Parce que de moins en moins, on sort pour lui, pour elle, pour eux. Ceux qui nous comblent le cœur (et le temps) sur les réseaux, à hurler, susurrer, pousser des beats dans nos casques. Pour lui, pour elle, pour celles dont on n’attend (plus vraiment) les albums, et chez qui l’on pioche les pépites parfois solitaires parfois multiples, pondues par-ci par-là sur les internets. Parce que de plus en plus, on sort pour une ambiance, un mood, un air, une odeur, ou parce qu’on suit seulement les potes, les tendances, parce qu’on se colle chaque weekend aux éternelles mêmes portes. On en oublie d’aller le voir lui, d’aller les voir elles, pour ce qu’ils sont, et les enchantements lives qu’ils nous procurent. Sortir pour voir un artiste en particulier, c’est la bonne résolution qu’on te lance pour cette fin d’année !

Voilà pourquoi cette sélection. Parce que DIX ça sonne bien, c’est rond, et ça donne envie de s’intéresser à un truc. DIX. Assez pour avoir le choix. DIX. Pas assez pour s’y noyer. Dix artistes auxquels tu n’aurais pas forcément pensés. Parce que pas encore assez connu, parce qu’oublié dans un coin de ton iPod, parce que tu n’en avais jamais entendu parler (et tu te demandes encore pourquoi), parce que tu n’étais même pas au courant qu’ils passaient dans ta région mais qu’en fait tu les adores. Dix artistes à ne pas louper, pour la joie de ton cœur, pour ta soif de musique, de découverte, pour ton envie de braver les nuits encore et encore et de te planter devant une scène avec la joie d’un enfant. Et ne plus bouger. Ou sur ton passage, littéralement, tout défoncer ?

1 – BOY HARSHER (US)

Le vendredi 1er décembre pour la Tech Noire #8 au Klub

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Pourquoi eux ? Parce qu’ils sont clairement un des live de la scène wave les plus attendus de l’année, juste ça. Check !

Non mais en vrai ? En vrai, leur musique est si prenante, sexy, jusqu’où irions-nous, sexuelle (?), qu’il rendrait sa libido au plus paisible des curés. C’est sombre, très sombre. C’est affolant, très très affolant. C’est plein de sueur et de flux en tous genres. C’est à voir, sans broncher.

Leur p’tit plaisir coupable ? Une petite addiction à la douleur ? Puis les petits cris, gémissements et autres jeux de voix (un peu complètement troublants) de Jae Matthews…

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : Ton numéro

Leur couleur ? rouge / dark wave

Notre track fétiche : Modulations, parce que c’est celui qu’on a le plus hâte de voir en live

2 – SIZE PIER (FR)

Le samedi 2 décembre pour la Trou Aux Biches à La Java

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Pourquoi lui ? Parce qu’on aime le son à la fois frontal et poétique de Size Pier et qu’on a hâte de le voir ailleurs qu’en after. Parce qu’inviter Size Pier, résident Champ Libre, à la Trou aux Biches, c’est plonger la Java dans une cave dégoulinante de techno, c’est un beau pari, celui de donner un air sombre aux nuits queers, et ça, on valide, on adore !

Non mais en vrai ? Pour le côté BG sportif derrière les platines t’as vu. On sait d’avance que ça va saaaaaliver dans la salle…

Son p’tit plaisir coupable ? Le chouchen ?

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Des barbelets

Sa couleur ? Noir plus d’espoir / techno

Notre track fétiche : Dystopie

 

3 – PETASS (FR)

Le jeudi 7 décembre pour la Les Morts Vont Bien • Petass • Paolo Técon à La Station —Gare des Mines

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Pourquoi lui ? Pourquoi Flo Debout ? La question ne se pose pas. Viens, et vois (et bois).

Non mais en vrai ? Parce que c’est cramé de la rétine et que c’est exactement ce qu’il faut pour un premier jeudi de décembre. Parce que la fin d’année est déprimante pour tout le monde alors un PETASS sur scène qui claque les portes très fort, essaie de littéralement t’étouffer avec sa bouche et de te claquer des assiettes sur le crâne, que demander de mieux, en fait ?

