On l’a tous fait. Se laisser un peu aller à la chaleur d’une soirée. Se laisser emporter par l’envie, un peu soudaine. Une fête sur une plage, la salle de bains des voisins -cadeau de crémaillère- le couloir d’un club, la terrasse d’un bar à la mode, derrière un buisson. Tout est propice à la totale libération, quand le désir est là. On l’a tous fait. En deux/deux (ou en trois/trois, quatre/quatre et/ou plus, d’ailleurs), quelques minutes de plaisir dans les bras d’un(e) inconnu(e), de sa zouz, de son keum, de son partenaire très particulier, d’une nuit, d’un chemin, ou d’une vie. On l’a tous fait. Ou pas.

Voilà pourquoi cette petite série feuilleton est née. Voilà pourquoi cet épisode 2 de la saga FÊTE, FESSE ET PAILLETTES est aujourd’hui sous ton nez. Pour laisser la parole à ceux qui osent, parfois un peu plus que les autres, mettre les « pieds dans le plat ». Pour donner la parole, quelques mots crus ou imagés, à ceux qui se sont lâchés, littéralement, au moins une fois dans leur vie. Parce que la fête, c’est aussi la danse des corps et des chairs, non ?

SIMON

LONDRES / Club oublié / 2010

Où, Comment, Pourquoi ?

Mon mec habitait là-bas à l’époque. Depuis on s’est quittés. Je couchais aussi avec des nanas parce que je trouvais ça cool et que j’avais pas envie de me fermer à quoi que ce soit – oué oué la bisexualité existe encore. Puis il m’a présenté  une meuf qui étudiait avec lui. Aie aie aie j’ai pas pu me retenir. Sorry.

MAD

Le fait qu’il se soit embrouillé avec elle par la suite.

SAD

Qu’il n’ait pas voulu nous rejoindre. Je suis même venu le chercher sur la piste, il a refusé net. Puis je n’ai plus eu le droit de coucher ailleurs. Puis on s’est séparés. Classic shit.

GLAD

On va pas se mentir, la zouz était vraiment belle. Petit meuf tatouée de la tête au pied. Petit accent tranquille. J’adorais. Puis c’était super excitant car depuis les toilettes on entendait la musique de la salle. De la house bien leeennte. Et de savoir que mon mec pestait de l’autre côté du mur… il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour m’exciter !


CLAIRE

BERLIN / Club non mentionné / jour de l’an

Où, Comment, Pourquoi ?

C’était à Berlin, je crois que c’était assez violent et inattendu

MAD

Le fait que pendant la « chose » j’ai perdu mon ticket de vestiaire et que j’ai bien galéré après pour récupérer mes affaires…

SAD

Le fait de ne pas avoir fini la nuit avec ce beau grand blond allemand

GLAD

La taille et la violence du truc


LUD

PARIS / Club non mentionné / jour non indiqué

Où, Comment, Pourquoi ?

En boite de nuit, dans les toilettes; cette fille me draguait très largement, depuis plusieurs heures, avant de partir, pour «prendre un dernier verre» je la laisse devant la porte des wc, pour un petit pipi avant de prendre la route. Sauf qu’elle m’a poussé à l’intérieur, plaqué contre le mur et … commencé les hostilités, que l’on a (évidemment) terminé, plus en détail, chez moi, dans ma douche. Maintenant que j’y pense, je crois que cette nana n’aimais pas baiser dans un lit. C’était il y a dix ans, c’était excitant et amusant. Tout à fait inédit. Malgré le manque évident de propreté de l’endroit, mon caractère maniaque a su se libérer, et profiter de cet instant …

MAD

Les gens qui tambourinaient à la porte, pour nous faire partir.

SAD

Je n’ai jamais revu cette fille. Même si c’est le principe de ce que l’on a vécu, avant de coucher on avait plein de points communs.

