Le live, l’incroyable confrontation. Faire face à la foule, parfois de salles parsemées, sous la torpeur des projecteurs. Dans l’ombre de spots qui clignotent sans révéler. La scène dégoulinante, l’improvisation forcée d’un affrontement brutal. Entre ce qui se « fait » et ce qui pourrait se « faire ». Le décalage fortuit et heureux entre la plate matière et la synergie synthétique d’une création franche et immédiate. À quelques notes près, la cohésion naît, la connexion se fait, l’orgasme vient.

Ce mois-ci, on a voulu te porter le poison à la bouche et flirter avec ce qui se fait de plus sombre et nébuleux en matière de nouvelle scène musicale. D’une version 2018 made in Montreuil du punk avec Bracco à la fougue tumultueuse et purement moderne de Krampf. En passant par le brutalisme et l’extase dantesque de Uzhur, et le groove électrique du supra pluridisciplinaire FLVN. Jusqu’au grime aux contours r’n’b’ sensuels et inquiétants de Shygirl. Des poisons bruts pour réveiller le dark side de ta nuit et flirter dangereusement avec les limites.

BRACCO

Vendredi 14 septembre pour Quartiers Rouges .01 à La Machine Du Moulin Rouge

Laurence Heintz

Nos 3 arguments :

  1. Bracco c’est du punk survolté d’aujourd’hui, une version arrachée du quotidien, une envie corrosive et incarnée de faire remuer la scène actuelle d’une nervosité qui semble sans limite(s).
  2. Toute sortie du génial label Le Turc Mécanique, est à écouter.
  3. Le duo est de Montreuil, raison de plus, c’est la place to be d’aujourd’hui !

Son beat ? Punk/wave/noise

% sauvage ? 87 % 

KRAMPF

Le samedi 15 septembre pour Voironland 3 à L’Aérosol

Nos 3 arguments :

  1. Le mec a les c******* de dropper des sets d’EDM sur son soundcloud
  2. KRAMPF c’est un peu le p’tit mec dont TOUT le monde parle sur Paris. Parfois c’est pour dire qu’il est totalement barré. D’autres fois, pour mentionner que le gars est super super doué. Puis souvent, les deux : le mec, en plus d’avoir une énergie de fou dans tout ce qu’il entreprend, est barré et totalement plein de talent.
  3. « Krampf » veut dire « spasme » en allemand

Son beat ? Gabber/eurodance/hardcore

% sauvage ? 92 %

UZHUR

Le mercredi 19 septembre pour OFFF. jour 1 à Mains d’Œuvres

Nos 3 arguments :

  1. Bouleverser les codes de l’industrie musicale en sortant un EP de deux tracks enregistrés en live, c’est tout ce qu’il fallait pour enjoliver notre mois !
  2. On découvrait le duo lors de la précédente OFFNOISE, et on en était sortie fracassés. Dans un malus et un bonheur terribles. Une complexité certaine, mais une certitude : le spectacle sonore en vaut le détour.
  3. C’est apocalyptique, comme une sorte de fascination du pire, c’est à la fois terrifiant et d’une grâce divine, c’est onirique et contemplatif, indescriptible et outrageux. D’une beauté incroyable

Son beat ? Impro ambient/analogique/post apocalyptique

% sauvage ? 99 %

FLVN

Le samedi 22 septembre pour ¡ Arrêt Sauvage ? au Cabaret Sauvage

Nos 3 arguments :

  1. De la post-électroclash mélancolique et nerveuse de FLVN au post-punk de Bagarre Perdue en passant par la sensualité rock de Order89, il n’y a visiblement… qu’un pas.
  2. Dans la lignée des Theus Mago, Markus Gibb ou encore Il est Vilaine, le bordelais FLVN écrase d’une main de maître et d’un contrôle chaloupé, les frontières musicales de la musique de club.
  3. Sa reprise de L’Amour et la Violence, de Sébastien Tellier, est une des principales raisons du pourquoi.

Son beat ? Disco-techno/electro pop psychédélique/visions électriques

% sauvage ? 78 %

SHYGIRL

Le samedi 22 septembre pour PARKINGSTONE XVII au Trabendo

Nos 3 arguments :

  1. Les lives de la jeune londonienne Blane Muise se font rares, mais ils n’en sont que d’autant plus délectables. Issu de la génération digital internet ou néo-r’n’b, et de la team Coucou Chloé / Sega Bodega, son monde musical attise le feu, entre sensualité exacerbée, suintante, et un univers aux paroles délicieusement vénéneuses. Un poison brut !
  2. Pas de gentille fille timide et réservée derrière l’éventail de Shygirl. Une femme forte et sombre qui n’a pas de temps à perdre banalités et bavardages inutiles.
  3. On la découvrait avec un Want More totalement décapant il y a deux ans. On la retrouve avec un tout premier EP en début d’année, Cruel Practice, un mélange de grime chaotique et de r’n’b ultra sombre.

Son beat ? R’n’b/grime/horror digital alternative

% sauvage ? 90 %