Pour te tatouer la peau en soirée, Martin Sauvage est l’homme de la situation. Le trait droit, ni trop fin ni trop gras, minimaliste mais fun et original, provocateur et rigolo, l’univers de Martin Sauvage s’adapte parfaitement aux lieux où il tatoue, et en l’occurrence, c’est, de plus en plus, dans le club, que son dessin est sans tabous.

Pour Martin Sauvage aka Guillaume de son vrai prénom, architecte de jour, tatoueur de nuit, aucun sens caché, aucune sphère mystico-mystérieuse derrière la figure du tatouage. Pour lui, c’est juste du décor, de l’ornementation, du fun, du fun, du fun. On le retrouve vendredi pour la première édition de ta nouvelle Tragedy de nuit, au 142 rue montmartre, entre un set de Violeta West, une montée dans les aigus de Martin Gugger (Salut C’est Cool) et une virée vers les enfers de Dear Abra. Rencontre post séance lol nocturne.

martin sauvage2

Ton véritable prénom / âge / le métier que tu prétends avoir ?

Pour ma mère et l’état civil c’est Guillaume. J’ai 30 ans et je suis architecte freelance. Mais depuis un petit moment maintenant je suis aussi Martin Sauvage, toujours 30 ans et tatoueur freelance.

Pourquoi « Martin Sauvage » ?

Tout simplement parce que architecture et tatouage sont deux activités et mondes bien différents. Le nom, lui, s’est imposé après un apéro entre potes et quelques pintes. Ça collerait bien à mon caractère « pas très facile » ahah

Ta première soirée en club, tu t’en souviens ?

J’ai mis très tard les pieds dans un club… ça devait être en 2008 dans un tout petit club gay à Melbourne… Je faisais une année d’étude en Australie et c’était les vacances. Aucun souvenir de la raison pour laquelle on s’est retrouvés la… juste qu’il y avait beaucoup trop de fumigène, pas grand monde et Rihanna en boucle…

Une anecdote de soirée, un truc cocasse ?

C’était pendant pour le closing de la Para, la soirée house qu’on organisait avant la Discoquette. Je m’étais mis en tête de faire grimper notre drag préférée Victoria sur un espèce de support d’enceinte à trois mètres de hauteur. On a réussi et elle a continué son show, complètement possédée, à plusieurs mètres au-dessus du sol. Les photos font peur mais c’était un super moment avec le crew de la Para.

Et la pire ? (même si aujourd’hui t’en rigoles sans doute)

Sans hésiter la coupure de courant au Pipi Caca back in the days. Dix minutes d’angoisse dans un mini-squat souterrain suintant par lequel t’accédais par un dédale de tunnels. Ça peut paraître con mais quand tu es claustro ce genre de situation c’est l’enfer sur terre.

La fête, ça tient quelle place dans ta vie ?

Ça fait partie intégrante mais il n’y a pas que ça non plus. Je l’ai beaucoup faite pour compenser un quotidien, un taff relou. Maintenant que je m’éclate dans mes boulots, ma façon de faire la fête évolue. Je sors un peu moins mais beaucoup mieux.

Tu as l’impression qu’on fait de plus en plus la fête à Paris ou le contraire ?

Je ne sais pas si on l’a fait plus ou pas mais je trouve que même si c’est pas Berlin, on est quand même bien servi. Nouvelles soirées, nouveaux clubs, nouveaux squats… ça change tout le temps et ça c’est cool

Et ça vient d’où, d’après toi ?

Il y a des gens vraiment motivés qui font bouger les lignes comme Renaud (Reno, de la House of Moda, ndlr) et Aladdin par exemple. Après on a tous besoin de faire la fête et Paris est une ville qui offre et stimule les opportunités même si on peut toujours faire mieux.

Toi, c’est quoi qui te pousse à sortir le soir ?

Pour voir les potes en dehors de nos petits apparts enfumés.

martin sauvage plaquette

Tatouer en soirée, c’est un truc qui t’est venu comment ?

C’est un truc qui se voit de plus en plus et comme avec les potes on organise tous les deux mois une soirée house + disco drag show ça s’est fait un peu naturellement. Puis après, le bouche à oreille fait le reste et on me demande maintenant de venir tatouer dans des soirées à droite à gauche. J’officie souvent aux soirées du collectif La Meute, et prochainement, vendredi 16 février à la Tragedy au 142 rue montmartre et samedi 17 à la Discoquette à l’Officine 2.0

Ton meilleur souvenir ever de soirée/club tattoo jusqu’à aujourd’hui ?