Son p’tit plaisir coupable ? Attention à ta baraque… et à des doigts.

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : Le téléphone quand il sonne, puis quand il sonne pas aussi

Sa couleur ? Le rouge / noise-trash

Notre track fétiche : çA me ferais chiez

4 – PARANOID LONDON (UK)

Le jeudi 7 décembre pour Les Disques De La Mort au Rex Club

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Pourquoi eux ? Parce que ça fait quand même plus d’un an qu’on ne les as vus sur Paris. Et clairement, la dernière date, on l’avait snobée avec dépit (Showcase oblige). Paranoid London, c’est un duo né de la déception house. Et quand on est déçus, parfois, on décide de faire comme avant, mais en mieux. D’où le côté très acide, d’où la house de Chicago qu’on sent dans les interstices, d’où les vocales lancinantes, et le côté très “no promo” de leur univers. On adore, parce qu’aller les voir jouer, c’est comme avoir l’impression de garder le plus précieux des secrets !

Non mais en vrai ? Parce qu’il y a aussi Clara 3000 qui joue ce soir là et que ça fait DES LUSTRES qu’on l’a pas vue jouer… d’une pierre deux coups qu’ils disent, on dira trois coups avec Ivan Smagghe. Puis c’est parfait pour enchaîner après la Station !

Leur p’tit plaisir coupable ? Le vinyle, unique objet sur lequel écouter leur musique

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : De la colle

Leur couleur ? Un jaune or / acid-house

Notre track fétiche : Eating Glue

5 – BALLADUR (FR)

Le vendredi 8 décembre pour la Plage Arrière #3 au Chinois

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Pourquoi eux ? Parce qu’ils viennent de Villeurbanne. Voilà.

Non mais en vrai ? Parce qu’on aime l’énergie et la fausse légèreté qui se dégage de leurs tracks. Puis aussi parce qu’on aime quand des artistes ont dix mille projets (solo ou en groupe) et c’est leur cas. On aime les photos de politique qu’on trouve quand on tape leur nom sur google, ça aussi c’est quand même super cool. Puis ils paraît qu’ils ont prévu de hacker nos cœurs ! Avec plaisir !

Leur p’tit plaisir coupable ? Chanter dans toutes les langues, même en indonésien

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : Des paquets de nouilles Indomie

Leur couleur ? bleu gris / pop-noise

Notre track fétiche : Aku à connaître par coeur pour le vendredi 8 décembre svp !

6 – PRIESTESS (IT)

Le vendredi 15 décembre pour Fils de Vénus présente: Priestess + Peanuts à la Machine du Moulin Rouge

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Pourquoi elle ? Parce qu’on ne va pas se mentir, le hip-hop italien, on en entend pas forcément trop trop parler ici à Paris. Alors quand il perce, qu’il est femme, frais, moderne, qu’il est programmé par des gens aussi cools que les Fils de Vénus, on dit “oui” de suite. Alessandra Prete nous vient des Pouilles, du minuscule village de Locorotondo pour être exacte et on aime son look latino des vilains quartiers new-yorkais.

Non mais en vrai ? Parce qu’on peut facilement la confondre avec un vieux groupe de hard rock et qu’on adore l’idée !

Son p’tit plaisir coupable ? Crop-top, grosses boucles et bédo.

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : De la beuh bébé

Sa couleur couleur ? Rose néon / rap qui flirte avec la trap

Notre track fétiche : Torno Domani mais un gros coup de coeur également pour Buio Cosmico 

7 – CONTREFAÇON (FR)

Le samedi 16 décembre pour la Secteur H w/ Matrixxman, Contrefaçon, Herrmann à la Java

