On se souvient des premières dates des Yeux Orange, de L’International au Monseigneur en passant par la Rotonde-Stalingrad et le Batofar. Il y a quatre ans, le renouveau d’une vibe ensoleillé et dark à la fois, des couleurs particulières que reprenaient les visages, à la lueur scintillante et régénérée de boules disco éphémères.

Les Yeux Orange, aka Stan et Raphaël. Des soirées à l’identité et à l’ambiance uniques , un label, des mixtapes exclusives, deux djs et tout un tas d’artistes mis en avant pour… l’amour de la musique et de l’éclectisme ! De Yan Wagner en passant par Legowelt, Black Merlin, ou KZA et David Vunk, nombreux sont les têtes d’affiche à avoir fait frétiller nos coeurs, par la rareté de leurs apparitions parisiennes et la richesse de leur présence nocturne.

À l’occasion de la 8e édition de Exotika, célèbre soirée qui tient ses quartiers depuis avril 2017 à La Java à Belleville, samedi 21 juillet avec Bwana, Stan et Raphaël prennent la parole pour expliquer qui ils sont, faire des blagues, et nous inviter dans leur quête de cette fameuse… fille aux yeux orange… (et on te fait même gagner des places pour la soirée dans notre agenda)

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Les YEUX ORANGE, qui êtes-vous ?

S : Stanislas, graphiste, co-fondateur des Yeux Orange

R : Raphaël, co-fondateur des Yeux Orange

Les yeux orange, c’est né quand et comment ?

S & R : C’est né de l’envie de partager nos goûts musicaux, d’organiser des soirées, d’inviter des artistes à s’y produire, d’y mixer et surtout de monter un label, c’est ce qu’on fait aujourd’hui, on en gère deux…

Pourquoi ce nom là d’ailleurs, Les yeux Orange ?

S & R : Une question qu’on nous pose systématiquement ! C’est tiré du titre Paul Martin – Le Troublant Témoignage, (c’est une fille vraiment étrange, elle a les yeux orange)

Trois mots pour définir l’esprit de Les Yeux Orange ?

S : Travail, famille, discothèque

R : Chronophagie, éclectisme, passion

Quand il est 4 h du matin et qu’on vous demande ce qu’est Les Yeux Orange, vous répondez quoi ?

S : “Ah, t’as pas aimé notre set ?”

R : “T’as pas une question encore plus relou ?”

Et quand il est 8 h du mat’ ?

S : A 8h du mat’ à priori on ne répond plus de rien surtout si c’est dans un endroit obscur de la Rue Faubourg du Temple.

R : Ca dépend qui pose la question

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La première soirée Les Yeux Orange on s’en souvient ?

S & R : C’était à l’International, rue Moret, en 2014 avec deux live de SR Krebs et notre pote LeonxLeon qui fait partie de la famille…. La spécificité de cette première résidence était le budget minuscule alloué par le lieu qui nous imposait de faire venir un artiste en live pour chaque événement, ce qu’on est parvenus à faire miraculeusement à chaque fois sur cinq ou six soirées….

Votre meilleur événement signé Les Yeux Oranges ?

S & R : On garde un très bon souvenir au Rex Club en 2017 en co-orga avec Délicieuse Musique car le lieu est bien évidemment mythique, avec Legowelt en live, artiste qu’on suit depuis très longtemps et qu’on respecte beaucoup, on y a été très bien accueillis par le staff, une très belle nuit !

Organiser des teufs pour vous, ça représente quoi ?

S & R : C’est un moyen pour nous de faire découvrir des artistes. Dans la mesure du possible, on aime bien booker des DJs qui n’ont jamais joué à Paris. C’est aussi un bon moyen de se faire connaitre voire « respecter » dans le monde de la nuit parisienne. C’est beaucoup d’investissement donc de stress en amont de la soirée, négocier avec les agences de booking, trouver et gérer des partenariats, accueillir les artistes, de la paperasse, espérer rentrer dans nos frais en faisant une belle soirée et donc garder la confiance du club…

Le truc que vous préférez dans ce“taf” ?

S & R : On fait souvent de belles rencontres. On apprécie tout particulièrement la fin de soirée, quand les artistes invités sont contents d’avoir fait le déplacement, qu’on fait une belle soirée avec du monde et surtout que le public a bien kiffé.

