Les Nuits Sauvages

Peut-on contribuer à la recherche contre le cancer du sein en tapant du pied ? – Heeboo

Peut-on contribuer à la recherche contre le cancer du sein en tapant du pied ?

Avril 5, 2019

Yann Joal

Et la réponse est… oui ! Mais en Normandie. Car faire la fête, ce n’est pas seulement danser jusqu’au lever du jour à coup de goulées de bière sans bulles. C’est aussi une histoire, des codes, un moyen de se libérer, de protester et de défendre des causes. C’est pourquoi, l’association UPSET a choisi de s’unir contre le cancer du sein en organisant la deuxième édition du Festival Alphapodis qui aura lieu ce weekend à Alençon. Parce qu’il y a de quoi pousser un bon coup de gueule.

L’association UPSET qui signifie Union Paramédicale aux Sonorités Electro Techno est née en août 2016. Elle compte 25 bénévoles, tous membres de l’association dont une grande majorité de kinésithérapeutes de profession ou en études. Effectivement, c’est de là qu’est apparu ce noble projet étant donné que la kinésithérapie fait partie intégrante de la rééducation des patientes atteintes de la maladie. Le festival, quant à lui, est né de la volonté de matérialiser la passion pour la fête des membres de UPSET tout en oeuvrant pour la sensibilisation du cancer du sein. Le Festival Alphapodis c’est  donc un moment festif avec une programmation principalement techno mais aussi un moyen de prévenir la maladie. Au programme : activités ludiques de préventions et danse acharnée. À l’occasion du Festival Alphapodis #2 qui se déroule samedi 6 avril, l’association UPSET nous explique ses motivations. Venez nombreux !

Le Festival Alphapodis est né quand et comment ?

Festival Alphapodis : L’association UPSET que nous sommes (Union Paramédicale aux Sonorités Electro Techno) est née en août 2016. La première édition du Festival Alphapodis a eu lieu le 30 septembre 2017 pour l’ouverture d’Octobre Rose (mois de sensibilisation mondiale autour du cancer du sein) dans un manoir du bocage Normand.

Pourquoi ce nom là d’ailleurs, Alphapodis ?

Festival Alphapodis : « Gnagnagna Alphapodis c’est copié-collé d’Astropolis ! ». Et bien pas du tout (rires). Alpha Apodis est l’étoile la plus brillante de la constellation Apodis. Constellation aux allures d’oiseau de paradis : fleur colorée et symbole d’espoir. Elle convenait alors tout à fait à l’esprit qu’on voulait développer et on l’a gardée comme symbole de l’asso et du festival.

Pourquoi lier sensibilisation au cancer du sein et fête ?

Festival Alphapodis : On est kinésithérapeutes de profession ou encore en études pour une partie de l’asso. Il faut savoir que le cancer du sein et sa rééducation fait partie intégrante de notre profession. Nous avons un rôle important concernant la capacité des patientes à récupérer toutes leurs facultés physiques pour reprendre activité physique, profession et globalement les aider à reprendre une vie normale. Psychologiquement aussi nous avons un rôle : redonner confiance à ces patientes qui avant tout sont des femmes. Perdre un sein, donc un peu de leur féminité, peut évidemment être très perturbant émotionnellement. On a un grand rôle à jouer de ce coté mais la vie ne s’arrête pas là.

Enfin, le public de festivals est relativement jeune et nous on sait qu’un cancer du sein détecté tôt permet d’être guéri dans neuf cas sur dix. Le festival est un bon moyen de faire de la prévention sur ce public jeune pour qu’ils aient en main toutes les cartes afin de s’auto-dépister et ralentir encore plus cette maladie.

Crédit : Yann Joal

Concrètement, qu’est-ce que propose le festival concernant la sensibilisation et la prévention du cancer du sein ?

Festival Alphapodis : Tout l’après-midi du festival est gratuit. On propose un paquet d’animations et de découvertes. Notamment l’apprentissage de l’autopalpation par des étudiantes en sage-femmes ou encore la récupération de mèches de cheveux pour l’association Solid’Hair. Les mèches sont revendues à des perruquiers et l’argent des ventes permet aux femmes atteintes de cancer, qui sont dans le besoin financier, de pouvoir s’acheter des perruques. On propose également deux cours initiatiques de yoga et de méthodes Pilates. Ce sont deux techniques utilisées fréquemment dans la rééducation du cancer du sein pour retrouver souplesse et musculature. Sur le festival, on trouve aussi une série de témoignages photos de patientes en rémission ou des familles.

On propose également de venir déposer ses soutiens-gorges. Ils seront ensuite donnés aux associations locales comme Emmaüs, le Secours Catholique et quelques autres pour qu’elles puissent développer leurs actions sociales personnelles par la revente de ces soutifs. Ou encore parmi nos grosses animations, la « mammobile » sera là. C’est un camion qui sillonne les routes de Normandie afin de faire du dépistage en milieu rural pour faciliter l’accès aux mammographies. Enfin beaucoup d’animations, toujours tournées de manière ludique, le but ce n’est pas de faire peur mais bien de développer la connaissance de cette maladie et limiter sa propension !

« Le simple fait de parler du festival est pour nous quelque chose de moteur et tous les compliments qu’on reçoit nous permettent de mettre encore plus d’énergie dans la bataille. »

Un artiste que vous auriez aimé voir venir au Festival Alphapodis ?

