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Pourquoi faut il emmener ta chope de Saint-Valentin danser sur des gros Beat (Addicts) au Nexus ce 15 février ? – Heeboo
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Pourquoi faut il emmener ta chope de Saint-Valentin danser sur des gros Beat (Addicts) au Nexus ce 15 février ?

Février 12, 2020

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Le 15 février se tient la Disorder x Rave Alert, au Nexus à Pantin. Les deux collectifs français et belge, Beat Addicts et Rave Alert donc, s’allient pour te proposer 15 heures de teufs, éprouvantes mais au delà de toutes tes attentes. Comme on est des petits déglingués en herbe, on est allés poser des questions à Jonathan et Aurélien de Beat Addict pour qu’ils nous parlent de l’évolution de leur crew : de leur première soirée sauvetage de BDE, en passant par une péniche, jusqu’aux 1500m² du Nexus à Pantin. Pari réussi non ?

Si toi non plus t’es pas vraiment fan des soirées mousses, ou de la Saint-Valentin, et que les raves te manquent depuis que t’as déménagé à Paris, on te propose de courir à la Disorder ce week-end. Le collectif te donne rendez-vous avec un Cupidon (sous acide) pour 9 heures de teuf, puis encore 6 heures à l’after, car quand y’en a plus, y’en a encore.

On fait les présentations ?

Jonathan :  Jonathan Herlem (nom d’artiste IND). Je m’occupe de la programmation , production et suis également resident des soirées Disorder ou je me produis en live.

Aurélien : Aurélien Kaas. Président, directeur artistique, programmateur, producteur, relou et râleur en titre ; en gros on peut me décerner le titre du couteau suisse casse couille hahah 

Beat Addicts pour vous c’est arrivé comment, quand, pourquoi ?

Jonathan :  Je connais Beat Addicts depuis super longtemps en fait vu qu’avec Aurélien nous sommes amis depuis de nombreuses années ! Et puis un jour il a eu la merveilleuse idée de me pervertir en me demandant de jouer sur une de ses soirées, une “This is techno, fool!” à la Peniche Cinema à Paris, mais uniquement si je mettais un peu d’Acid dans mon set. J’ai donc repris un set techno que j’avais en y intégrant des Acidline vu que je ne joue que mes propres productions. De là les Disorder ont commencé et à force d’amitié et de connivence je me suis retrouvé résident et maintenant sur la programmation et production.

Aurélien : Oula je dirais que… Beat Addicts s’est créée naturellement car il nous a bien fallu un numéro de SIRET en Mars 2012  hahahhah. Plus sérieusement ça a commencé sur quelque chose d’improbable. J’étais en école de montage, l’école connaissant ma passion pour les soirées et la musique électronique m’avait chargé de leur trouver un lieu. Ce que je fis en trouvant le Belushi (Crimée) qui m’avait donné une date, le BDE changeant d’avis à moins de deux semaines de l’événement je décidai de garder la date et de faire une soirée de dernière minute.  Un gros bordel sold out sans que personne n’y comprenne rien, la machine était lancée. Le cadre de Beat Addicts se dessina naturellement les mois qui suivirent avec mes deux acolytes de toujours Loulou (Pirat) et Papo.

Pourquoi ce nom d’ailleurs, Beat Addicts ? C’est venu comment ?

Jonathan : Mmmh je n’ai pas la réponse exacte à cette question mais connaissant Auré j’aurais tendance à dire que ça a du venir lors d’une cuite prononcée et dans l’urgence parce qu’à un moment faut bien trouver un nom quand même ahahahah

Aurélien : Hahahah je triche un peu mais oui effectivement on était dans l’urgence de trouver un nom pour créer nos statuts d’asso, on a toujours été accro aux sons et sous la douce suggestion de mon vieil ami Ozzy (de son vrai prénom) il nous paru plus que adéquat.

Crédit : Amandyn94

Pourquoi vous avez choisi de vous associer au collectif belge Rave Alert pour cette soirée ? 

Jonathan : Parce que la Belgique, c’est cool, et que les belges, ben ils sont cool aussi ! Non en vrai parce que c’est un collectif que l’on apprécie et qui ont la même vibe que nous en termes de programmation et d’amour du son, aussi une éthique derrière interessante.

Aurélien : Nous nous sommes rapprochés grâce à un ami commun Yoric (Jaquarius). J’avais rencontré Esther de leur équipe l’année dernière et nous avions bien accroché. Notre passion et nos goûts musicaux s’alignaient très bien et on peut le dire : ils savent faire de sacrées teufs. Cette année on a décidé de sauter le cap avec cette édition et vous nous retrouverez d’ailleurs chez eux à Gand (Belgique) pour une nouvelle collaboration le 23 Mai ! On a hâte !! 