Le pire truc ?

S & R : Les soucis techniques, les imprévus et bien évidemment quand tu perds de l’argent…

Vous avez déjà eu des fails avec Les Yeux Orange ?

S : Je ne les compte plus : des pains à la pelle, des tables qui ne répondent plus, plus de son dans le casque, “Attends je comprends pas, j’ai appuyé sur ce bouton et on entend plus rien ». Quand il n’y a pas de cellules et que tu n’as pas pris les tiennes, etc.

R : Une fois ma clé USB a rendu l’âme, une “emergency loop” s’est déclenchée sur la platine et je ne pouvais plus enchaîner ayant oublié ma deuxième clé…Le dj suivant m’a remplacé, et j’ai finalement joué après être repassé chez moi avec un Uber en urgence….

Votre public il ressemble à quoi ?

S : Des jeunes, encore des jeunes, toujours des jeunes.

R : Pas mal de passionnés, de nerds de la musique électronique qui suivent ce qu’on fait.

Qu’est ce qu’on attend d’un public d’ailleurs quand on fait une soirée ?

S & R : Déja, qu’il réponde présent en passant une bonne soirée…. Et qu’il danse tout simplement, c’est le plus beau compliment.

Le DJ que vous rêveriez d’inviter mais ça va être chaud  ?

S : David Guetta pour 200 euros, mais on l’obligerait à jouer “unplugged” un florilège de ses tubes à la flute ou à l’accordéon (c’est mon fils qui me souffle la réponse).

R : Larry Heard ou DJ Harvey mais c’est vrai sur David Guetta ça aurait de la gueule

On y boit quoi à une soirée signée Les Yeux Orange ?

S : Ce que tu veux selon tes envies et ton budget : de l’eau tiède des chiottes, un coca, du champagne.

R : Du Tang

On y danse quoi ?

S : On y danse pas le jumpstyle hélas, une danse où tu dois tout donner physiquement, j’aimerais bien vivre ça au moins une fois mais on va devoir jouer plus rapide et plus bourrin…

R : Un mélange de kuduro et de tecktonic

Et en after ?

S & R : On organise pas d’after mais de toutes façons c’est rare de voir les gens danser en after non ?

On va en after chez Les Yeux Oranges ?

S : Oui, malgré notre âge canonique on va en after de temps à autre pour continuer une bonne soirée ou tenter d’en sauver une mauvaise, un peu comme tout le monde…

R : Après La Java, on finit souvent au Moka ou au Zorba, lieux de perdition bien connus des naufragés de la nuit.

Pourquoi on fait (beaucoup) la fête, aussi ?

S : Pour décompresser, déconnecter, faire des rencontres bonnes ou mauvaises, l’amour, le sexe, je ne sais pas…

R : Pour oublier sa vie pourrie, dépenser des calories, s’abîmer, voir ses potes, trouver un(e) partenaire.

C’est quoi qui vous différencie des autres collectifs ?

S : On gère nos labels « Les Yeux Orange » et « Good Plus ». On a deux résidences parisiennes à la Rotonde Stalingrad, à La Java et on à la chance de mixer en France et à l’étranger très régulièrement. On a également une grosse plateforme de partage musicale via Soundcloud et Youtube.

R : On est que deux, ça ne fait pas de nous un collectif.

C’est quoi le truc le plus WTF qui vous soit arrivé en soirée ?

S : Récemment, une alarme incendie qui retentit pendant de longues minutes en plein set et moi qui essaie de caler des disques par dessus avec le public qui gueule « Alleeeeez », c’était vraiment n’importe quoi.

R : Boire du poppers accidentellement (…)

La Clairière 1

Le truc le plus ORANGE qui soit arrivé à une Les Yeux Orange ?

S : On a jamais croisé cette fille avec les yeux orange

R : … Malheureusement…

Des soirées dont vous vous sentez proches avec Les Yeux Orange ?

S & R : Deviant Disco, Vagina Dentata, Délicieuse Musique…

Non mais en vrai, vous aimeriez vraiment avoir les yeux oranges ?

S : Non ça va merci

R : Oui c’est mon désir le plus profond

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