Artiste tombé dans la potion magique du hip-hop avant même sa naissance, KillASon c’est ce jeune mec plein d’étoiles dans les yeux au charisme redoutable. Bourré de talent, il se rêve superstar depuis ses premiers pas. Lancé dans le hip-hop comme un feu d’artifice, KillASon est sur le point d’exploser. En attendant le bouquet final, ce sont les salles de concerts où il se produit qu’il explose. Patron du label Supanova, il veut tout faire pour que son empreinte dans le monde de la musique soit la plus profonde possible. Malgré sa vie à 2000 à l’heure, KillASon reste un mec humble, qui prend énormément de plaisir dans ce qu’il fait à défaut de se prendre la tête. KillASon en fait c’est juste ce mec qui est là pour kiffer sa race.

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Brandel Grégory

Salut ! Décline ton identité

Hi ! KillASon, rappeur, producteur et danseur. Je sors un nouvel EP en janvier. J’ai grandi à Poitiers et mon prénom c’est Marcus. Sinon j’suis étudiant en marketing à Dauphine.

Tes premières fêtes tu t’en souviens ? Qu’est-ce qui t’a marqué ?

Mes premières c’étaient des soirées pyjama à Poitiers. J’étais au collège. J’me souviens pas de grand chose, mais je sais qu’il y avait des meufs et qu’on essayait de faire des trucs avec elles.

 “J’suis arrivé à 23h et y’avait un gars qui pissait le sang dans la salle de bains”

Y’avait souvent des embrouilles parce qu’on était petits. Du coup c’était pas fun. Fallait toujours qu’un truc se barre en live, que des gens essayent de s’incruster dans le truc…

J’me souviens assez clairement d’une soirée où des mecs mettaient des balayettes à des meufs pour rigoler, ça les faisait marrer. Très rapidement j’me suis dit « mais attends c’est quoi ce bourbier ».

J’suis arrivé à 23h et y’avait un gars qui pissait le sang dans la salle de bain. Tout le monde était bourré. 5 minutes après mon arrivée ils ont mis le mec sur un lit à côté d’un autre gars tout aussi en forme, ils étaient tête bêche avec chacun un seau. Ça a donc tourné en tennis de vomis entre les deux pendant 30 minutes. Ça c’était assez fort.

Faut de la maturité pour faire la teuf tu penses ?

Franchement ouais, c’est limite quelque chose qui s’apprend avec l’âge. Quand t’es jeune t’es souvent en mode « je vais à cette soirée pour foutre la merde ». Mais du coup tu kiffes pas en fait. Après rapidement j’ai fait la fête avec des plus grands. Là c’était plus chill tu vois. J’me suis rendu compte que faire la fête ça n’avait rien à voir avec « foutre la merde ». Et puis ces premières expériences de soirées m’ont malgré tout fait préférer les house parties aux clubs. J’préfère la vibe des soirées dans les maisons ou les appart plutôt que d’aller en boîte.

T’écoutais quoi comme musique à l’époque ?

J’écoutais déjà du hip-hop. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui écoutaient du hip-hop avant que je sois né. Ils avaient déjà des CD de Tupac, de Notorious B.I.G., de Outkast… Quand j’étais encore dans son ventre, ma mère dansait sur La Peur du Métissage d’Assassin. Donc j’étais dedans dès le début. Y’a pas eu de moment, genre à 8-9 ans où un frère ou un cousin m’a donné la « cassette du machin ». Mon amour pour le hip-hop n’est pas né d’un déclic parce qu’il était déjà là depuis le début.

C’était quand ta première performance artistique ?

Alors y’a eu un prélude au Belushi’s, le truc qui fait auberge de jeunesse et bar-club vers Gare du Nord. C’était une espèce de showcase où j’ai chanté cinq titres seulement. Après ça j’ai eu une date à Poitiers en juin 2015 au Confort Moderne. C’est là que tout a commencé vraiment…

Qu’est ce qui a changé depuis ce premier showcase ?

