On flashait il y a peu sur la féerie mélancolique de l’univers de LENPARROT. Sur la force et la fragilité partagée, le bord du précipice assumé et les mélodies en cœur brisé. Invité à passer des disques à Garage Mu pour l’ouverture du Magnétique Nord #3 vendredi soir dernier, Romain Lallement revient pour nous sur son rapport au djeing, les soirées techno à dix lieues -mais pas vraiment- de son univers, son rapport à la fête -enfin à la “bamboule”- et sur ses lieux de prédilection nantais -at home- et parisiens. On en a retenu un truc assez capital : “Exit les guerres et les conflits, laissons entrer la Bamboule dans nos vies” !

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Passer du son à des soirées, c’est un truc que tu fais depuis longtemps ?

J’ai commencé à passer du son à l’époque de Rhum for Pauline, vers 2009. Autour de moi les copains s’y mettaient, il y avait quelque chose de fascinant – au-delà d’être payé pour boire des coups et passer ce que t’aimes – d’arriver à saisir le pouls d’un certain nombre de gens, réussir à leur retourner la tête et les tenir sur la piste de danse pendant plusieurs heures. Avec mon pote Club Théodore, nous avons chopé une résidence au Café Flesselles à Nantes durant près de deux ans. Tous les vendredis soirs nous passions de la musique à l’heure de l’apéro, c’est là-bas que j’ai réussi mes premiers enchaînements. J’ai repris plus régulièrement les DJ sets en débutant LENPARROT – l’idée qu’une palette musicale assez large puisse être associée à ce projet solo me plaît bien.

“Passer ses propres titres en DJ set a souvent quelque chose de gênant (rires)”

Du coup tu passes quoi comme type de son quand ça arrive ? 

Tout dépend de la soirée à laquelle je mixe. Ma sélection ne sera pas la même si je mixe pour une Chronic (soirée techno nantaise) ou au Lieu Unique en début de soirée. Ce ne sont pas forcément des styles proches de ce que je fais, dans le sens où je qualifierais difficilement ma musique de dansante. Mais j’aime à croire que tout ce qui nous séduit nous influence, aussi chaque titre choisi peut se référer de près ou de loin à mon univers.
En ce moment j’adore passer du Sparks – avec Julien Gasc on scotche totalement sur leur premier album produit par Giorgio Moroder – N°1 in Heaven. Julien a même repris le titre éponyme en français !

Ça te donne quel sentiment un dj set ? Plus de liberté que dans un live ? Plus de stress ?

Mixer me tient plus lieu de récréation qu’autre chose, même si je prends mes sélections très à cœur. Mais ce ne sont pas les mêmes libertés entre un concert et un DJ set. Le concert a quelque chose de paradoxal : c’est la liberté absolue même avec une setlist établie. Alors qu’en DJ set ta sélection peut totalement dévier en fonction d’une idée, d’un enchaînement et surtout de la manière qu’aura le public de réagir. La différence entre les deux est que les gens viennent écouter tes chansons en concert, alors que passer ses propres titres en DJ set a souvent quelque chose de gênant (rires) !

Tu as pensé quoi de ta soirée au Magnétique Nord #3 ? 

J’ai adoré ma soirée passée au Garage MU, n’ayant pu assister aux soirées suivantes à la Colonie et la Marbrerie. Valentin (du Collectif MU) est un ami de longue date et m’en avait déjà parlé. J’étais ravi de découvrir ce lieu et de mixer après la release de Julien, qui a fait un superbe concert.

“Les gens sortent pour décompresser, voir ceux qu’ils aiment et parfois fuir ceux qu’ils n’aiment pas”

Trois mots pour décrire la fête parfaite ?

– A va t’y ?
– Bon, je rentre…
– Gin Tonic

Pour toi, la vie est une fête, ou la fête c’est la vie ? 

La vie est une fête. Parce que tu ne sais pas comment elle va finir, et qu’une fête réussie est souvent mémorable.

Pourquoi les gens font la fête ?

Les gens sortent pour décompresser, voir ceux qu’ils aiment et parfois fuir ceux qu’ils n’aiment pas. Ou ceux qu’ils aiment, dans ce cas ils boivent pour oublier et s’oublier. C’est pourquoi danser sur de la musique démesurément forte peut faire autant de bien qu’une visite chez le psy.

Tu te qualifierais de “gros teuffeur”, “fêtard occasionnel” ou “marmotte” ?

Je préférerais l’appellation “adepte assidu de la Bamboule” parce que “gros teuffeur” ça fait un peu trop 8.6 et trance goa, et pour citer Docteur Hateau & Professeur Jean-Louis: “Exit les guerres et les conflits, laissons entrer la Bamboule dans nos vies.”

Tu sors où habituellement ?

Je passe beaucoup de temps entre Nantes et Paris depuis deux ans. C’est très agréable de varier de lieux, de soirées – même si c’est doublement périlleux pour le portefeuille. À Nantes, cela se passe aussi bien à la maison pour débuter la soirée que Chez Monsieur Machin, notre nouveau bar fétiche depuis un petit moment. Mais cela peut être également au Lieu Unique ou à Stereolux pour un spectacle ou un concert, au Blockhaus les soirs de vernissage ou de set 30′ (pour 3€, l’accès à un concert d’une demi-heure avec une bière).

Sur Paris j’adore traîner au Motel, à la Mécanique Ondulatoire et au Pop-In ou aller voir des concerts au Point FMR, au Pop-Up du Label ou à l’Espace B. Cela varie, mais cela commence très souvent par un petit tour aux Balades Sonores histoire de leur faire un bisou et chiner leurs arrivages.

C’est quoi ta dernière plus belle teuf ?

Début décembre aux Transmusicales. C’est la première fois que je m’y rendais en touriste voir les copains jouer, et ce ne fut pas de tout repos : on peut parler d’une belle teuf de 3 jours – Juveniles m’en sera témoin.