Pas facile de faire de la cold en 2018. Parce que c’est une musique d’hier, et que les modes sont parfois destructrices quand elles reviennent en force. Certains artistes, à l’image de Boy Harsher ou encore Blind Delon, réussissent à tirer leur épingle du jeu avec classe. Noire, sensuelle et perfectionnée, dans l’urgence aussi, c’est ce qui pourrait qualifier la musique de Blind Delon. D’abord Mathis Kolkoz en solo. Vite rejoint par Théo Fantuz et Coco Thiburs, Blind Delon, c’est une porte ouverte à tous les vices, dans l’ombre d’une fumée de cigarette quasiment terminée.

Un esprit post-punk, des ritournelles synth wave, un minimaliste bienfaisant, un romantisme à s’en taper le coeur à terre. Blind Delon, c’est une fascination tranquille de l’apocalypse, une façon de dire “je suis mort” de la plus légère des manières. Ils seront en dj-set samedi 23 juin, au côté de I Hate Models ou encore Inhalt Der Nacht, pour une grande nuit, celle de RAW agency. L’occasion pour nous de poser quelques questions à Mathis Kolkoz, en attendant la fameuse nuit Raw. Raw, comme une envie minée, un peu subite et crue de danser toute la nuit, dans l’ombre d’une fumée de cigarette quasiment terminée.
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C’est quoi la première chose que tu balances pour te présente en pleine nuit ?

Blind Delon : Alain, enchanté

Le track qui allait avec ?

Scratch Massive feat. Chloé – Closer

Pourquoi BLIND DELON ? Comment on choisit un nom de scène ?

Aucune idée, mais un nom de scène on le choisit tard dans la nuit, transpirant de gin

Tu viens d’où ? Comment on fait la fête par chez toi ?

Je viens de Toulouse, ici on fait surtout la fête dans les bars (par manque d’endroits sympa), du coup je manque d’expérience en club, ma jeunesse ne raconte pas grand chose de ce côté là !

C’était quoi le truc à l’époque, qui rendait ces fêtes inoubliables ?

Le gin.

Tes premiers amours musicaux ?

Il devait y avoir beaucoup de rock 70s (essentiellement kraut et prog), du Nick Cave, quelques classiques de downtempo et pas mal de black metal ou de grind. C’est toujours ce que j’écoute d’ailleurs !

Ta dernière GROSSE GROSSE découverte en matière de musique ?

C’est pas une découverte récente mais tout le monde sur terre devrait avoir Original Man (1974) de Riff Raff sur sa platine. Et quelques Kyuss sur son itunes

Tu as changé ta manière d’écouter de la musique aujourd’hui que tu la joues ?

Mon boulot principal c’est le mastering, et je bosse pas mal pour la scène techno européenne, du coup…

Ton premier dj-set, tu t’en souviens ? 

Je ne m’en souviens pas mais ça devait être dans un bar, à mixer Patrizia Pellegrino et The Hacker…

Tu te qualifierais de gros fêtard ?

Pas du tout ! J’ai un capital sommeil dégueulasse ces temps-ci, du coup quand je peux rentrer je le fais. Après sur la 8.6 et le gin je me démerde pas trop mal, mais j’aime bien quand ça commence à 17 h !

Tu penses qu’on peut faire de la politique avec son son ?

C’est une histoire d’intention, moi j’ai jamais eu envie de ça du coup j’ai pas l’impression que ma musique soit politique

Rien de  militant dans ta musique donc ?

Dans ma musique non, par contre dans mes activités culturelles oui : j’ai créé plusieurs maisons de disques digitales (Kolkoz Records notamment) qui prônent la quasi-gratuité et le côté anti-business de la musique électronique, et ce depuis 2015 à l’époque où le free download n’était clairement pas une institution. Mais pour compléter la question précédente, je ne vois pas ça comme un message politique ou un combat, ça me semblait juste normal et intéressant à proposer !

C’est quoi le truc super important qui a changé entre toi à tes débuts, et toi aujourd’hui ?

Pas grand chose tout compte fait, à part quelques kilos à perdre et des cartons de vinyles que je ne sais plus où ranger, je fais toujours du son comme ça me plaît de le faire et je suis tous les jours plus ravi de voir que ma musique plait à certaines personnes !

PROMO BD

Tu les vois sortir comment les jeunes dans 20 ans ? Tu leur souhaites quoi d’ailleurs ?

Dans 20 ans tout le monde se saoulera au gin et ira voir des concerts de grind le mercredi soir, ça fait peut être vieux con mais si je dois leur conseiller quelque chose c’est de rester curieux, d’écouter de tout. Restez curieux : un concert de free jazz le mercredi soir sans se mettre la tronche de l’année c’est cool aussi de temps en temps !

On te verra toujours sur scène d’après toi ou t’auras raccroché d’ici là ?

Je suis pas l’animal de nuit par excellence, je passe le plus clair de mon temps au studio, alors si je ne devais plus jouer sur scène mais que mes disques soient toujours écoutés dans 20 ans je serai plutôt content !

Un message à faire passer à la “nuit” ?

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