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Brandel Grégory

Tout ! La manière d’interpréter les sons, la manière d’interagir avec le public, le ressenti, la musique en elle-même. Tout a changé.

Parle-moi de ton public

J’pense que j’suis pas encore assez connu pour avoir la prétention de dire que j’ai un public spécifique. Mais j’ai la chance d’avoir des gens assez éclectiques, de tous horizons, de tous âges, qui aiment le hip-hop ou non. Et ça c’est cool.

Comment ça se passe sur scène pour toi ?

Déjà j’suis tout seul sur scène. J’ai une p’tite machine avec des potards qui balancent des effets genre du delay ou de l’echo. En terme de technique je suis pas encore parfait, mais le plus important pour moi sur scène c’est de bien chanter.

Ensuite je suis aussi là pour faire bouger les gens, pour les faire danser. Je veux qu’il y ait des moment où ils me regardent, qu’ils voient ce qu’il se passe et qu’ils rentrent dans l’histoire. Mais je veux surtout qu’ils puissent fermer les yeux, se lâcher et se sentir comme dans un club.

Avant un live j’suis très très calme. KillASon sur scène et pas sur scène c’est le jour et la nuit.

Qu’est-ce qui te rend le plus heureux sur scène ?

C’est quand le public réagit de fou. L’énergie que t’envoies et qu’ils te re-balancent dans la face, ça c’est trop ouf ! J’suis ce genre d’artiste, j’suis là pour faire exploser la salle. Je donne beaucoup et j’ai besoin qu’on me donne en retour. Parfois le public ne réagit pas de manière très expressive, mais ça veut pas dire qu’il est pas connecté. Et ça j’l’entends et j’le comprends. Moi j’fais mon truc, et même si j’ai mes p’tits codes pour chauffer une salle, je ne manque jamais de respect au public s’ils sont un peu endormis.

“Une soirée trop planifiée c’est jamais au niveau de tes attentes.”

T’es différent d’un live à l’autre ?

Ça dépend. En ce moment on est plutôt sur la consolidation. Donc non j’essaie pas trop de trucs. Surtout que là en fait j’suis en mode prospection pour l’international. Le but c’est de présenter à des acteurs professionnels étrangers le projet. Et donc pour ça faut faire le show comme tu sais le faire et comme tu l’as fait 50 fois.

Du coup en ce moment je prends moins de risques. Le live il reste pour l’instant comme il est depuis la version bien carrée. Celle avec laquelle on fait vraiment du sale.

C’est quoi ton fail le plus mémorable ?

À un concert à Montreal j’ai oublié mes paroles. J’avais fait une version un peu spéciale d’un son, je l’avais raccourci et du coup j’me suis perdu. J’ai chanté un genre de yaourt style « nanananana », toute mon équipe était morte de rire. Mais moi j’avais chaud mec.

C’était quand ta plus belle nuit ?

En tant que KillASon ma plus belle night c’était à Solidays. C’était juste dingo.
Sinon je trouve que les soirées impro c’est le mieux ! Une soirée trop planifiée c’est jamais au niveau de tes attentes. Quand tu improvise t’es dans le mouvement en fait, tu suis tes envies ! Et quand tu sens ce feeling là, tu te rends compte que c’est ça qu’on devrait à peu près avoir dans la vie. Il vaut mieux se laisser porter parce qu’en te fixant des trucs t’as tendance à être obnubilé par ça et ça te bouffe l’esprit.

Donc en tant que KillASon tu te fixes rien de particulier ?

Si ! J’ai des objectifs, j’ai envie d’être au sommet ! J’ai envie de tout exploser, depuis que je suis p’tit j’ai envie d’être une super star. Mais ça ça peut te bouffer l’esprit quoi ! Tu peux rentrer dans des mécaniques de merde, à te comparer, à te remettre en question constamment, à toujours penser que ton truc c’est de la merde, à pas considérer le taf que tu fais là, à pas être patient… Et quand tu rentres dans cette spirale là c’est destructeur tu vois.
Sinon comme objectif plus concret j’ai monté le label Supanova avec ma mif et j’veux absolument être à la hauteur de ça. Je veux que ce soit une maison éclectique. Y’aura une teinte assez électro, avec quand même une identité hip-hop.

