Prônant une fête libre et fuyant le côté oppressant de la ville, la Quarantaine nous enferme à l’extérieur des clubs. Orchestrée par un line-up de savants fous, la Search For The Cure injectera en vous la rage de danser jusqu’à 11 heures du matin.

C’est une véritable épidémie de techno bien sale qui risque de se propager le samedi 27 janvier, dans une warehouse « brute et dark ». Aussi pointu qu’une seringue, le line-up prévu par les gars de La Quarantaine promet de marquer les esprits telle une lobotomie. Rencontre avec le collectif.

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Organiser une soirée, beaucoup de gens y pensent mais d’où vient l’impulsion réelle ? 

jgJean-Gabriel : Avec Alex, l’autre co-fondateur, on s’est rencontrés en travaillant chez Shotgun en 2016. On a bien exploré la fête à Paris et rencontré beaucoup de personnes très intéressantes qui nous ont donné envie de créer nos propres soirées, notre propre ambiance, loin des clubs.


La Quarantaine c’est né comment ? Comment est venue l’idée ?

Jean-Gabriel : On a expérimenté beaucoup de soirées, des Berlinons Paris, des Alter Paname, des Rituel, des Order etc… On a eu envie de créer nos propres soirées, avec leur propre ambiance, loin des clubs.

alexAlex : On est pas mal sortis sur Paris depuis notre adolescence et c’est vrai qu’on en avait un peu marre de toujours sortir dans les mêmes lieux. On a toujours préféré s’éclater en festival. C’est donc cette ambiance qu’on essaye de recréer pendant nos soirées. Après deux évènements qui ont eu un certain succès sur la capitale, on s’est dit qu’il fallait se staffer pour produire plus et produire mieux. Aujourd’hui la Quarantaine c’est une équipe de neuf personnes au quotidien, du personnel, des bénévoles et partenaires qui nous suivent et nous soutiennent.

Jean-Gabriel : « Notre nom représente le micro cosmos qu’est une rave »

C’est quoi l’état d’esprit de La Quarantaine ?

Jean-Gabriel : On est neuf dans le crew avec chacun ses expériences, ses inspirations, ses idées. On essaye de mélanger tout ça pour proposer des évènements originaux. Perso j’ai pris de grandes claques en vivant à Berlin et des méga-gifles dans les festivals autour. On y va régulièrement avec Alex et Peter.

Alex : On est une bande de potes, on sort souvent ensemble et on ne se prend pas la tête.

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Peter
 : On est tous passionnés d’arts et on fait tout pour que ça se ressente lors de nos événements.


Pourquoi ce nom ?

Jean-Gabriel : On voulait trouver un nom qui représente le micro cosmos qu’est une rave : les fêtards s’exilent de “la réalité” en se retrouvant dans des lieux abandonnés pour célébrer la vie (ou ce qu’ils veulent) loin des regards oppressants qu’on l’on croise bien trop à Paris malheureusement. Enfin des gens normaux !


Le principe de la Search For The Cure ?

Jean-Gabriel : On parle souvent d’épidémies ou d’infections car c’est en thème avec le nom du collectif. La soirée du 27 janvier est placée sous le thème du laboratoire d’un docteur un peu fou.

Alex : On a pensé au nom Search For The Cure car c’est dans la continuité de l’histoire que l’on raconte à travers nos soirées.

Peter : Il y a toujours de grands débats pour le choix du nom de nos soirées, parfois ça part en couille, en voilà la preuve !


En quoi ça change des autres événements que vous avez pu organiser jusqu’à aujourd’hui ?

Jean-Gabriel : On a aussi upgrade niveau matos, on ne peut pas trop spoiler mais disons qu’on a essayé d’améliorer et de corriger nos erreurs des événements précédents pour proposer une soirée warehouse unique.

 Alex : « On essaye de taper là où on ne nous attend pas »

Alex : On s’est bien entourés, on travaille souvent avec les mêmes personnes pour collaborer de la meilleure des façons, en toute confiance

Peter : Pour cette soirée on a vraiment taffé sur la déco et les installations. On a aussi préparé une scénographie de fou avec l’aide de Triple-D.unnamed-2


Le clubbeur qu’on croise aux soirées de La Quarantaine il ressemble à quoi ?

Jean-Gabriel : Le clubbeur qui va à la Quarantaine est forcément une personne formidable, qui a un bon fond. Enthousiaste et facile à vivre, il n’hésitera pas à vous proposer une clope et vous appellera un taxi s’il juge que votre état est lamentable.

Alex : On prône la diversité, on essaye de taper là où on ne nous attend pas. La moyenne d’âge est un peu plus élevée que dans d’autres soirées warehouse.

