Guido Minisky, c’est le genre de mec qu’il faut pas faire chier. Non pas qu’il ait l’intention de te sauter à la gueule. Non, non. Mais on connaît son côté “décalé”, son appétence à l’humour frontal, sa façon de rire jaune de tout (mais pas tout tout) et de répondre à côté quand il a décidé qu’il voulait jouer. On aime bien ça, nous. Parce que c’est drôle et que la légèreté bien mesurée, c’est toujours bien tombé. Alors on a essayé de le faire chier (quand même) avec une série d’interrogations semi biographiques, semi philosophiques de boudoir. Guido, mi-figue mi-raisin. Interview mi-fugue mi-raison.

On retrouve la moitié d’Acid Arab, vendredi 2 mars (ou-é, c’est demain, il n’est jamais trop tard) à La Java, pour un set orienté, à prévoir bien ficelé, au côté du Yalta Club ou encore Lindstrom, pour une première collaboration Smmmile Festival x Bragi Pufferfish de choc.

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Quand tu dois te présenter à quelqu’un que tu ne connais pas au beau milieu de la nuit, c’est quoi la première chose que tu balances ?

こんばんは。あなたは日本語を話せますか?

Et quand on est au beau milieu de la journée ?

Sauriez-vous m’indiquer à quelle heure la nuit tombe svp?

Pourquoi “Guido” ?

J’hésitais entre “Paul” ou “Thomas”. J’étais parti sur “Fred”. Bon et puis “Guido” a pris le dessus.

Tu viens d’où ? Comment on fait la fête par chez toi ?

C’est marrant avec «par chez toi» j’entends tout de suite un accent berrichon. Ça donne envie de répondre n’importe quoi qui commence par «Oh ben moué». Du coup : “Oh ben moué, je viens de la banlieue. Mes premières fêtes c’était Noël. Assis par terre, autour d’une bougie dans un studio des Hauts de Seine, en écoutant France Musique.”

Comment t’en es arrivé à la musique ?

Meudon. Début des années 80. Je suis un jeune enfant. Mes cheveux longs masquent discrètement une tête pleine de rêves et de passions. Je me vois astronaute. Ou super héros (j’ai déjà le nom : Super-Guido). Jusqu’à ce mercredi. De juin. Cette fête. Quasiment comme une vraie boum, mais organisée par les profs dans une salle de classe. Ce jour-là, j’étais venu armé. J’avais mes derniers 45 tours (ellipse) et du coup j’ai eu envie d’être dj.

Tes premiers amours musicaux, ils sont venus d’où ?

Les 45 tours du Monoprix de Chaville. Les disques de Bruno Cassard et de son grand frère Fabrice à la résidence des Grands Chênes. Radio 7. Platine 45 et Sex Machine.
C’était mes guides.

Tu as changé ta manière d’écouter de la musique aujourd’hui que tu la joues ?

Oui en effet, c’est très polluant de guetter un truc efficace au lieu d’écouter simplement un disque.

Ton premier dj-set, tu t’en souviens bien ?

Dans les Yvelines. Une table de mixage BST 4 pistes avec aucun effet, aucun gain, juste quatre potards dégueulasses pour une machine ridicule d’un kilo. Une platine à entraînement courroie. Un lecteur cd de salon — celui de mon reup. Et un magnéto bien sûr. Je me souviens pas de tout mais avec certitude y avait Police, Téléphone et Les Rita Mitsouko dans la sélection.

“C’est peut-être pas le bon timing pour vous demander si c’est open bar ?”

On te voit beaucoup dans les soirées dites “pour filles” ? Tu serais pas un peu gouin ?

Oui elles sont plus sympa que les gays. Je vous laisse avec cette polémique.

Que t’apporte le milieu de la nuit queer que le reste ne t’apporte pas ?

Par avance je m’excuse pour cette réponse mais je trouverais pas mieux pour définir le sentiment de bienveillance, de proximité et de passion qui me prend à la gorge dans ces soirées, et en plus c’est vraiment un terme de professionnels du monde de la nuit : la vibe.

“Faire la fête”, ça veut dire quoi pour toi d’ailleurs ?

Être dans le moment.

Pourquoi les gens font la fête aujourd’hui ?

Dites donc y en a vachement des questions là non ? Echappatoire : Déso je ne réponds pas aux questions sur «les gens».

Tu as l’impression qu’on a changé de façon de sortir depuis quelques années ? –

Dans ce domaine, je trouve que rien ne change. Juste ça évolue.

On va du coup te poser une question idiote : la fête ne peut plus être politique ?

C’est peut-être pas le bon timing pour vous demander si c’est open bar ?

C’est quoi ton militantisme à toi dans la fête ?

Ne vous dérangez pas pour moi, je vais juste au fumoir.

C’est quoi le truc super important qui a changé entre toi à tes débuts, et toi aujourd’hui ?

Je tiens moins longtemps.

Il existe un ou des inconvénients dans le fait de faire partie du “monde de la nuit” / “l’industrie musicale” ?

Les interviews à vingt questions (y’en a bien plus, ndlr). Sinon ça va c’est plutôt cool. La légende peut continuer à luire.

T’en penses quoi de l’industrie musicale actuelle, d’ailleurs ?

Je soutiens Bandcamp.

Tu les vois sortir comment les jeunes dans 20 ans ?

Sur des motos volantes.

C‘est quoi le truc que t’aimerait voir rester de toi ?

Techniquement, après ma mort, je serais pas forcément en méga-état de voir quelque chose rester. Partant de là, bon bah je vous fais confiance.