C’est quoi le style de musique qui t’ambiance le plus en soirée ?

J’t’avoue ça va dépendre de la vibe, avec quels potes je suis. J’ai des potes avec qui on écoute grave de l’électro house à la Tchami et on s’ambiance comme des fous. La dernière fois au concert de Malaa à Solidays j’me suis niqué l’épaule tellement j’me suis donné ! Et d’autres fois c’est en mode hip-hop, ça jump, jsuis avec mes gars ! Quel que soit le style de musique que j’écoute, je fais la fête de la même manière : en dansant comme un fou.

“Blow, je l’ai écrit pendant une période un peu down, au moment des attentats, de la montée de Le Pen, c’était une période de merde quoi”

Toi pourquoi tu fais la fête ?

Parce que c’est trop bien (rires). ! La teuf, pour moi, c’est une consécration. C’est vraiment un feeling. Tu manges, tu bois, tu parles, t’es entouré de personnes qui sont là pour kiffer. À la différence des soirées où t’étais plus jeune, là tu sais ce que t’aimes et tu le fais.

Ta chanson Blow parle de l’atmosphère assez anxiogène qui règne en Europe, tu penses que les gens changent de façon de faire la fête à cause de ça ?

J’pense pas qu’on soit dans un climat beaucoup plus dark qu’avant. En soit je pense que si on fait une retrospective et qu’on jette un oeil sur le passé on verra qu’on est quand même bien lotis. Je relativise beaucoup mais comme tout être humain je fonctionne par périodes. Ce son je l’ai écrit pendant une période un peu down, au moment des attentats, de la montée de Le Pen, c’était une période de merde quoi. Du coup j’pense pas que les gens changent de manière de faire la fête, je pense juste qu’ils oscillent entre bonnes et moins bonnes périodes.

Donc quand t’es down tu fais de la politique du coup ?

J’dirais pas nécessairement ça. J’fais de la musique. Après tu vois le morceau il est patate. Je voulais pas un truc déprimant, au contraire. Okay le sujet est un peu sérieux, mais pour moi la musique c’est un transformateur. T’as des chanteurs qui parlent de sujets super graves mais avec des morceaux super joyeux. Du coup ça te permet de prendre en main certains aspects négatifs de la vie d’une autre manière.

Tu t’es déjà dit “plus jamais”, après une fête ?

J’avais fini mes partiels et j’suis allé chez mon oncle. Y’avait toute ma famille, on a d’abord mangé des cuisses de poulet puis on a enchaîné sur du champagne comme des fous. Le lendemain j’me suis réveillé chez le voisin, j’étais tellement mal mec !

“J’suis juste là pour kiffer ma race”

J’aime faire la fête avec ma famille, j’ai rien à leur cacher. Ma mère c’est une fêtarde, mon beau-père aussi, on fait la fête ensemble. Y’a absolument aucun problème avec ça, ils me connaissent sous tous mes aspects. Après quand j’bois j’me transforme pas, j’ai pas l’alcool mauvais, j’deviens juste plus joueur c’est tout.

C’est quoi la fête idéale pour toi ?

J’suis avec mes potes du début, ma famille, dans un endroit qui pète, avec des putains de cocktails, de la bonne bouffe, au soleil, quelque part où il fait chaud, avec du gros son.

En tant que danseur, comment est-ce que tu perçois les gens bourrés qui dansent ? Ça te fait pas mal de les voir ?

Nan ça me fait plaisir mec, tant qu’ils viennent pas m’enquiquiner, s’ils kiffent quand ils dansent moi ça me fait plaisir. Mais quand j’suis en soirée faut me laisser tranquille. De toutes façons quand je fais la fête j’suis pas dans le show off, j’suis juste là pour kiffer ma race.