C’est le genre de personne qui, lorsqu’on le questionne sur ses passions en dehors de la musique, nous parle de composition. Grego G il parle musique, il rêve musique, il mange musique et il pense musique. Il nous entraîne, sans vergogne, dans les rave party du début des années 90 tout en embrassant les nouvelles possibilités musicales d’aujourd’hui.

On le retrouve, au côté de Romain Play pour un set acharné, vendredi soir pour la Paris Paradis au Nouveau Casino. L’occasion, pour vous et pour nous, d’en écouter un avoir un bel aperçu !

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Grego G, qui es tu ?

Grego G : Hello, c’est pas facile comme question mais je vais essayer de faire bref. Je m’appelle Gregory, la quarantaine et je suis marié avec deux enfants. J’aime le PSG, la bonne bouffe, le skate, les jeux videos et surtout, depuis plus de 20 ans, je partage mon amour de la musique électronique un peu partout dans les clubs et rave party à Paris, en province et en Europe en venant faire découvrir mes disques et ma vision du djing.

Tu es originaire de Paris, c’est bien ça ? C’était comment tes toutes premières soirées ?

Grego G : Je suis de province à la base. J’avais neuf ans quand ma mère a déménagé à Paris donc oui, je me sens plus parisien. J’ai eu la chance de découvrir les rave party au milieu des années 90. C’était magique mais c’était sûrement grâce à l’insouciance de mes 20 ans. Il n’y avait pas encore de téléphones portables et pas comme aujourd’hui cinq ou six soirées par samedi. Donc tous les week-ends tu pouvais retrouver à peu près les mêmes personnes. C’était des teufs dans des entrepôts et les styles de dj étaient mélangé donc tu en avais un peu pour tous les goûts. Mais le principe de faire la fête avec tes amis, en dansant sur de la bonne musique n’a pas trop changé.

Et aujourd’hui, tu sors beaucoup ? Si oui où ?

Grego G : Étant dj je suis souvent de sortie mais beaucoup moins qu’avant. En gros je vais écouter les artistes que j’aime là où ils se produisent en club ou en warehouse. On vit une super époque pour les musiques électroniques, ça c’est sûr… Après, au final, je me retrouve toujours à Concrete à un moment ou à un autre. C’est comme ça !

Tu trouves qu’il a beaucoup changé le monde de la nuit ?

Grego G : Oui et non, ce ne sont plus les mêmes visages. Disons que parfois je mixe pour les enfants de mes potes, qui venaient me voir en 1998, mais c’est génial aussi et j’adore ça. Pas plus tard que ce week-end j’ai mixé dans une warehouse a Ivry. Il y avait 2000 personnes et je me suis rendu compte, avant de jouer, que je ne connaissais absolument aucun d’entre eux. Ça m’a fait plaisir de me dire que je partage ma musique avec des personnes différentes tous les samedis.

Comment t’as commencé à mixer ?

Grego G : En teuf j’était subjugué devant des djs comme Derrick May, Jeff Mills, Francesco Farfa ou encore Jerome Pacman. J’ai saoulé mes parents pour qu’ils m’offrent des platines. Au final j’ai commencé à essayer d’imiter tous mes héros que j’écoutais le samedi soir en rave, solo dans ma chambre d’ado, en m’imaginant devant des foules en délire.

C’est quoi qui te plaît dans le fait de mixer ?

Grego G : Le fait de devoir évoluer et proposer a chaque prestation quelque chose de different. Il n’y a jamais de routine derrière les platines. Chaque teuf est différente, la vibe, l’énergie, l’horaire de passage. Tout est un nouveau challenge. C’est top et je ne m’en lasse jamais.

Tu penses quoi de l’effet de mode associé à la musique Techno ?

Grego G : C’est un peu loin de moi tout ça. Moi je mange, je dors, je vis Techno depuis plus de 20 ans donc pour moi c’est plus un mode de vie qu’une mode passagère. Après je suis heureux que la Techno soit moins diabolisée et plus ouverte à tous, c’est sûr.

Pourquoi on fait autant la fête d’après toi ?

Grego G : J’imagine que pour fuir le quotidien qui n’est pas toujours très simple a gérer, se retrouver le week-end avec ses potes à danser sur un bon dj dans un spot sympa ça aide beaucoup pour le moral et l’énergie.

Ta musique, en trois mots ?

Grego G : DETROIT, BUCAREST, PARIS.

Tu penses qu’on peut faire de la politique avec sa musique ? Tu penses qu’on peut faire de la musique sans qu’elle ne soit jamais politique ?

Grego G : C’est pas facile avec la Techno , cette musique qui n’est qu’instrumentale et où il n’y a pas forcement de chanteur… Après, le message que j’essaye de faire passer à mon petit niveau, c’est des valeurs de tolérance, d’amour et de partage. C’est la base de ma vision de la musique électronique. Il y en a marre en 2019 du racisme, de l’homophobie et toutes ces putains de discrimination de merde. Ce mouvement c’est que du love et du bonheur d’être ensemble.

À côté de la musique tu as quoi comme passion ?

Grego G : En fait depuis mes débuts dans ce métier je me suis concentré que sur le djing. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de composer ma musique. En fait, je ne pensais pas avoir cette envie en moi et au final depuis quelques mois, j’ai franchi le cap et j’ai investi dans un peu de matériel pour pouvoir  m’y mettre. Je regrette énormément de ne pas l’avoir fait avant, tous les jours j’apprends et je découvre des machines et des synthés. C’est passionnant et c’est mon plaisir ultime en ce moment. Dès que je ne mixe pas, je m’enferme dans mon studio et j’essaye de trouver la loop (ndlr la boucle) parfaite.

Ton grand rêve, c’est quoi ?

Grego G : J’ai eu la chance et l’honneur de mixer avec les plus grands djs. L’un des seuls qui manque à ma liste, c’est celui qui m’a le plus inspiré dans ma musique et dans plein d’autres choses. C’est bien sûr Ricardo Villalobos. Donc oui partager les platines avec lui ça serait magique pour moi… Je lance aussi mon label dans les prochains mois avec mon ami d’enfance Terrence Terry, les premières releases arrivent avant l’été avec plein de surprises sympas. Et pour finir mon plus grand rêve c’est définitivement de pouvoir sortir d’ici un ou deux ans mon propre album.