Peter : Je pense qu’on pourra pas faire une meilleure réponse que ces quelques lignes publiées dans Tsugi en octobre dernier : “ …on apprécie la diversité de ceux qui nous entourent. Entre le tranceux à dreadlocks et sarouel égaré mais qui kiffe quand même la techno, le “Berghain man” en short et harnais de cuir, le quadra nostalgique de ses premières raves et la petite nana qui semble avoir la révélation de sa vie. »

Peter : « Il y aura une boisson surprise servie dans un contenant particulier« 

C’est quoi, d’après vous, le premier track qu’on trouve dans sa playlist ?

Jean-Gabriel : Violent – Rage For Order ! Perso je connais pas de son aussi hypnotique que celui là, on dirait qu’il a été créé pour être lâché sur un énorme sound system au fond d’un tunnel. Ce genre de son qui met en état de choc toute une warehouse en un rien de temps.


Le line-up vous l’avez monté comment et pourquoi celui-ci ?

Jean-Gabriel : On voulait proposer un line up moins indus’ que ce qui se fait en warehouse à Paris actuellement car c’est presque devenu rare… C’est pour ça qu’on a invité des artistes comme Mark Broom et Alignment qui envoient du très très sale sans que ce soit seulement des sonorités métalliques.

Alex : On a aussi invité la famille : nos résidents EKLPX et Lacchesi prêts à tout niquer comme à chaque fois. Lacchesi partagera les platines avec Kuss, le résident de Fée Croquer, comme en décembre dernier lors d’une soirée Fée Croquer

Peter : On a invité Brulēe car tout le monde veut le voir sur Paris, et nous les premiers ! C’est son premier passage à Paris, pareil que pour Cailín qui nous vient de Dublin. Elle est DJ résidente du club District 8 et a déjà joué avec Ben Klock, Len Faki et beaucoup d’autres gros DJs. On a hâte de voir ça !


Pourquoi ce choix de lieu au fait ?

Jean-Gabriel : L’idée de partir à l’aventure et de visiter tous les hangars d’Île-de-France c’est assez excitant, on ne sait jamais à quoi s’attendre !

Alex : On aime les grands espaces que l’on peut aménager à notre sauce. On a un vrai sentiment de liberté en tant qu’orga et on essaye de le transmettre aux participants.

Peter : Car dans ce genre de lieux on ne paye pas son verre 10 euros, on ne fait pas la queue à l’entrée, au bar, aux toilettes et aux vestiaires, les vigiles n’ont pas qu’une seule envie : en découdre, et parce qu’on adore sortir de Paris de temps en temps !


L’avantage qu’il peut y avoir ?

Jean-Gabriel : Il y a plein de petites salles pour chiller, un étage, et de grands espaces pour kicker ça.

Alex : On a trouvé un grand hangar, qui a une histoire assez particulière, on reviendra dessus plus tard.

Peter : Moi ce que je préfère dans le lieu, c’est son côté brut, dark, qui va renforcer le côté “Quarantaine” de l’évènement.


On y boit quoi à la Search For The Cure d’ailleurs ?

Jean-Gabriel : D’la bière, du Club Maté et plein d’autres choses

Alex : Des SHOOOOTS !

Peter : Apparemment il y aura une boisson surprise servie dans un contenant particulier ! On en dit pas plus.unnamed


On y danse quel type de musique ?

Jean-Gabriel : Alignment est plutôt dans la deep techno, Mark Broom a quelques tendances acid.

Alex : Brulēe et EKLPX sont un peu plus acid-indus. Il y en aura pour tous les goûts, préparez vos meilleures baskets !

Peter : Ça commence par de la techno et ça finit par de la techno, avec une différence de BPM certaine.


Elle est copine de quels autres collectifs La Quarantaine ?

Jean-Gabriel : Open Air, Material, Nataraja et bien d’autres.

Alex : On a plein de potes ! Contrast, Fée Croquer, Triple-D etc…

Peter : On se la joue vraiment collectif avec tout le monde, on a pas d’ennemis. On adore Bottom aussi !


L’avenir de La Quarantaine, il est où ?

Jean-Gabriel : À Paris, en France, en Europe, en festival, en warehouse, en collab’, à Bruxelles, à Berlin, en club. Non, pas en club.

Alex : On participe à un projet de festival inter-collectif, on peut pas trop en parler pour le moment, mais ca va arriver très bientôt !

Peter : L’avenir de la Quarantaine est dans l’obscurité des warehouse ! Mouahaha… Pardon !


Une connerie pour conclure ?

Les trois en choeur : Si tu aimes la sodomie, souris 🙂

 Clichés pris par Eric Phu