Koyote, c’est le secret le mieux gardé de Paris. Tapi dans l’ombre depuis plus de dix ans, il joue le jeu à son rythme en sortant d’excellents morceaux quand ça lui chante. À l’occasion de son passage à La Folie pour le lancement de Heeboo, nous avons pu lui poser quelques questions. Pour le reste, ceux qui l’on vu jouer savent, les autres ratent.

Ça fait un moment que tu sors des prod, que ce soit sur feu Institubes, Mixpak etc, mais toujours très épisodiquement. Est-ce qu’il y a une raison derrière ça, une volonté de rester discret ou de produire peu mais bien ?

Ça fait une dizaine d’années oui. J’en n’ai jamais sorti sur Institubes mais c’était sur Arcade Mode, un genre de sous-label d’Institubes, géré par Emile Shahidi, qui faisait que des splits en 45t bleus en séries ultra limitées.
En fait, je produis beaucoup de démos mais je mets vachement de temps à livrer des morceaux finis aux labels, ça doit être mon côté perfectionniste, un peu pesant parfois. Mais avec l’expérience et l’habitude de produire je vais plus vite maintenant, je me prends moins la tête.

Beaucoup de Parisiens t’ont découvert avec ta Boiler Room au Badaboum. C’était comment ?

C’était énorme ! J’avais déjà fait une Boiler Room avec Jean Nipon en b2b il y a 3 ans mais là j’étais tout seul, 100% vinyles, avec le Badaboum blindé. Teki m’a fait jouer dans cette première édition techno du coup j’ai ressorti tous mes vieux disques achetés dans les 90’s et que j’avais pas joués depuis 15 ans. Le public a été super réactif, j’ai pris un plaisir fou.

On sent un amour de la house un peu lo-fi, limite DIY, ça te vient d’où ? Tu as pas mal traîné avec des crews plutôt branchés hip-hop, comme Disque Primeur, est-ce que c’est aussi une influence pour toi ? Peut-être une manière de conjuguer les deux ?

Ça vient de mon amour pour les musiques ghetto de Detroit, Chicago et Miami. Je ne sais pas si les gens s’en rappellent mais avec mes différents crews et surtout mon comparse Goon et nos soirées Diamond Grills au début/milieu des années 2000, on a vachement œuvré à faire connaître le genre booty / ghettotech en France. Je suis allé plusieurs fois à Detroit et Chicago, j’ai traîné longtemps dans cette culture musicale. Et il faut savoir que la booty est une musique hyper brute, spontanée, souvent produite avec un matos minimum. J’ai toujours aimé ce coté “rough” dans la musique, quand j’écoute de la soul, du rap avec Three Six Mafia par exemple ou du rock avec le Velvet Underground ou les Pixies.

Une tendance musicale qui émerge et que tu trouves particulièrement excitante ?

Tout ce qui vient d’Angleterre et qui rentre dans ce qu’on appelle le “hardcore continuum” m’excite. Grime, dubstep (UK pas EDM), UK Funky, bassline, etc. Je sais pas trop où on en est maintenant mais j’ai l’impression que les jeunes producteurs anglais mélangent un peu tout ça et c’est super grisant. Après, j’attends surtout le nouveau genre tout droit sorti des ghettos américains et là ça sera sûrement une grosse claque comme j’ai pu avoir avec la ghettotech, la Baltimore club ou la Miami Bass.

De nouvelles actus à venir ?

Un album à venir sur Sound Pellegrino, retardé par l’arrivée ces dernières années de mes deux filles 🙂
Et le (re)lancement de mon label Supergenius, 100% vinyles, avec des sorties de Too Smooth Christ et moi-même. Une première sortie de TSC arrive avant la fin de l’année !