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[Exclu] Losange – Maharadjah : de l’insouciance et l’énergie de la joie – Heeboo

[Exclu] Losange – Maharadjah : de l’insouciance et l’énergie de la joie

Exclu - Juin 7, 2019

La fraîcheur glacée d’un matin d’hiver ensoleillé et agité. Celle de l’enfance aussi, de l’innocence, l’insouciance qui fait courir plus vite, qui fait qu’on flirte avec les vides. Le fragile équilibre, le jeu, le risque. Et la vigueur, ô quelle vigueur on trouve dans Maharadjah, le premier extrait du nouvel album de Losange !

Extrait du tout nouvel opus et deuxième album de Losange, Soul Chopper, qui sortira sur Johnkôôl Records le 27 juin prochain, Maharadjah ramène à des cheminements de pensée tribale en terrain de jeu conquis. Chez Losange, aka Benoit Baudrin, on ne s’encombre pas du superflu, on conserve seulement l’essence : de la trance, ses rythmes, ses harmonies et ses mélodies. Un bel exercice que celui de Maharadjah, donc, à écouter sans concession, en attendant la release party « Soul Chopper » du mercredi 12 juin au Pop-Up du Label !

Hello Benoit ! Tu vas bien ? T’es occupé à quoi en ce moment ?

Je me creuse la tête pour atteindre l’idéal de musique que je me suis fixé pour mon prochain album. Un truc hypnotique, mystique, dansant, sur des longues tracks sans fin où l’on s’y perd, s’y morfond. Pour ça j’écoute de la musique traditionnel de Bali, de Java, des musiques africaines, trouver comment écrire des rythmes sans fin.

Losange, ça vient d’où, pourquoi t’as choisi ce nom ?

C’est la confluence de pas mal d’idées. Déjà la simple idée que la musique est mathématique, mais une mathématique instinctive, pragmatique, donc de l’ordre de la géométrie. Je pense aussi au groupe « Principle of Geometry » que j’admirais beaucoup. Là pour le futur, ce sera en référence à la géométrie mystique, les fractales, le nombre d’or, la symétrie. Toutes ces formes et nombres qui définissent l’Univers.

Comment t’en es venu à mixer et.ou produire de la musique ?

Je fais de la musique depuis tout petit, mes parents m’ont mis au piano quand j’avais 5 ans, sans doute parce que j’étais tout le temps en train de chanter des chansons. Ensuite j’ai formé un groupe de rock quand j’étais au lycée, j’ai commencé à composer, à m’occuper de l’enregistrement. Puis nos envies musicales ont divergé, j’en avais marre de trouver des compromis, alors j’ai commencé à bidouiller des trucs tout seul avec mon ordi et ma guitare. J’ai fais des études en espérant devenir ingénieur du son, mon modèle c’était Nigel Godrich, le producteur de Radiohead, quelqu’un qui donnait une atmosphère si particulière à leur albums. Mais petit à petit je me suis affirmé comme compositeur.

Tes premières influences, c’était quoi ?

Le Velvet Underground avec l’aspect rock expérimental, Robert Wyatt comme un des précurseurs d’une musique de home-studio, Broadcast pour le côté noisy, et plein d’autres.

Tu viens d’où ? Ça a joué sur la musique que tu fais tu penses ?

Je viens de la région d’Aix en Provence. J’étais dans un lycée très roots, on fumait des bédos, faisait des soirées dans les bois, y’avait une scène rock punk, si ça influence la musique que je fais maintenant ? Va savoir.

Tu te souviens de ta première scène ?

Ma première fois c’était dans une cave très sombre, j’avais un peu peur parce que je l’avais jamais fait, mais au final ça s’est bien passé, j’ai passé un bon moment, enfin je crois.

Pourquoi Johnkôôl Records ?

Parce que Johnkôôl c’est des potes, c’est la famille, la musique c’est un peu la mafia, c’est très tribal, ça permet de se réunir, de s’identifier à un groupe.

Ce morceau il signifie quoi pour toi là tout de suite maintenant ?

Maharadjah c’est le premier morceau que j’ai composé de Soul Chopper, c’est un truc frais qui m’est sorti, une recette efficace à base d’une mélodie et d’un kick, avec un format chanson, qui est dansant, une formule que j’appliquerais ensuite pour tout le reste de l’album. À la base du morceau, il y a cette ligne mélodique de trois notes dont le rythme convolutionné crée un déséquilibre qui fait que je peux la boucler tout le morceau.

Pourquoi Maharadjah ?

Le nom ma-ha-ra-djah: on dirait déjà un pattern mélodique à lui tout seul, comme un raga. Ensuite Maharadjah, c’est être le roi, dans le sens de l’enfant qui est entouré de ses jouets, il se sent le maître du jeu, il s’amuse et fait ce qu’il veut. C’est l’insouciance et l’énergie de la joie. C’est aussi un clin d’oeil au dieu des rastafaris, Jah.

 Si tu devais le faire écouter à quelqu’un, ce serait qui et pourquoi ?

Je le donnerais à écouter à un ami qui est représentant de commerce, pour qu’il puisse l’écouter dans son audi en gesticulant comme un damné après avoir scoré une vente.

Une envie là, tout de suite, un rêve ?

Faire un concert dans une clairière au milieu des bois, que j’ai pu atteindre mon idéal de musique, que tout le monde ait pris des champis ou non, et que l’on partent dans le nirvana!

Adeline Journet

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