnait le mieux…
Tom : Il fallait trouver un nom rapidement . On s’est accordé en une demi journée sur celui ci .
Fred : Je tairai le nom naze que Felix et Tom ont failli choisir juste avant ! Container c’est parfait, ça sonne froid, métallique, comme la musique qu’on aime, le lien semble évident non?

Charles : Dans la chambre de Félix à Vincennes, Tom et lui avaient au départ un projet musical qui s’appelait le Parlement et n’avaient aucune scène pour jouer, nous avons donc décidé avec nos contacts de leur en créer une.

Organiser des teufs pour vous, ça représente quoi ?

Félix : De belles émotions, encore une fois c’était ce dont mes 18 ans avait le plus besoin et puis … l’URSSAF
Tom : Au début une opportunité de pouvoir nous faire jouer nous et nos potes, ensuite celle de pouvoir inviter des artistes que nous admirons.
Charles : Des concours de lancer de nain à n’en plus finir.

Vous pourriez me parler de votre toute première Container ?

Félix : Incroyable … je me sentais comme dans un rêve, chaque morceau joué émanait une telle force … j’avais l’impression d’être une sorte de dieu qui jette de l’or sur la terre …
Tom : Un total manque d’organisation … Nous étions totalement inconscients des enjeux que représentait la soirée mais nous l’avons menée à bien jusqu’au bout … 
Fred : Pour moi c’était la première fois que je mixais 3 h et devant un vrai public ! J’étais à la fois hyper excité et en même temps assez flippé… Puis ma copine de l’époque était morte bourrée, elle a dégueulé sur des gens au coin chill dix minutes avant mon set. C’est le meilleur souvenir que je garde de cette fille. 
Charles : Une ancienne usine pharmaceutique squatée à Cachan, un super gros bordel.
Charles : “Mon rêve ? Danser le Gangnam Style sur la tombe de Steve Jobs.”

Le truc dont vous êtes fiers avec les soirées que vous organisez ?

Félix :  Le succès qu’on a pu avoir … ah la jeunesse…
Tom : Avoir réuni un public fidèle et fait découvrir la musique techno à ceux qui ne la connaissait pas. Puis surtout d’avoir fondé un si beau projet avec mes amis, projet qui à réussi à fédérer de l’interet sur la scene parisienne …
Charles : La reconnaissance des gens après un super dj set / une soirée qui s’est bien déroulée.

Votre rêve à chacun dans la vie ?

Félix : Epouser Cara Delevingne … mais bon je crois qu’elle sort déjà avec Michelle Rodriguez.
Tom : Pouvoir vivre pleinement de la musique.
Fred : Rester en bonne santé infiniment. Tant que t’es en bonne santé tu trouves le temps et la motive pour tout.
Charles : Gagner à l’Euromillions / danser le Gangnam Style sur la tombe de Steve Jobs.
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Qu’est ce qui fait qu’on arrête une soirée ?

Félix : Le désir qui s’en est allé … et puis, l’Urssaf
Tom : La saturation de soirées sur Paris et le manque de motivation pour essayer de rester au devant de la scène. Notre motivation s’est déplacée vers de nouveaux beaux projets à venir..
Charles : D’autres projets, plus les mêmes envies qu’avant, la prise en maturité.

Le DJ que vous auriez rêvé d’inviter (et vous en rêvez d’ailleurs toujours) ?

Félix : DJ pierre Sarkozy aka DJ Mosey … non, moi ce serait Orbital 
Tom : Aphex Twin sans aucune hésitation.

Votre plus beau souvenir de Container ?

Félix : Nuit Container 4, c’était au milieu des cités de Saint-Denis, dans une ancienne MJC squattée, on a fini notre set sur Du Hast de Ramnstein … des gens m’ en parlent encore.
Tom : Toutes les soirées en squat étaient magnifiques … Une énergie indescriptible et sauvage s’en dégageait.
Charles : Les premières soirées que nous organisions, le premier closing de Fred et Tom avec Love de Luke Slater.
Félix : “Pourquoi on va en after ? Pour se défoncer encore plus, et j’imagine que certains ont l’espoir de se faire pé-pon.”