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Pourquoi eux ? Parce que Contrefaçon c’est quatre potes, quatre parisiens, qui se faisaient connaître il y a un peu plus d’un an avec la sortie de quatre vidéos. C’était d’abord AVIV, sorte de dédale Kavinsky-iesque plus urbain et très bien léché (oui, on a dit “léché”). Avec K-ITZ, les Daft Punk et M83 se retournaient dans leurs casques. Puis venait STAV, savant mélange du tout, approché d’un petit Visitor revisité à la perfection. Et là, la brêche. La charmante fissure. La délicieuse éruption. Il y a six mois “J’te nique ta mère en Air Max” résonnait sur les réseaux. Puis il y a eu le parfait Danser Penser. La frapcore n’avait qu’à bien se tenir, les quatre fous furieux de Contrefaçon sont multi-léchage…

Non mais en vrai ? Parce qu’ils ont réussi à faire un tube avec un nom de sneakers (R MAX), bah ou-é.

Leur p’tit plaisir coupable ? Le slow-motion

Ce qu’il faudra leur lancer sur scène : Une paire de baskets, bah ou-é

Leur couleur ? Le bleu / outrun-frapcore

Notre track fétiche : Danser Penser

8 – JESSICA93 (FR)

Le lundi 18 décembre pour sa release party à La Maroquinerie

Renaud Monfourny

Renaud Monfourny

Pourquoi lui ? Parce qu’on attendait son nouvel album avec impatience. Guilty Species est finalement sorti le 3 novembre dernier et on le savoure encore en ce mois de novembre qui s’assombrit. Toujours aussi barré, mélancolique et tout gris, le son de Jessica93 s’embarque cette fois-ci pour une virée bien plus début des 90 qu’avant. On sent le groupe derrière, la solitude s’est presque évanouie -même si on sait que non,  les basses sont entêtantes, la maturité est là, et qu’est ce qu’on c’est bon !

Non mais en vrai ? Parce qu’on a besoin que le rock retrouve la place qu’il avait dans la nuit parisienne

Son p’tit plaisir coupable ? Le look Guns N’Roses

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Un petit crucifix

Sa couleur ? Gris / shoegaze, rock

Notre track fétiche : Anciennement on aurait dit Away, l’apocalypse par excellence. Mais présentement on se penchera plus sur le magiqur R.I.P. IN PEACE

9 – 14NGER (FR)

Le jeudi 21 décembre pour la Jeudi Techno à Nuits Fauves

14anger

Pourquoi lui ? Pour le côté vieux raveur du sud de la France et pour un truc cool qu’il a dit un jour en interview par rapport à sa musique qualifiée de violente : “se servir de la colère pour alimenter un projet positif.” C’est pour ça qu’on écoute de la techno non ? Pour se soigner les stupeurs et les tremblements de rage.

Non mais en vrai ? Pour ce mot : “oldskool”

Son p’tit plaisir coupable ? Les virées dans le Languedoc

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Toute ta rage bébé

Sa couleur ? Le noir, et sans cliché / rave, indus, techno

Notre track fétiche : Red October 

10 – PUZUPUZU (FR)

Le vendredi 22 décembre pour la Sheitan Town #5 au Chinois

puzupuzu

Pourquoi lui ? Parce que Puzupuzu c’est quand même un des phénomènes de l’année encore indé à ne pas oublier dans ta liste des grandes moments 2017. Puzupuzu c’est même le mec que Noisey présentait comme l’inventeur du “coupé-décalé-retourné-pulvérisé”. Waouh. Mais du coup c’est quoi ? Bon, c’est un truc qui te retourne un peu le scrotum. C’est un voyage poétique, un slow-motion focus sur les genoux d’un danseur de kuduru. Ou-é, c’est un danceur de kuduru au ralenti et une histoire qui se raconte au rythme des battements de son coeur. En slow-motion. Un histoire d’amour en slow-motion.

Non mais en vrai ? Parce qu’on est déprimés et qu’avec Puzupuzu impossible de ne pas s’enjailler

Son p’tit plaisir coupable ? Le sampling

Ce qu’il faudra lui lancer sur scène : Une bière (il aime les bières gratuites !)

Sa couleur ? Un beau bleu océan / “musique for weird kids”

Notre track fétiche : Café