Sans hésiter quand j’ai participé au Pavillon des Tatoueurs au Pavillon des Canaux. J’ai pu officier parmi des tatoueurs que j’admire beaucoup comme Chantal Frontale et Mister Monster. Le tout sur du bon son et une ambiance survoltée.

« Faut pas s’attendre à une œuvre d’art quand tu te fais tatouer par un pote dans une cuisine à 5 h du mat après sept pintes »

Pourquoi les gens se font tatouer en soirée d’après toi ?

C’est plus facile, c’est sur le coup. Ça permet de marquer le coup d’une bonne soirée. Pour beaucoup, le tatouage est de l’ordre du mystique, quelque chose de très fort. Pour moi c’est tout l’inverse, ça n’a pas à avoir de signification profonde. C’est de l’ornementation, de la déco, c’est pour se marrer.

C’est quoi l’inconvénient dans le fait de tatouer en soirée ?

De gérer ceux qui ont trop picolé. Avec les l’alcool, les inhibitions tombent mais aussi souvent, la politesse.

De plus en plus de gens non formés se tatouent seuls, et tatouent leurs potes en soirée (ou non), tu en penses quoi ?

Moi je trouve ça cool. Faut laisser les gens s’exprimer. C’est comme ça que j’ai commencé, comme une grande majorité d’entre-nous. Il n’y a pas de formation pour devenir tatoueur ; soit tu apprends par toi-même, soit tu cherches à l’ancienne un apprentissage en salon, ce qui relève de l’exploit.

Après faut pas s’attendre à une œuvre d’art quand tu te fais tatouer par un pote dans une cuisine à 5 h du mat après sept pintes (rires). Il faut toujours se renseigner sur qui est le tatoueur, quel est son travail, voir des photos de tatouages qu’il a fait… et surtout s’il est en règle niveau hygiène.

Ton record de session tattoo de soirée c’est quoi ?

Ça doit être 5 ou 6, après t’es lessivé et t’as le dos en miette. Après c’est pas une course.

Le truc le plus cocasse que t’aie tatoué en soirée ?

Un mec m’a demandé de lui tatouer NO FUTUR sur les couilles. C’était pas vraiment le moment et le lieu pour ça. Je lui ai proposé qu’il vienne me voir en dehors de soirée pour ce genre de tatouage. A croire qu’il a changé d’avis depuis.

Tu te considères comme un fêtard ?

Oui quand même, même si maintenant je privilégie la qualité à la quantité.

C’est quoi la plus belle fête donc tu te souviennes ?

La plus belle fête ? Sans hésiter le closing du Sonar off à Barcelone en 2016. Un open air de folie, la mer, un live de Jacques, tous les potes, mon mec… On prenait tous l’avion le lendemain à l’aube pour aller bosser mais on a fait la fête comme jamais.

 Tu choisis comment tes soirées ?

C’est généralement un choix collectif. Ça va dépendre de pas mal de critères : line up, localisation, prix…

martin sauvage plaquette 2

Il t’arrive de sortir avec juste l’envie de choper ?

Ca va faire deux ans que je suis en couple. L’avantage de pouvoir se choper à volonté.

Le meilleur club actuel pour toi ?

Je ne suis pas sûr qu’il y en ait un en particulier qui sorte du lot. Chacun a ses avantages, ses inconvénients. Mais celui qui ne me déçoit jamais c’est le Chalet à Berlin.

Le remède qui soigne ta gueule de bois du lendemain ?

La natation, remède ultime. Par contre faut la motive. Sinon le combo Deliveroo/Netflix est pas mal, c’est d’ailleurs l’option retenue neuf fois sur dix

Ton heure d’arrivée moyenne en boîte ?

 2/3 heures

Heure de départ ?

Ça dépend de la soirée. Généralement jusqu’à la fin. Mais j’hésite pas à partir avant si je n’y trouve pas mon compte.

Drogue dure ou drogue douce ?

La bière ça rentre dans quelle catégorie?

Ton track de la teuf ?

Electro italo disco what the fuck…

Tu penses que tu seras quel type de teuffeur dans 10 ans ?

Je pense que ça sera beaucoup plus calme qu’aujourd’hui pour moi. J’imagine plus des grosses bouffes, du vin rouge et les mêmes potes par contre je sais pas si on sera toujours là à 9h du mat (rires).

Si tu as des gosses, tu les vois sortir comment dans 20 ans ?

Je serai sûrement devenu un vieux con d’ici là. Ils feront ce qu’ils voudront en se foutant bien de ce que je pourrai leur dire.

Un samedi comme un autre, 3 h du mat’, on te trouve où ?

Deux options possibles, un verre à la main chez les potes ou au fond du lit