Festival Alphapodis : On aurait vraiment aimé booker I Hate Models. Son univers est clairement le nôtre. Le coté indus du hangar et son énergie sur scène ça aurait été tout simplement fou ! On était plusieurs à la Possession à laquelle il passait de 9 h à 12 h. Même à 11 h du mat’ aucun sentiment de fatigue devant un dj comme ça !

Le festival se déroule dans une ancienne usine du groupe Seb Moulinex. Pourquoi ce choix ? On peut en savoir un peu plus sur le lieu ?

Festival Alphapodis : On avait réalisé notre première édition dans un manoir et on souhaitait voir si l’herbe était plus verte ailleurs. On a donc cherché un spot indoor dans un esprit industriel. Il y a 20 ans, Moulinex faisait travailler un pourcentage énorme de la ville d’Alençon et de sa périphérie. L’industrie y était en plein essor. À Alençon, tout le monde connaît les usines Moulinex. C’était donc également un bel avantage pour nous.

Le lieu c’est un hangar de 1000 m² totalement vierge que nous allons vraiment habiller comme une salle de spectacles : scène, bar intérieur, loges, coin chill, accès pour personnes à mobilité réduite, 600 m² de dancefloor. À l’extérieur : un bar, un point d’eau, de la restauration (locale et bio !) que nous faisons nous-même, un espace jeux toute la nuit et évidemment le spot des toilettes !

L’usine Seb Moulinex où se déroulera le Festival Alphapodis #2

En tant que public, comment fait-on pour être solidaire lors de l’événement ?

Festival Alphapodis : Premièrement, en venant ! Plus sérieusement, même si c’est très sérieux (rires), chaque petit geste réalisé lors de ce festival est solidaire. Toutes les retombées économiques qui découleront de cet événement seront réinjectées dans l’association. Nous développons tout au long de l’année différentes actions de prévention autre que le festival Alphapodis comme des interventions en lycée.s ou école.s de kinés. On cherche à développer les supports de communication de notre association pour promouvoir la santé via différents événements dont le festival Alphapodis qui est le plus gros. Donc chaque euro récolté compte. Mais au-delà de ça, le simple fait de parler de nous à son entourage est pour nous quelque chose de moteur et tous les compliments qu’on reçoit nous permettent de mettre encore plus d’énergie dans la bataille et ça fait du bien !

« The Wars of the Roses de Tim Tama est LA musique du festival. Titre lourd de sens, car les roses sont le symbole des femmes touchées par le cancer du sein. Nous sommes très fiers de porter ce combat avec elles. »

C’est quoi votre programmation ? Votre univers musical ?

Festival Alphapodis : Notre univers musical à tous est résolument techno. On accourt à des festivals comme Nördik Impakt, Panoramas ou encore la Peacock Society et les Nuits Sonores. Pour le coup on est aussi très fiers des artistes qu’on a réussi à booker. Ce n’est que notre deuxième édition et on peut se vanter d’avoir réussi à avoir : Darzack que tout le monde connait dans les soirées parisiennes, qui présentera son nouveau live, la pépite Tim Tama sera également des nôtres pour une heure trente de grosse techno indus qui collera parfaitement à l’atmosphère du hangar. On finira avec Vortek’s, normand en constante progression sur la scène core, qui viendra faire son live et décoller la peinture du hangar avec ses multiples prods énergiques !

Régulièrement dévalorisée, nous avons voulu aller à contre-courant et mettre en avant lors de l’ouverture le hip-hop et le rap avec 47Ter. Groupe de rap des Yvelines, qui ne cesse de monter, ils ont été programmés au FCKNYE à Bruxelles pour le Nouvel An avec tous les grands noms du moment. Ils vont aussi participer à beaucoup de festivals estivaux. On va dire qu’on a eu le nez creux quant à leur progression mais on n’en doutait pas. Puis on a eu l’occasion de les booker alors on s’est jeté dessus ! On s’est également appuyés sur nos locaux de BPM Room qui joueront un live novateur en ouverture de festival. Marina Trench et Ténéré s’occuperont en b2b, et à merveille, de la transition hip-hop vers la house puisque c’est Herr Krank qui joindra les deux bouts avec son live aux sonorités acid qui lui sont propres. On a déjà hâte d’entendre son titre « Acid Jazz » chez nous !

Crédit : david Antunes

Un track qui représente l’état d’esprit du Festival Alphapodis.

Festival Alphapodis : Quoi de mieux qu’un titre d’un de nos artistes pour définir Alphapodis ?! On peut dire que « The Wars of the Roses » de Tim Tama sur ARTS est LA musique du festival. Titre lourd de sens pour nous car les roses sont le symbole des femmes touchées par le cancer du sein. Nous sommes très fiers de porter ce combat avec elles.

Pour finir quel film pourrait représenter le festival ? Et quel objet ?

Festival Alphapodis : Je pense au film « Le Nom de la Rose » de Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery comme acteur principal. Pas besoin d’expliquer pourquoi ! Pour l’objet, on va dire des bottes. On a vraiment été en énorme galère avec la boue lors de la première édition. Un manoir c’est bien, mais en Normandie au mois de septembre, on ne peut pas vraiment dire que le climat soit aride ! Mais bon on s’est bien marré !

Emmanuelle Rouault

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