C’est quoi l’univers musical de Beat Addicts ? C’est quoi le track ou l’artiste qui ne vous quitte jamais ? 

Jonathan : Ola, euuh c’est trèèèès large, mais aussi, bien qu’on en ait pas l’air, organisé et segmenté selon les soirées pour ne pas trop se perdre. Ainsi les « Stay young die pretty » étaient relativement plus orientées électro là où les « This is techno, fool », étaient orientées… techno (grosse surprise) et où maintenant les Disorder sont portées sur la Rave, l’Acid… Mais en vrai on à toujours eu à coeur de se faire rencontrer différents univers et proposer des line up variés en terme d’horizons musicaux mais cohérents en terme de vibe. Je crois qu’avec les Disorder on a trouvé le concept qui nous permet d’allier autant de la grosse indus, de la techno, de l’acid, de la rave, de la tribe, du mental et même une pincée de hardcore, le tout dans un voyage sonore qui a du sens.

Alors après en ce qui me concerne la track qui me quitte jamais ca dépend complètement du moment. Mais là en ce moment j’en ai une qui me rend zinzin clairement : ça vient du mythique label Hollandais Acid Anonymous et c’est la face B du 08 (le skeud), faite par un maitre du genre Rinse, et dont le nom est La Famiglia. Sorte de monstre de groove, twisted juste à point, joueur, vicelard et implacable : une tuerie absolue. De toute façon tout ce label est une bombe. Sinon en ce moment je suis sur du Paul Desmond Feeling Blue parce que ben en fait, ben j’écoute principalement du Jazz à côté de la techno. Et toc l’élitisme mdrrr!!

Aurélien : Notre univers musical a un spectre extrêmement large.  Tout va dépendre du projet sur lequel nous sommes penchés. « Stay young and die pretty », le « Madame Hyde’s Festival » ou encore les « Disorder » ont des identités bien propres mais on y trouvera toujours un éclectisme poussé. Sur Disorder en temps normal nous adorons pouvoir faire au moins deux scènes afin d’assouvir nos envies “ bourrines “  : Acid, Mental, Techno Industrielle, Acidcore, Hardcore. Ainsi que les plus “douces “ : Techno, Minimal, Breakbeat, Dnb, Prog etc. Pour ces éditions au Nexus, n’ayant qu’une salle (mais quelle salle mes aïeux!!) nous tendons vers des programmations qui se veulent plus évolutives, on y retrouve un fil conducteur évidemment  mais des artistes très différents au niveau de leurs couleurs musicales . 

Pour ce qui est des artistes ou de la track, c’est une colle ! Je passe ma vie à écouter des producteurs talentueux et faire un choix là dedans pour en sortir un morceau s’avère extrêmement complexe .  Mais je pense que Acid Rain de Culprate est en bonne tête de liste. Mais si vous voulez savoir ce qui ne me quitte jamais, j’ai un album qui me suit depuis mes 13 ans : SPEAKERBOXXX de OUTKAST sur le double CD avec The Love Below, je dois l’avouer, je suis un  fan de Big Boi de la première heure (oui vous vous attendiez à de la techno et bah non !). 

Crédit : Narkissos

C’est quoi votre façon de voir la teuf ?

Jonathan : Pour ce qui est de la teuf, j’ai commencé ça il y a maintenant près de 15 ans, entre rave et free party, et soirées drum’n bass dans les clubs parisiens comme le Tryptique à l’époque ou le Gibus. La teuf pour moi c’est un moment ou tout le monde finit par vomir non ? Plus sérieusement, la teuf c’est un moment de partage et d’abandon de soi, de son quotidien, mais aussi paradoxalement de prise de conscience de valeurs fondamentales comme : le respect de l’autre, l’attention a ceux qui t’entourent, la solidarité, l’autogestion et la découverte. C’est aussi un moment hors du temps qui peut changer ta vie, et des expériences de voyages sonores et de danse en transe que tu ne retrouves pas ailleurs. Après je fais certaines nuances entre rave et free mais ca c’est une autre histoire ahahah.

Aurélien : Elle varie à chaque sortie ! J’ai démarré par la free party en Normandie à l’âge de 15 ans, les clubs soirée mousse entre Évreux et Louvier ne me tentaient que très peu haha. La musique, la notion de liberté, la cohésion entre les orgas  et la facilité d’approche entre les gens m’ont tout de suite plu. J’ai essayé, en développant cette association de mixer, le cadre légal et mon amour pour la free afin de faire un environnement bâtard … Notre environnement !  La façon dont je la vois est une variable qui dépend complètement du moment. 

Votre pire ou plus beau souvenir de teuf ?