Sans transition, votre track préféré à écouter en after c’est quoi ?

Félix : Je ne vais pas en after.
Tom : Koto, Visitors ou Film d’Aphex Twin

FredAnd One Methammer. Pour le côté complètement WTF et parce qu’il réveille les gens un peu trop étourdis.

Charles :  Un morceau de Somatic Responses : Emotion to noise.

Pourquoi on va en after d’ailleurs ?

Fred : Pour se défoncer encore plus, et j’imagine que certains ont l’espoir de se faire pé-pon.
Tom : Par amour de la fête , de la camaraderie et du forçage . Il y a parfois une grande part de déni aussi !
Fred : Ah les afters ! La spirale infernale… tellement raison d’aller en after… on va pas se mentir, c’est jamais parce qu’on a bu trop de RedBull hein! On a une blague entre nous, on appelle ça finir en roue libre. Ça arrive à tout le monde, de vouloir se vider le crâne un bon coup, et la roue libre, on peut dire que c’est un moyen très efficace pour ça.
Charles : L’after ou le passage obligé de la roue libre (rires). On y va dans l’espoir de baiser des mineures et de prendre un peu plus de drogue (rires)

Et pourquoi on fait (beaucoup) la fête ?

Félix : Pour oublier la cuisine anglaise … non, les gens ont des boulots pétés, souffrent, ils ne veulent plus se rappeler de leur semaine toute naze.
Tom : Pour la roue libre.
Fred : pour écouter de la musique, pour la roue libre, pour draguer des hommes beaux, des femmes moches, mais toujours s’amuser avec des belles personnes.
Charles : Pour la roue libre entre potes et oublier ses amours de jeunesse.

Le truc le plus WTF qui vous soit arrivé en soirée ?

Félix : Les gens se sont mis à chanter la Marseillaise dans la file d’attente.
Fred : Je sais pas si on peut dire que c’est WTF, mais je me rappelle d’une de nos soirées au Trabendo où l’on avait invité Cassegrain et Exal. C’était un sacré foutoir ! J’ai un souvenir d’un pote complètement saoul, qui avait installé un transat sur scène derrière Exal qui mixait. Il lui hurlait : défonce les, défonce les fiston” avec un accent du Poitou Charente. 
Sinon en moins golri, un jour pendant une de nos teufs en squat, j’ai vu un jeune se manger une droite en direct par un des squaters qui était en train de ravitailler le bar en bouteilles. Le pauvre gars avait essayé de lui voler une bouteille ! C’était ça aussi les squats. La liberté, mais reste tranquille quand même.
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Un ou des collectifs / soirées dont vous vous sentez proches ?

Félix : BP ….
Tom : Blocaus & Possession
FredOn est effectivement très potes avec Blocaus, BP et Possession, je pourrais ajouter Fée Croquer aussi, pour qui on a déjà joué lors des Kollectiv Warehouses.
Charles : Blocaus / Possession / Jeudi techno / BP / Fée Croquer

Les projets, maintenant, c’est quoi ?

Félix : Avec Tom,on ouvre un Label qui s’appel Intervision, notre première sortie sera fin septembre…
Tom : Yes et Paulie Jan ! C’est un projet sur lequel nous investissons beaucoup de temps et d’énergie. On a hâte de le dévoiler au grand jour … Nous sommes également tous dans le collectif très investi dans nos projets musicaux personnel.
Fred : On bosse tous énormément sur nos projets personnels, qui ont pu profiter des soirées Container pour se développer. 
Charles : La musique, la coke, les putes et les dollars.
Crédits photos : Anaïs Duvert, Michael Sebag, S&E