Si toi non plus tu ne savais que la chute de l’U.R.S.S. avait engendré la naissance de raves et grosses teufs techno en Russie, tape dans tes mains ! Depuis trois ans déjà la réalisatrice russe Olga Darfy nourrit son bébé technoïde Moi, Gagarine dans lequel se racontent les tremblements du premier “clubbing” russe (elle a d’ailleurs besoin de vous pour en finir la production). Episode inédit et peu raconté, l’époque des rave parties fait passer le pays, la jeunesse, d’un extrême à l’autre : de la restriction propre au soviétisme, à une liberté quasi totale. La liberté du danger, de l’interdit, des armes, et de la drogue… (épisode 1 à lire ici)

“Les descentes de flics armés étaient possibles, ils couchaient tout le monde par terre, bloquaient les issues et effectuaient une fouille générale”

Olga Darfy – “En Russie, il y avait tellement d’autres problèmes et de soucis que le gouvernement ne se préoccupait pas du tout des raves parties. Partout à Moscou et à Saint Petersbourg il y avait des raves géantes : les gens avaient de la drogue, des armes, tout était permis. Mais étrangement, tout se passait bien ! Voyous et gangsters s’occupaient du service d’ordre des soirées et protégeaient d’autres criminels. Le pire qui pouvait arriver, c’était qu’un mec saoul et armé se mette à tirer sur un raveur qui se serait mal comporté avec lui. Petit à petit, à l’entrée, le contrôle du port d’arme s’est organisé en une sorte de vestiaire. Les flingues et autres armes blanches étaient entreposés dans des boites spéciale et sécurisées. Mais il y avait toujours des bagarres. Ça, on ne pouvait pas vraiment y échapper.

Parfois, quand une rave se passait dans un endroit un peu risqué -dans une piscine, ou sur le toit d’une ancienne station nucléaire par exemple- il pouvait se produire des choses terribles. En Crimée, lors d’une rave, quelqu’un qui avait pris du LSD est tombé du toit de la station nucléaire. L’année suivante, la rave a été interdite.

Petit à petit, on a commencé à lutter contre l’usage des drogues, mais c’était plutôt dans les années 2000. A l’époque les descentes de flics armés étaient possibles, ils couchaient tout le monde par terre, bloquaient les issues et effectuaient une fouille générale. Un jour je suis tombée dans un truc comme ça c’était vraiment flippant.

Une telle liberté, qui t’emmène au ciel, comme si tu volais, n’est plus possible aujourd’hui en Russie. Le truc c’est que même si je le regrette un peu, tout le monde n’est pas capable de supporter une liberté pareille et d’y trouver le juste équilibre. La liberté a aussi sa face sombre et peut conduire à de tristes conséquences. Cela dépend beaucoup de l’éducation des gens. Mais j’ai eu une chance inouïe d’avoir pu vivre pleinement cette époque spéciale où on pouvait tout essayer, tout tester sans limites…”


Pour suivre l’avancée du projet : Moi, Gagarine / I am Gagarin