GLAD

Je ne sais pas si c’était à cause de l’alcool, de l’ambiance, d’un tout, cette petite aventure demeure très excitante, pour moi


MONA

PARIS / Club ou appartement non connu / 2013

Où, Comment, Pourquoi ?

C’était après la folle soirée de clôture du festival « les femme s’en mêlent » à la Machine du Moulin Rouge, il y a quatre ans je crois. J’étais venue seule avec un chapeau de pirate mais très rapidement j’ai sympathisé avec un groupe. Un des gars fêtait son anniv alors ils avaient plein de champagne. J’ai rencontré Cléo (nom changé) en allant fumer une clope et je l’ai revue sur la piste de danse. Une de ses potes a failli se battre avec une autre nana qui me tournait autour. Je me rappelle l’avoir entendu dire « c’est chasse gardée ». Je comprenais pas trop ce qui m’arrivait n’ayant jamais été le centre de ce genre d’attention. Tout ce que je savais c’est que Cléo me plaisait énormément. On est sorties de la Machine vers 5h30 et on avait pas envie d’arrêter de danser. Alors on s’est incrustées à un after d’étudiants. Je me rappelle plus d’où c’était et comment elle a réussi à nous faire rentrer mais ça a marché. On s’est remis à danser devant la scène, j’étais derrière elle, elle a ouvert la fermeture de mon jean. J’ai fait pareil et l’ai collée contre une enceinte. On a baisé comme ça, entourées d’inconnus qui dansaient.

MAD

Le mec du groupe du début qui avait trop peur que je me casse sans lui…

SAD

Me rendre compte à posteriori que Cléo est fière d’avoir baisé la meuf de sa meilleure pote……….. PUTAIN DE DRAMA LESBIEN URGH FUYONS

GLAD

Ben… C’est évident, non ? L’adrénaline d’être entourées de gens alors que tu touche la fille qui te faisait bander, la vibration des enceintes qui remonte jusqu’à ton clit, le rythme qui te porte, pouvoir gémir sans que personne n’entende, aller aux toilettes, ne pas faire la queue, se laver les mains à deux.


BABY

PARIS et BERLIN / Clubs multiples / 2004 + 2016

Où, Comment, Pourquoi ?

La Machine du Moulin Rouge, Août 2014 / Berlin, un club où nous sommes rentrés discrètement par la porte de service (mais lequel?), en Octobre 2014 / Un club secret (Champ Libre) à Paris, Septembre 2016

MAD

J’avais rencontré cette date Tinder, Joe* (prénom modifié), sorte de sosie de Johnny Depp quand il était encore jeune et fringuant, qui m’avait ramené du Nikka parce que je lui avais dit que j’aimais beaucoup le whisky. C’était aussi la première fois que mon pote Guillaume* venait à la maison, et ça n’a pas trop fait plaisir à Joe de voir qu’il y avait un autre garçon dans mon illustre salon. Ok, trouvons une solution. Sortons tous ensemble en club à la Machine du Moulin Rouge, osef. Joe*, de premier abord, était vraiment chaud bouillant. On s’embrasse un peu partout, puis, l’appel de l’amitié étant le plus fort, je le perds un peu de vue après avoir entamé ma danse de la pluie de la techno (danse ancestrale qui consiste à lever les bras en l’air, les yeux fermés, en hurlant de concert avec son meilleur pote lui aussi en transe). Je le retrouve un set plus tard en train de rouler des pelles à une blonde, puis à une brune, bref, je me dis que Joe est à jamais perdu. Tant pis. Et pourtant, il resurgira quelques temps après dans mes bras, sa chemise ouverte sur un torse plutôt sympa, sa main dans ma culotte au milieu de tout le monde, et je vous le dis si vous n’avez jamais osé : avoir un orgasme au milieu d’une foule, c’est une expérience super enrichissante (j’avais déjà tenté devant Liars dans la fosse à la Route du Rock avec un parfait inconnu, jouissance mystique). J’ai peut-être accepté l’orgasme, mais Joe m’avait quand même passablement saoulée à fourrer sa langue partout avant de porter son choix définitif sur moi. Au final, malgré son impressionnante plastique, c’était un coup super médiocre. Salute, Joe.

