Les Nuits Sauvages

Pourquoi faut-il aller ré-apprendre à (t’)aimer à Petit Bain, du 11 au 16 février ? – Heeboo
© Aurélie Habery

Pourquoi faut-il aller ré-apprendre à (t’)aimer à Petit Bain, du 11 au 16 février ?

Février 10, 2020

© Aurélie Habery

La septième édition du festival How To Love se tient au Petit Bain à partir du 11 février. Hybride, le How To Love réunit chaque année son public autour d’une programmation éclectique qui porte sur le thème de l’amour, avec un grand A, et plein d’autres petites lettres cachées. Parce que le love, c’est pas simple, quoi de mieux qu’un festival pour nous l’expliquer ?

Cette année, la programmation s’oriente sur les questions féministes et du genre. « Construit depuis ses débuts comme une correspondance entre musiques actuelles défricheuses et bande dessinée contemporaine indépendante », que tu sois amoureux, amoureuse, en recherche d’amour, désabusé.e, ou rassasié.e, le How To Love est fait pour toi. Pas de frontière donc à Petit Bain durant ces cinq jours, pour votre plus grand plaisir. Au menu : tables rondes, workshops, installations autour des questions de genre et du féminisme, ainsi que concerts et projections de films. Que demande le peuple ? Pour nous parler un peu plus de cette chimère d’amour, Pierre Vérin, chargé de communication et Camille Rossignol, chargée de production et programmatrice associée ont répondu, de bon coeur, à nos questions.

How to Love pour vous c’est arrivé comment, quand, pourquoi ?

Camille : En 2013, ma première année à Petit Bain, une idée de Ricardo Esteban. Il faisait beau, c’était le mois de mars

Pierre : Juste après la crue, fraîchement stagiaire à Petit Bain, pour la seconde partie de l’édition 2018. Certains artistes n’ayant pas pu rejoindre la barge lorsqu’elle était au large, une partie de la programmation avait été reportée. Il faisait beau, c’était le mois de mai.

Pourquoi ce nom d’ailleurs ? C’est venu comment ?

Camille : Le festival avait pour but de mélanger les disciplines, en l’occurrence, la musique et les illustrations (BD principalement). How to Love (Yirmi Pinkus et Rutu Modan) est le nom de la BD autour de laquelle s’est articulée cette première édition.

Ca fait combien de temps que vous organisez le festival How To Love ? Pourquoi ce festival ?

Camille : C’est la septième édition, déjà. Ça nous permet une fois dans l’année de lire plein de BD & de rencontrer un tas d’auteur.e.s différent.e.s, et c’est top. Niveau musique, on se fait aussi plaisir avec des artistes, groupes ou collectifs avec lesquels on ne travaille pas forcément toute l’année. L’une des idées initiales était également d’intégrer des artistes musicaux proposant un show avec une dimension visuelle plutôt forte.

C’est quoi l’univers musical de How To Love ? C’est quoi le track ou l’artiste qui ne vous quitte jamais ?

Camille : Ca dépend des années, on garde en tête certains mots-clés pour construire la prog’ (émergence/atypicité/dimension visuelle/parité…). Cette année, j’ai fait mon footing en écoutant Yugen Blakrok (Gorgon Madonna), et j’ai pas mal amélioré mon cardio.

Pierre : C’est plus qu’un simple univers musical. Le festival se donne le défi de montrer qu’une réelle cohérence est possible entre différentes formes d’expressions artistiques et/ou politiques. Personnellement, je n’ai plus fait de footing depuis l’épreuve du BAC, j’écoute You de Badbad en mangeant mes burgers/frites.  

C’est quoi votre expérience de teuf à chacun ? Votre façon de voir la teuf ?

Camille : Ca dépend pas mal de mon état d’esprit, mais je pense que les meilleures teufs que j’ai faites sont celles où la danse n’était pas forcément prévue mais où elle s’est révélée omniprésente !

Pierre : Je fais très peu de clubbing au final, je préfère voir les artistes en concert ou en live.

Vous me raconteriez votre pire ou plus beau souvenir de teuf ?

Camille : J’ai dû avoir pas mal de pires souvenirs et de moments critiques, heureusement j’étais suffisamment saoule pour les avoir oubliés le lendemain.

Pierre : Mon top c’était il y a à peu près 10 ans, à L’Ubu. La soirée s’appelait Nerds Can Dance. Maxime Le Cerf en warm-up, Douchka, SBTRKT, Panteros666 & Canblaster. SBTRKT avec son ancien masque, nettement plus joli, mais moins confortable. Un jeune Club Cheval passant du planant “Jetpack” au gabber tropical de “Kegstand” en toute impunité ! Et mon flop c’était quand j’étais jeune rennais, le malaise dans certaines discothèques, avec un parterre de quarantenaires louchant sur des jeunes adolescentes de 16 ans ivres.

Votre coup de coeur musical de ce line-up ?

Camille : Je pense qu’en live ça va être Moesha 13. J’ai une bonne intuition. Côte à côte avec Nova Materia.

Pierre : J’ai bien envie de voir ce que va nous préparer NSDOS.

C’est quoi l’heure que vous préférez pendant une soirée, celle que vous savourez le plus, et pourquoi ?

Camille : Quand je rentre et que je n’ai pas vu le temps passer, évidemment.

Pierre : Quand je n’avais pas assez de sous pour prendre le taxi et que je rentrais à pieds, un peu éméché. Je branchais mon casque (oui je quitte jamais mon casque) à mon iPod (oui j’ai encore un iPod) et je traversais Paris la nuit en redécouvrant les albums de mes artistes préférés.

C’est qui l’artiste qu’on rêverait d’inviter à une soirée mais on y croit pas trop ?

Camille : On parle de Radiohead depuis des années, bon c’est pas vraiment émergent mais on serait tranquille sur le remplissage.

Pierre : Concernant How To Love, Flying Lotus collerait complètement à l’esprit du festival. Et, en dehors du festival, Flying Lotus. 

Ca raconte quoi Darkstar de Carpenter ? Pourquoi c’était adapté au How To Love ?

Camille : J’arrive jamais à me souvenir d’un film après deux semaines donc je passe la main pour parler de cinéma…

Pierre : Le festival évoque souvent la question des minorités artistiques, politiques, sexuelles peu ou mal considéré.e.s. En France, la Science Fiction et l’Horreur sont peu considérés et se cantonnent souvent à de la Série B, faute de moyen. La plupart des subventions partent vers des productions plus “légitimées”. Carpenter, souvent incompris lors des sorties de ses films, a su s’imposer dans l’histoire du cinéma avec des films à moyen budget. Il a démontré que l’on pouvait apprécier, aimer, célébrer le cinéma au delà du carcan drame/comédie.

Pour finir, c’est quoi le rêve de How To Love, à plus grande échelle ?

Camille : On se le garde secret celui-là!

Pierre : De réussir, un jour, à répondre à cette foutue question.

Axel Zacharie

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