Quand ça vient d’ailleurs, que ça sonne irréel, futuriste, à la fois fort et dans une retenue de hautes fréquences qui brouillent les pistes. Quand c’est de la techno et que ça a une âme, que le kick est délicat et les vibrations lunaires. Justine Perry est là. Aime. Kiffe le moment. Seulement un an et demi derrière les platines. Et déjà un Rex derrière elle. À découvrir, donc.

Elle est l’invitée, vendredi à L’International, du collectif Care/Mess pour une messe house et techno, Immersion#7 : Contre Plongée. La Lilloise qui a déjà joué à Londres et a conquis Berlin. Justine Perry. On a envie, facilement, de lui parler de Katty. De lui demander si elle a déjà “kissed a girl”. Mais elle a visiblement embrassé, déjà, avec brio, le monde encore underground de la “techno à coeur”.

Justine Perry, qui es-tu ?

Justine, bientôt 28 ans, je suis originaire d’une petite ville près de Lille, dans le nord de la France et j’habite depuis peu sur Berlin. Au niveau de mes souhaits dans la vie, je dirai que ce serait de travailler à temps plein dans les musiques électroniques, que ce soit monter des événements, bosser sur le côté promo pour un/des artistes, ou dans une agence de booking… Bref pouvoir me réveiller chaque matin avec la satisfaction et la joie d’aller au boulot. Combiner passion + musique tu vois. A bon entendeur (sourire). Puis sinon continuer à avoir des dates à droite à gauche dans des endroit cools me va aussi très bien. Je pense pas demander l’impossible (sourire) Je suis d’ailleurs très contente d’avoir était bookée par le crew Care/Mess ce weekend au club L’international, j’ai hâte !

Comment t’en es venue à la musique ?

Alors, je dirai que c’est depuis la période adolescence au collège/lycée, j’ai toujours étais hyper passionnée et curieuse des musiques électroniques. J’enregistrais des cassettes via mon énorme poste audio pour pouvoir les réécouter dans la voiture lorsque ma mère m’emmenait à l’école. Ensuite, après le lycée j’ai déménagé à Lille, et j’ai découvert la techno avec le Name Festival et le festival I Love Techno qui avait lieu à l’époque en Belgique, puis tous les clubs belges où je me rendais chaque weekend et le Magazine Club. En 2013, j’ai déménagé à Londres, et là ça a pris tout de suite une ampleur différente … J’ai découvert la Fabric, le XOYO, le Ministry of Sound qui à l’époque accueillaient de belles pointures techno et ça s’est fait comme ça de fils en aiguilles. De 2013 à fin 2016 , ma vie musicale se partageait entre sorties en boites et festivals à travers l’Europe, et fin 2016 j’achetais un contrôleur que je revendais en avril 2017 pour des platines… Entre temps j’ai aussi fait une formation à la SAE à Paris en 2017, et aujourd’hui Berlin, c’est juste génial !

Une montée, pour toi, c’est quoi ?

Ce genre d’adrénaline que tu développes en toi avant l’explosion ?

Lola Rossi

Lola Rossi

C’est quoi ton parcours de vie en dehors de la musique ?

J’ai un master en marketing et communication digitale que j’ai fait intégralement en alternance sur Paris.

Si ça n’avait pas été la musique ?

Un truc en rapport avec la promo de la musique électronique, ou PR pour DJ’s… J’ai pas vraiment d’autre passions en fait. J’aime bien les chats petits et mignons aussi.

Trois mots pour décrire ta musique ?

Hm c’est compliqué, les mots dans la musique peuvent être tellement interprétés de 1000 façons différentes… C’est très subjectif. Je dirais que j’ai un univers assez dark, planant, parfois un peu dramatique. J’aime beaucoup les hautes fréquences dans la techno, les sons très aigus, les arpegiateurm et les bells, ou encore les sons de drones ; ce genre de sons associé à la science-fiction très répétitifs complètement perchés qui te font perdre toute notion de temps et d’espace. Je suis pas fan du gros kick dévastateur où on entends que ça et de la techno autoroute… Pour moi, c’est boring à souhaits. J’aime la subtilité et les trucs précis.

Tes premiers amours musicaux ils viennent d’où ?

Quand j’étais ado, j’étais très pop/rock, je suivais un peu la hype qu’on nous proposait à la radio et à la TV, puis dieu merci ensuite ça a changé. Ça allait du Shakira, à Britney, Billy Crawford, en passant par Evanescence ou Avril Lavigne ahah, à chaque période une nouvelle idole. Des trucs de gamins en fait..? Tous les mois ça changeait (rires) Au final, j’ai commencé à vraiment m’intéresser à certains artistes en 2010, quand j’ai bougé à Lille, la première c’est Ellen Allien, j’étais bien fan de Justice aussi, Daft Punk, puis Magda.

Tu y crois toi, à un renouveau de la musique techno ?

Bien sur, quand tu vois comment ça a évolué ces dix, voire quinze dernières années en terme de genres, et sous genres, tu ne peux qu’avoir de l’espoir. Rien n’est figé dans la vie, rien ne dure, les tendances évoluent.

Ton rapport personnel à la techno ?

Une pure love story. J’en suis complètement cramée et fascinée. J’aime la sensation à la fois euphorisante et apaisante que cela me procure. J’aime aussi cette idée du “sans paroles” dans la musique électronique, uniquement avec des instruments, des bruitages, des nappes, des effets… car tu vas beaucoup plus loin dans l’exploration. Avec des paroles, tu es figé à suivre l’histoire que ces paroles racontent. Souvent, quand je rentre de soirée et je suis toute éberluée de ce que je viens d’entendre, mon cerveau est blindé de dopamine, c’est un peu comme un rituel pour moi chaque sortie et le jour ou je n’aurai plus cette sensation, alors ça en sera fini pour moi et la musique. Je pense pas que ça arrivera. C’est un peu comme une thérapie…

Ça fait quoi de jouer au Rex pour la première fois ?

Ahah jouer au Rex, c’est quand même un gros mélange d’émotions entre stress, peur, joie, excitation, appréhension. C’est un gros melting pot rempli d’émotions uniquement positives. J’avais pas envie que ça s’arrête !! C’est un club culte quand même, tous les meilleurs DJ’s sont passés dedans donc après un an et demi de pratique, débarquer au Rex pour moi c’était quand même une belle perf’ . C’était même pas dans mes objectifs des 3/5 prochaines années ! (rires)