SAD

Avec mon ami Alex* (prénom modifié), nous sommes entrés par la porte de service d’un club berlinois grâce à de bons samaritains ivres. Je ne me souviens absolument pas du nom du club, par contre, je me souviens de cet anglais qui vivait à Berlin depuis quelques années, et qui ressemblaient vachement à un mélange à mi chemin entre Matthew Dear et James Dean. Il était assis par terre en tailleur dans un costume trois pièces au milieu des raveurs, et semblait réfléchir profondément sur le sens de sa vie. Je me suis assise avec lui, on a discuté pendant quelques minutes. « Je peux t’embrasser? », lui ai-je demandé au milieu d’une phrase, parce qu’il était vraiment très très beau. « Well… yes », a été sa réponse émue. Ma suggestion de continuer cette conversation dans les toilettes a été amplement acceptée, et les sujets abordés ont été absolument merveilleux : il savait très très bien se servir de la langue française. C’est au milieu d’un échange d’arguments particulièrement chauds que mon ami Alex a décidé de taper à toutes les portes des toilettes jusqu’à trouver la nôtre, accompagnant ses coups d’un tonitruant « Baby ! Ton covoiturage pour rentrer à Paris est dans 2h ! ». Telle Cendrillon, j’ai renfilé ma robe, ai dit au revoir à Matthew Dear bis en train de me déclarer une dernière fois sa flamme « Tu es une fille géniale ! » et, je le pensais, le gratifiant du sésame ultime pour toutes personnes désireuses de se revoir : « Ajoute moi sur Facebook ! ». C’est en plein milieu de l’autoban que je me suis rendue compte que je ne lui avais jamais dit mon nom. Adieu, Matthew James Dear Dean. Tu étais beau.

GLAD

Mon pote Ryan* (prénoms changés) me prévient d’emblée un fois arrivé dans l’antre d’un club secret de Paris : « Paul* est mon meilleur pote, tu vas voir, je suis sûr qu’il va te plaire. Mais tu ne fais pas n’importe quoi avec lui, hein ! ». Qui, moi? Ryan* se trompe visiblement sur mon compte. Je suis une sainte. Paul arrive, Paul est sympa, je deviens pote de soirée avec Paul. En mon fort intérieur, je me dis que je le mangerais bien, mais Paul semble plus intéressé par le fait de sauter dans tous les sens plutôt que par celui de me sauter dessus. Je le catalogue donc dans les amis potentiels, et pars à la recherche d’un mec avec qui passer la soirée. Un peu plus tard, autour d’une cigarette, Paul se penche rapidement sur moi au rythme de la techno et m’embrasse sur la joue. Avec le visage tout rouge. Adorable. « Ah, mais… je te plais ? Parce que tu me plais aussi. Enfin, oui, c’est… c’est cool ». Depuis quand est-ce que je suis timide comme ça ? Paul et moi, on se colle l’un contre l’autre un peu partout sur la piste de danse, et ça tombe bien parce qu’il est torse nu et tout trempé, et que je suis en soutien-gorge et toute trempée. Ca se finira dans les dark rooms, à se faire des câlins allongés sur un matelas recouvert de plastique et de bière, pendant qu’il me récite des poèmes de Paul Eluard. On ne m’avait jamais récité de poésie à 5h du matin calée sur un fond de dark techno, j’avoue. Ce moment exotique a scellé le début d’une petite histoire, qui s’est vite transformée en géniale amitié. Comme quoi, choper dans les clubs, c’est aussi une bonne manière d’enrichir ta vie sociale… et de te créer des souvenirs uniques en leur genre.


Et si toi aussi tu veux témoigner, c’est par ici : Tu as déjà fait l’amour en soirée ? Raconte nous nous bébé !

crédit photo : Sam Centore