Écouter une mixtape c’est parfois rentrer plus profondément dans l’univers d’un dj. C’est s’y insérer sans demander, pas faute d’avoir prévenu, c’est plonger tout au fond d’un coeur sans se faire voir, c’est pénétrer une chambre d’enfant sans frapper. Wanduta nous ouvre aujourd’hui les battants de son salon privé pour une escapade douce et ritualiste. À une dizaine de jour de sa date au Springboard Contest à Garage, les compteurs sont remis à zéro pour un printemps qui meurt tout doux.

Imaginé par la web-radio et chercheuse de pépites PWFM, en collaboration avec le club des quais de Seine, Garage, le Spring-Board Contest met en avant, et cela jusqu’au 21 juin, jour de finale et du début de l’été, 30 jeunes artistes en recherche de visibilité. Un mot d’ordre ? La musique électronique. Des tendances ? Techno, house, disco, macro. Une vibe ? Celle de l’énergie, de vibrations inédites et du renouveau.

Tous les vendredi, en before de ta nuit, Garage se transforme en arrière-cour expérimentale de la nouvelle scène parisienne. On retrouve Wanduta vendredi 25 mai prochain, pour le Round 8 en mode Douce techno au côté de Malecka et Panthera !

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Wanduta comment tu en es venu à la musique ?

J’ai appris à jouer de la guitare à 12 ans, en autodidacte. A l’époque, j’apprenais par coeur les morceaux d’Eric Clapton, Bob Dylan, Leonard Cohen, Nina Simone, les Doors, les Pink Floyd, les Stones, Gainsbourg, Brassens, Brel…. J’ai vite été frustré, parce que je voulais aller plus loin, mais sans m’inscrire au conservatoire. Je voyais la musique comme une passion, et je ne voulais pas que ça devienne une obligation. À l’époque, j’étais déjà très pris par les études et le tennis, que j’ai pratiqué à haut niveau. J’ai commencé à écrire des chansons vers 14 ans avec un piano et une guitare, avant de comprendre que la musique électronique pouvait être intéressante, en découvrant Console/Acid Pauli, Bonobo, Aphex Twin, les premiers albums de Villalobos… Tout d’un coup, je me suis rendu compte des possibilités infinies d’un truc encore relativement nouveau. J’ai commencé à m’intéresser à la texture du son autant qu’aux mélodies et qu’aux harmonies. Uchi, une amie qui est depuis devenue une super productrice et dj, m’a donné une version piratée d’Ableton, j’ai acheté un micro, et tout a vraiment commencé comme ça.

Pourquoi ce nom de scène là ?

Wanduta veut dire “Flèche Rouge”, c’était le nom d’un chef et homme-médecine amérindien, qui s’opposait à l’assimilation blanche forcée par les gouvernements nord-américains. Dans les années 1900, il a été emprisonné pour avoir pratiqué une danse traditionnelle Dakota, que le gouvernement voulait interdire. Son histoire serait trop longue à raconter ici, mais un livre que l’on trouve sur internet la raconte. Selon mon père, nous aurions des origines amérindiennes. Je ne sais pas si c’est vrai, mais j’ai toujours senti une fascination et un attachement envers ce peuple qui a été victime d’un immense génocide, et dont on parle relativement peu.

Ta musique en trois mots ?

Je n’aime pas essayer de caser la musique dans des petites boites, je préfère laisser les gens décider ce qu’ils en pensent. Labéliser les choses donne l’impression de les comprendre, mais pour moi, la musique doit d’abord être ressentie. Donc si je devais absolument donner trois mots je dirais : rêve, sentiments, honnête.

Faire la fête, pour toi, c’est quoi ?

Je pense qu’on peut faire la fête pour se retrouver (entre amis, autour de la musique…), ou au contraire pour s’évader. Je suis toujours entre ces deux extrêmes : je le vois souvent de manière très positive, mais parfois au contraire, de manière très déprimante. Mais quelque soit la raison, je pense que rassembler des gens autour de la musique (et de la danse, qui va souvent avec) sera toujours magnifique. Je pense que chacun a le souvenir d’une fête parfaite, et de la sensation d’être en harmonie avec le monde, grâce à la musique. Ça peut devenir une expérience quasi-mystique.

Ton rôle dans la nuit ?

Je ne suis pas le mieux placé pour le dire, il faudrait demander à mes amis, mais je suis pas sûr de vouloir connaître la réponse !

Et sinon ?

Sinon j’ai 27 ans, et mon plus grand rêve serait d’apporter une petite contribution positive au monde, à travers la musique. Donner une petite impulsion dans le bon sens, même infime… Je pense que la musique permet la transmission de messages universels, c’est important d’en être conscient et d’essayer de s’en servir.