Jonathan : Y’a plusieurs souvenirs gravés ça c’est sur, comme une fameuse soirée à la Java à Paris avec des potes il y a de ça des années où on avait eu la merveilleuse idée de manger des buvards de LSD tout neufs “pour voir ce qu’ils valent” et où une partie des potes avait vomi absolument partout dans le club toutes les 15 minutes pendant que d’autres essayaient vaguement de draguer entre deux hallu ; ce qui bien sûr ne marchait absolument pas ; et moi me demandant pourquoi on était là, au final, à la base, quel était le projet déjà ? Tandis qu’un autre sous xta avait passé 20 minutes à remercier la meuf du vestiaire de lui avoir rendu son manteau au moment de partir. Sinon le Teknival de Bulgarie au bord de la mer noire en 2008, ça avait de la gueule quand meme.

Du reste pour ce qui est des rave légales j’en ai pas vraiment de précis parce que c’est surtout le fait de voyager pour jouer et rencontrer des gens partout qui est magique, de Göteborg à Berlin en passant par l’Espagne, la Belgique, l’Italie, la République tchèque, etc… C’est bouger pour la Techno quoi ça tue ! Apres je dois avouer que je suis particulièrement heureux de la Disorder du 28 décembre dernier au Nexus.

Aurélien : Oula dur de sélectionner le meilleur (oui notre vie est plutôt cool), le pire djo a déjà bien fait le job haha. Mais on va dire qu’un de mes préférés récemment c’était un levé de soleil sur le toit du camion d’une pote lors du Funky Freaky festival de septembre dernier avec les potes qui passaient nous faire le spectacle et nous donner à boire depuis le sol en parallèle. D’ailleurs si vous n’en avez jamais fait, FONCEZ, les copains de FRENDLEYKS ont organisé ça d’une main de maître ! Du freaks, du groove et des barres de rires en pagaille sur un site magistral. Faites une croix dans votre agenda MAINTENANT ! 

Votre coup de coeur musical de ce line-up ?

Jonathan : Tymon direct et Galactic force (Rataxes et 25D) ! L’un parce que c’est la puissance et le groove et l’autre parce que ce sont des magiciens du voyage sonore !

Aurélien : Tymon ses productions sont hallucinantes et nous avons déjà invités plusieurs fois D.A.V.E The Drummer et Chris Liberator mais je n’ai jamais encore eu l’occasion de les voir en  B2B et putain J’AI HÂTE ! 

C’est quoi l’heure que vous préférez pendant une soirée, celle que vous savourez le plus ?

Jonathan : La fin parce que on peut s’la coller ahahahaha. Non en vrai moi j’adore le milieu de nuit quand les gens sont à fond quoi et possédés par le son. Après, vu que moi j’ai double casquette c’est particulier quoi, en tant qu’artiste j’adore la fin de nuit quand tu joues et que tu libères les énergies, les gens explosent c’est terrible ! En tant qu’orga le milieu de nuit quand tu commences à voir que la machine est lancée c’est toujours très excitant.

Aurélien : Pas d’heure favorite, c’est un putain de tableau que je savoure avec une vision d’ensemble ! Les discussions, retrouver les potes au début, la folie de la mid-night et le sprint de fin. On va dire ce que je préfère dans la soirée bah c’est la soirée ! 

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C’est qui l’artiste qu’on rêverait d’inviter à une soirée mais on y croit pas trop ?

Jonathan : Gazmask ahahahahahaha (c’est une private joke ca doit faire deux ans qu’on galère à l’avoir). Sinon moi j’adorerais programmer Ansome mais ça je sais qu’on peut y croire alors ça repond pas vraiment à la question mais tant pis mdrrr… Sinon Aphex twin bien sûr ou Nic Endo (mais j’suis pas sur que les gens seraient prets… ni nous d’ailleurs).

Aurélien : OUI GASMASK bordel ! (on continue d’y croire haha). Sinon Blawan mais je pense que d’ici un an ou deux ça pourrait être complètement réalisable. Sinon bah les Chemical Brothers, Aphex Twin , Fat Boy Slim… Je pourrais continuer un moment mais je finirai par pleurer.

C’est quoi le rêve de Beat Addicts, à plus grande échelle ?

Jonathan : Pour ma part de pouvoir grossir petit à petit en gardant notre éthique et pouvoir proposer des soirées toujours plus exigeantes musicalement, visuellement, toujours plus poussées sur la déco, le côté immersif et sans jamais baisser sur la qualité d’accueil de notre public, des artistes, de toutes les personnes qui bossent avec nous. Une soirée, on la fait tous ensemble et en étant ensemble on est plus fort pour proposer le meilleur.

Aurélien : J’avoue que finir par avoir notre festival afin d’étaler toutes nos palettes musicales et artistiques dans un plus grand ensemble serait un aboutissement parfait (sourire).

Adeline Journet

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