Un set, ça se prépare. Ou pas. Un set, ça se pense. Sévère. Un set, ça s’improvise aussi. Même un peu en avance. Dans sa tête. Un bon set, ça se prend dans le sens du vent. Et pas forcément le vent du dancefloor. Mais le vent qui agite cheveux et perruques de ce qui compose une salle, un club, une teuf. C’est lécher son doigt, le lever fièrement et prendre la température pour savoir. Savoir comment lancer, savoir comment aborder les choses, savoir comment tout casser, faire flamber, savoir aussi comment couper le son. La recette numéro #1 avec Bruce Heller, de Deviant Disco.

Et parce qu’on danse souvent, on chante aussi, sur ces sets et ces lives qui, une fois la bonne heure venue, nous rendent un peu fous ; on oublie, souvent, le lendemain, qui, quoi, comment, et pourquoi. On sait plus ou moins, qu’on a bloqué sur tel artiste, qu’il était 3 h 34 du matin, et qu’on a éprouvé ce qu’on éprouve à n’importe quel coup de foudre. Mais dans le flou. Car pour le reste, tout reste emballé dans un package sale relevant d’un souvenir flashé aux relents d’alcool et de flux corporels. Et si revivre sa soirée, juste le temps d’une heure ou deux, était, non pas le nouveau-cool, mais le nouveau kiff de ta semaine ?

On inaugure notre nouvelle rubrique After Club avec le set de Bruce Heller, membre et résident actif du collectif Deviant Disco, décliné lors de la Deviant Disco présente Love from Italy #4  du vendredi 22 février dernier. Bruce prenait les platines juste derrière la légende Marco Dionigi ! Play !

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« J’avais comme rôle de faire la fin de la soirée après le passage de notre invité Marco Dionigi. Donc j’avais écouté quelques mix de lui et je m’attendais à ce qu’il joue ce qui le caractérise, des sons house aux sonorités cosmic disco bien à l’image de ses productions avec Daniele Baldelli, et du coup je pensais qu’il finirait son set autour des 120 bpm. Ma sélection était toute en progression et devait monter légèrement en rythme pour faire bouger les gens. Sauf qu’à notre plus grande surprise il a pris les platines un peu avant 2 h du matin en attaquant directement aux alentours des 130 bpm et est resté à cette cadence tout du long ! Un super set je dois dire, très mélodique. Du coup, changement de programme !

Plutôt que de terminer sur le plus « entrainant », j’ai totalement inversé ma sélection. Au final même si j’ai eu un petit coup de stress, enchaîner après un super set n’est jamais évident, j’ai donc joué en faisant doucement redescendre le rythme tout en essayant de garder les gens motivés jusqu’à la fin. J’espère avoir réussi la chose, en tout cas le public est resté jusqu’au bout. Je vous laisse juge à l’écoute de l’enregistrement. »